Lockout à l’Aluminerie de Bécancour

Le lockout qui persiste depuis presque 18 mois à l’Aluminerie de Bécancour entre Alcoa et le syndicat des Métallos vient de franchir une nouvelle étape, à savoir que le syndicat a déposé une plainte à l’Organisation internationale du travail contre le gouvernement, alléguant que certaines déclarations du premier ministre François Legault vont à l’encontre de la convention de l’organisation.

Aux dires du président du syndicat, les interventions du premier ministre ont privilégié la partie patronale au détriment des syndiqués, une position qui va à l’encontre du rôle d’un chef d’État, qui doit plutôt mettre l’accent sur la bonne marche des négociations entre les parties. À cet effet, le président retient cette déclaration : « Honnêtement, je le dis, je crois que le syndicat des Métallos exagère dans ses négociations. Il devrait faire plus de compromis. »

À mes yeux, en s’exprimant en ces termes, François Legault s’ingère indûment dans le conflit. Au fur et à mesure que le temps passe eu égard à son rôle de médiateur, le pragmatisme de l’homme d’affaires de carrière refait surface au grand dam du rassembleur que se doit d’incarner un véritable chef d’État… Une attitude gênante, voire inopportune, dont devra se débarrasser le premier ministre !

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3 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 12 juin 2019 03 h 35

    Et alors, Messieurs du syndicat.

    Voyons, un peu de lucidité messieurs membres du syndicat. La seule chose qui vous "sauve" est la clause du Code du travail du Québec (CTQ) qui interdit l'utilisation de briseurs de grève lors d'un débraillage légal (grève ou lock-out) de l'un des partis lors de négociation collective. Cette clause du CTQ fut adoptée pour empêcher ce qui s'était produit lors de la grève de la United Aircraft (qui est maintenant connue sous le nom de Pratt & Whitney Canada).

    Quand aux "prestations de grèvistes" qui vos sont versées, un jour ou l'autre elles vous seront diminuées, et possiblement supprimées comme cela s'est produit à la la United Aircraft... Actuellement, vous êtes en "cadillac" avec des prestaions de plus de 650$ nets et non imposables par semaine et les "suppléments" monétaires qui vous parviennent des unités syndicales non participantes au conflit...

    Messieurs membres de ce syndicat interrogez-vous fortement si la nouvelle manie de vos dirigeants locaux d'aller de par le vaste monde, à vos frais bien entenu, pour répandre la "mauvaise nouvelle" que la Rio Tinto "y'é pas fine avec nous autres"... Ouais, comme si les autres travailleurs d'ailleurs ne le savaient pas pantoute pantoute comment cette entreprise était.

    Messieurs membres de ce syndicat interrogez-vous fortement sur les capacités excédentaires des alumineries de par le monde, et des "stocks" en réserves... Les yeux vont vous "rondir". Interrogez fortement votre exécutif local sur le nombre de "grosses alumineries" qui sont encore en opération aux USA (il en reste environ deux ou trois)... Les autres TOUTES FERMÉES... Dehors tout le monde - y compris les patroneux de tous échelons...

    Messieurs menbres de ce syndicat interrogez votre exécutif ce qu'est une négociation "d'entente cadre" au sein d'un consortium d'entreprise multinationale (la Rio) et transnationale (la Reynolds Aluminium)... Quelques fois cela va très bien - lorsque le marché est en croissance - quelques fois cela va "mal en titi"

  • Michel Lebel - Abonné 12 juin 2019 06 h 22

    Duplessis bis

    François Legault se mêle de tout, comme jadis Duplessis. Mais qui se souvient de nos jours de Duplessis, un tribun populaire originaire de Trois-Rivières. Bref, l'histoire évolue lentement et souvent se répète.

    M.L.

  • François Boulay - Abonné 12 juin 2019 09 h 32

    J'ai peur pour vous

    Se lancer dans une guerre à finir contre une multinationale qui a des usines partout dans le monde et qui peut facilement transférer sa production ailleurs, quand on bénéficie d'excellents salaires, d'avantages sociaux et d'un régime de retraite n'est pas une très bonne idée. Avec le dumping de produits chinois, ce n'est pas facile pour les producteurs d'aluminium. Ils vont finir par se tanner et lancer la serviette. Le syndicat cessera de vous verser des prestations et vous vous retouverez sans emploi ni revenus. Il est temps de vous réveiller avant que le ciel ne vous tombe sur la tête. TRISTE