Le poids des mots

Il y a des mots qu’on ne peut utiliser que très prudemment tant leur sens et leur charge émotive sont importants. Le mot génocide est un de ces mots puisqu’il désigne l’extermination planifiée, systématique de tout un peuple. Accuser le gouvernement canadien d’un tel crime est carrément exagéré et détourne le débat des vrais enjeux, comme on peut le voir dans les réactions suscitées par l’usage de ce mot. Une accumulation de négligence, d’erreurs tragiques, de tentatives d’assimilation et même de crimes honteux ne constitue pas pour autant un génocide au sens littéral et historique du terme. Il faut donc recentrer le débat sur les vrais problèmes recensés dans ce rapport (et les précédents) et sur les solutions concrètes à y apporter.

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16 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2019 07 h 55

    Ka kwâtakihtâwin ᑲ ᑳᐧᑕᑭᐦᑖᐃᐧᐣ

    Nous accuser de génocide en 2019 est non seulement exagéré comme le dit M. Calvé, mais détourne le débat des vrais enjeux. Ils devaient enquêter sur les femmes disparues et assassinées et on fait le procès du colonialisme de l’Empire britannique. Tout le monde connaissait la chanson. Au lieu de prendre leurs responsabilités comme commissaires, ils ont voulu détourner l’attention pour ne pas procéder à une auto-incrimination. En fait, ils ont invoqué le 5e amendement américain sans le savoir.

    Ce sont toujours les non-dits qui sont tonitruants dans cette affaire. La plupart des femmes disparues et assassinées l’ont été par des hommes autochtones connus de leur victime. Or, difficile de crier au génocide lorsqu’il s’agit plutôt de suicide collectif d’une population. Encore difficile de crier au génocide lorsque les vrais raisons de leur misère sont les prisons à ciel ouvert (réserves) que les chefs autochtones veulent garder mordicus et la Loi sur les Indiens à laquelle le gouvernement fédéral tient beaucoup.

    Mais où sont passés les 92 millions $ ? On ne peut pas comprendre que pour entendre quelques témoins même des milliers, que cette aventure basée sur rien ait coûté aussi cher. Est-ce qu’on pourrait avoir une vérification des coûts pour savoir où tout cet argent a été dépensé? Là, on peut parler de génocide monétaire parce que l’argent provenait d’un groupe facilement identifiable. Pourquoi a-t-on l’impression que plusieurs se sont comportées comme des « princesses » au frais des contribuables.

    En passant, les Béothuks de Terre-Neuve ont tous été exterminés par les colons anglais de cette île. La dernière, en 1828.

    Misère.

    • François Beaulne - Abonné 10 juin 2019 09 h 20

      Effectivement, un audit s'impose sur les coûts exhorbitants de cette commission bidon qui n'a révélé rien de nouveau qui puisse contribuer à faire la lumière sur les abus commis à l'endroit des femmes et des enfants autochtones et qui, de sucroit, a enclenché une polémique de diversion sur l'utilisation du mot <génocide> et singularisé le Québec dans son rapport final.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 juin 2019 08 h 42

    Et pourtant, l'histoire parle

    Le mot génocide s'applique parfaitement à ce qui s'est passé lors de l'invasion, la conquête et l'occupation des Amériques par les Européens. On considérait les habitants d'alors comme des sauvages «sans âme», pas tout à fait des êtres humains.

    Oui, le mot génocide ne doit pas s'appliquer à la légère.

    Oui, le mot génocide s'applique à ce qu'on a appelé la découverte de l'Amérique déjà habitée depuis des milliers d'années

    • Cyril Dionne - Abonné 10 juin 2019 13 h 07

      M. Marcoux,

      Qu’est-ce que tout cela a à voir cette enquête bidon? C'était une enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées depuis quelques années et non pas sur le colonialisme de deux ou trois siècles passés. On connaît tous l’histoire. On déboulonne les statues aujourd’hui. Mais est-ce que tout cela va aider les femmes et enfants autochtones sur les réserves qui continent à disparaître et être assassinés encore aujourd’hui?

      Ceci dit, est-ce que vous vous sentez coupable pour les crimes des autres? Les Français d’Amérique n’ont rien à faire ou à voir avec tout cela. Votre notion d’Européen en ratisse très large. Personnellement, j’ai beaucoup d’ancêtres autochtones.

      Finalement, est-ce que les Anglo-Saxons d’aujourd’hui sont responsables du colonialisme de leurs arrière-arrière-arrière-arrière grands-parents? Si oui, les Allemands qui naissent aujourd’hui sont responsables du nazisme et de l’Holocauste.

      Ka kwâtakihtâwin.

