Alzheimer et aide médicale à mourir

J’aimerais réagir à la chronique Les yeux grands ouverts de Francine Pelletier. Elle applaudissait aux recommandations sur l’aide médicale à mourir élargie.

Ma mère est atteinte d’alzheimer et je trouve difficile de lire les mots « supplices », « humiliations » et « enfer ». Comme si les proches aidants nuisaient et que les préposés aux bénéficiaires faisaient mal leur travail.

L’alzheimer n’est pas une mort, mais une maladie et d’un malade, on devrait prendre soin. Je l’accompagne depuis 20 ans et elle a encore ses cinq sens et ses émotions. C’est encore ma mère.

Je ne voudrais pas être le tiers chargé de lancer en son nom l’aide médicale à mourir. Regretter cette responsabilité, douter du moment opportun, se sentir coupable après la mort provoquée.Je préfère les pouvoirs que son mandat d’inaptitude m’accorde et qui se résument à assurer sa protection.

Enfin, je souhaite que le gouvernement soutienne les proches aidants et valorise les préposés aux bénéficiaires.

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1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 17 juin 2019 09 h 41

    L'aidé, le 1e aidant

    J'ai lu les 16 commentaires à la lettre de madame Pelletier, et le vôtre, Patrick. Merci pour ce texte; nous sommes dans l'univers du complexe. Plus simple notre accompagnement si nous avons donné nos directives; ne pas le faire est une violence aux aidants, affirment certains chercheurs.

    Après 50 ans, et surtout dans les début d'une maladie du cerveau, nous devrions remplir, signer et faire placer nos Directives médicales anticipées (DMA) dans le Registre officiel du Québec. Les organismes concernés devraient en faire la promotion.

    Je suis d'avis que l'on devrait permettre de placer dans les DMA sa demande d'AMM. Notre sécurité et notre accompagnement approprié viendront du travail interdisciplinaire. Plus c'est complexe, plus le travail interdisciplinaire est exigé.

    «Enfin, je souhaite que le gouvernement soutienne les proches aidants et valorise les préposés aux bénéficiaires.» À raison. Sans oublier que le 1e aidant est l'aidé encore apte. Sans oublier la primauté du seul intérêt de la personne en fin de vie.

    Votre maman est chanceuse de vous avoir près d'elle. Merci.