Jouer à la victime avant de devoir partir

Avec des titres de journaux comme « Trump admet, brièvement, que Moscou l’a aidé à être élu », on est en droit de se demander à quel moment le « déni originel » du président ne pourra plus l’aider à se protéger et à se défendre contre quiconque. Est-ce qu’on peut imaginer Donald Trump en début de stratégie de victimisation, afin de planifier sa sortie (voire sa démission) de la politique d’une manière la moins honteuse possible ?

À un moment ou à un autre, il ne pourra strictement plus faire avancer ses projets (idiots et inconcevables pour la plupart, et malheureusement démagogiques, dommageables et revanchards). D’une part, les républicains sont de plus en plus nombreux et inquiets de ses comportements maladroits et de ses politiques malfaisantes ; d’autre part, la Chambre des représentants est formée d’une majorité d’élus démocrates. Et puis, il y a « l’affaire russe » qui continue d’en faire jaser certains et d’en faire japper d’autres. Bref, l’obstruction de Trump — dans l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle — n’est pas encore officiellement tranchée dans l’opinion publique, mais elle demeure « officieuse » pour la classe des juristes américains (et d’ailleurs).

Comme la faute (voire le crime) de Trump est de nature criminelle, celui-ci n’aura pas le choix de quitter la présidence (voire de démissionner). Entre-temps, n’oublions pas une dizaine d’enquêtes sérieuses qui se poursuivent — à différents paliers de la justice américaine — et qui le concernent directement ou indirectement. Les conclusions de cesdites poursuites devraient être dévoilées au cours des semaines à venir ; certaines pourraient être bien diffusées aux Américains et aux Américaines.

Alors, Trump sera-t-il tenté — dans ces circonstances troublantes — de se poser en victime de la mauvaise foi des politiciens, qu’ils soient républicains, démocrates ou même de l’extérieur du pays ? Le président déploiera-t-il à court terme — avec acharnement et colère — la stratégie dite de victimisation ? L’arme de guerre préférée des rois de la manipulation — et qu’on résumera ici par l’argument « C’est pas moi, c’est eux. »

À cela, les Américains pourraient bien riposter par : « Bye Bye, Bad Boy. Vous avez zéro crédibilité et nous avons zéro confiance. » N’en déplaise à ses partisans (et dire qu’il y en aurait un bon nombre au Québec !), Donald Trump ne saurait continuer encore bien longtemps à louvoyer et à mentir « à la face du monde » !

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1 commentaire
  • Gilles Bonin - Abonné 11 juin 2019 05 h 23

    Mais

    Trump ne veut plus maintenant qu'éviter la prison - ce qui risque de lui arriver s'il n'est pas ré-élu. Donc il fera tout pour tenter sa ré-élection et si les démocrates continuent trop longtemps à aller au combat en ordre dispersé, il risque, oh! malheur, d'être ré-élu.