    • Jacques-André Lambert - Abonné 10 juin 2019 14 h 06

      Des sauvages sans âme...
      Pourquoi tant de missionnaires en Neuve-France alors?
      Pourquoi Ville-Marie? Pourquoi Ste-Marie-au-pays-des-Hurons et autres "réductions"?
      Et pourquoi, aussi tôt que 1550, les "Trentes propositions juridiques" de Bartolomé de las Casas?

      "Le Rêve de Champlain" de David Hackett Fischer n'est certes pas une bible,
      Mais il ne faut tout confondre et assimiler Champlain aux Pizarro et Amherst de ce monde comme vous le faites..

    • Pierre Robineault - Abonné 10 juin 2019 15 h 39

      À quand un commentaire des descendants des hommes de Cromagnon, monsieur Marcoux?

    • Serge Pelletier - Abonné 10 juin 2019 21 h 18

      Un autre qui démontre hors de tout doute que la médiocrité de l'éducation et de son système a fait des pas de géant depuis l'abolition du système dit "classique" et des "humanités".

      Il est risible d'écrire: "Oui, le mot génocide s'applique à ce qu'on a appelé la découverte de l'Amérique déjà habitée depuis des milliers d'années"... Et, M. Marcoux, les trois vagues d'immigrations des chasseurs dites "des steppes" qui chassaient, l'une après l'autre, celles qui les avaient précédé... Les exterminants, si possible, pour prendre posssession de leurs territoires... Ça ce n'était pas des européens, mais les ancêtres des "indiens", toutes tribus confondues.

      Monsieur Robineault a bien raison en vous suggérant d'écrire sur les atrociés faites par les Sapiens Sapiens vis à vis les Cro-magnon... Cela serait très divertissant de vous lire.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 10 juin 2019 23 h 28

      @ C. Dionne

      Les Français avaient des esclaves à Saint-Domingue, Guadeloupe, Martinique, Guyane française. Maintenant, il ne reste pas un seul Taïno (peuple de l'Amérique centrale et des Antilles avant Christophe Colomb) en ces lieux. Si c'est pas du génocide, c'est quoi ?

    • Cyril Dionne - Abonné 11 juin 2019 06 h 40

      @Jean-Henry Noël

      Je pense que vous n'avez pas compris ou vous êtes encore mêlé. Je suis de la 12e génération de Français d'Amérique et mes ancêtres ont fui la tyrannie des rois et des religions et se sont assimilés avec les Autochtones. Un de la lignée de mes ancêtres est Louis Riel. Nous n'avons rien à cirer avec les Français de France ou d'ailleurs puisque qu’ils ont abandonné la Nouvelle-France pour des îles de sucre comme Haïti.

      Les Taïnos sont un peuple de la République dominicaine qui a été exterminé par les Espagnols il y a plus de quatre siècles. Le Québec français n’a rien à voir avec tout cela. C’est nous qui étaient les nègres blancs d’Amérique lors de l’occupation anglaise. Nous ne sommes pas responsables des crimes des autres.

      Fè.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 11 juin 2019 17 h 12

      @ C. Dionne

      Qui vous accuse du génocide des Tainos ? C'est l'oeuvre des Espagnols. J'ai voulu illustrer un génocide non reconnu en Amérique. Il vous faudra admettre que l'arrivée des Européens, Français et Anglais, dans cette partie du monde maintenant désignée par Canada, a créé chez ses habitants un sacré tumulte dont les soubresauts perdurent. Pour moi c'est un long génocide. Si génocide embête, remplacez-le par ... Par quoi ? Si les Canadiens-Français ont réussi à se libérer du joug des Canadiens anglais ( L'ont-ils ? ), ce n'est pas le cas pour les premiers occupants de ce te territoire. Et je me souviens des termes méprisants que vous avez utilisés à leur égard.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 11 juin 2019 19 h 24

      Si vous êtes capables de compartimenter le passé lointain du passé proche, du présent, moi pas.

      Ce qui passe maintenant chez les amérindiens est une conséquence directe du génocide des colons européens.

      Comme les deux référendums où les québécois se sont dits non, sont une conséquence de notre peur de vaincu conquis.

  • Michel Lebel - Abonné 10 juin 2019 09 h 54

    Troublant!


    Avec la ''pensée'' de Trump et cie, les mots perdent leur poids et leur sens. Ainsi vont nos démocraties en 2019. Fort troublant.

    M.L.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 juin 2019 12 h 53

    « l'Amérique déjà habitée depuis des milliers d'années» (Jean-Pierre Marcoux)



    Oui, habitée par des immigrants asiatiques…

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 10 juin 2019 23 h 01

    «À quand un commentaire sur les hommes de Cromagnon?» (Pierre Robineault)



    Ah ! Parlons-en de ces Hommes et de ces Dames de Cro-Magnon ! qui ont salopé les parois de la grotte de Lascaux; une belle engeance de malpropres, qui ont cochonné la préhistoire en la tapissant de dessins insignifiants et en la parsemant de tas de pierres.