Il fallait inviter Poutine

Pour le 75e anniversaire du débarquement de Normandie, en invitant les chefs d’État, on invite d’abord et avant tout, les représentants officiels de peuples ayant participé à la guerre contre le nazisme. Paul Valéry écrivait : « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » Le minimum est de rendre hommage à ceux et celles qui ont combattu et se sont fait tuer. Il y a eu 60 millions de morts du côté soviétique. Inviter Poutine, c’était leur rendre hommage. Pas de cours d’histoire pour rappeler les nombreuses et souvent tragiques erreurs politiques commises à cette époque, compréhensibles avec les valeurs de l’époque. 1938, Munich ; 1939, refus par Chamberlain de possibles accords avec Staline contre Hitler et sa conséquence, le Pacte germano-soviétique d’août 1939 et l’invasion de la Pologne par les troupes d’Hitler et de Staline. Invasion qui provoque le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale. En juin 1941, l’invasion de la Russie par Hitler est le fait qui finalement permettra au débarquement de Normandie de réussir. Une grande partie des troupes allemandes étaient engagées contre l’Armée rouge. S’il n’y avait pas eu le front à l’Est, les troupes nazies auraient été déployées à l’Ouest, et on peut imaginer que le débarquement aurait été beaucoup plus meurtrier, et même qu’il n’aurait pas réussi. Il n’y a rien de certain, mais des historiens ont travaillé sur le concept et c’est plausible. Donc, les Soviétiques, en retenant une partie de l’armée allemande, ont soulagé les troupes occidentales lors du débarquement. Il n’était donc pas exagéré d’inviter les Russes au 75e anniversaire du débarquement. Quoi que l’on pense de lui, il est tout à fait normal que Trump ait été invité. Quoi que l’on pense de lui, Poutine aurait dû être invité. Ils représentent tous les deux des soldats qui ont combattu et dont un grand nombre sont morts pour libérer l’Europe de la domination nazie.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 8 juin 2019 05 h 32

    Le présent fait partie de l'Histoire.

    Le présent fait partie de l'Histoire, et Poutine a violé avec l'Ukraine, une règle de base du droit international, soit le respect de la souveraineté de l'État, et en particulier de son intégrité territoriale. Il doit en payer le prix.

    M.L.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 juin 2019 08 h 19

    Voici ce que j'ai lu dans «Le Parisien» :

    " Vladimir Poutine a assuré que ce n'était « absolument pas un problème » de ne pas y avoir été invité. Il a par ailleurs assuré que la Russie n'invitait « pas tout le monde non plus » à ses cérémonies. « Pourquoi devraient-ils toujours m'inviter partout ? Je suis quoi, un général d'opérette ? J'ai assez de choses à faire ici, ce n'est absolument pas un problème », a encore déclaré Poutine devant des responsables d'agences de presse en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg (nord-ouest). "

    Et 60 millions pour le nombre de morts du côté soviétique, je n'ai jamais vu ce chiffre nulle part. Le consensus, c'est la vingtaine de millions (ce qui est déjà énorme).

    Pour finir, les Soviétiques ont reçu l'aide des Alliés dans leur lutte contre les nazis. Des bateaux alliés contenant du matériel militaire accostaient sans arrêt dans les ports russes.

  • Sylvain Auclair - Abonné 9 juin 2019 11 h 25

    Poutine ne serait pas venu

    Pourquoi? Parce que mettre l'accent sur le Débarquement laisse entendre que cet évènement a été le tournant de la guerre. Mme May, MM. Trump et Macro sont-ils allés célébrer la fin de la bataille de Stalingrad?