Reconfessionnalisation?

Reconfessionnalisation tranquille des écoles québécoises. L’expression est percutante et elle a le mérite de mettre des mots sur la crainte de plusieurs. Mais est-elle pertinente ? Est-ce que le port de signes religieux par un nombre minoritaire d’enseignants peut se comparer au pouvoir démesuré qu’avait encore l’Église catholique sur la société québécoise au début des années 1960 ? Vraiment, y a-t-il au Québec un risque de dériver vers un nouveau pouvoir religieux ? Pour ne pas focaliser sur l’islam, Guy Rocher évoque la possibilité, dans un éventuel avenir, de la venue d’enseignants témoins de Jéhovah ou évangélistes dans nos écoles publiques. Pourtant, si tel était le risque, le projet de loi 21 n’y changerait pas grand-chose puisque ces adeptes ne portent pas de signes religieux visibles. Alors, quel péril le principe de précaution qu’évoque M. Rocher veut-il donc circonscrire ? Le prosélytisme passif de vêtements religieux, qu’il juge par nature « ostentatoire » ? Et si l’intention de plusieurs des personnes qui portent de tels signes n’était pas d’afficher leur religion de manière péremptoire, mais de la vivre modestement selon leurs convictions ?

Il y a un monde entre la situation d’une religieuse qui enseignait au Québec le catéchisme et l’histoire des saints martyrs canadiens, qui préparait ses élèves à la communion puis à la confession, qui amenait sa classe à la messe les vendredis du carême, comme je l’ai vécu dans mes années du primaire au cours des années 1960, et celle d’une enseignante de confession musulmane qui enseigne aujourd’hui le français, les maths, l’histoire ou encore les sciences, dans le cadre du programme du ministère [laïque] de l’Éducation. La signification de la cornette de la première n’a pas de correspondance avec le voile de la seconde. Ce serait différent si nous étions en Iran, en Arabie saoudite ou même en Algérie. Mais nous n’y sommes justement pas. Et je pense qu’il y a bien d’autres périls à affronter au Québec, dont celui des changements climatiques. Mais cela, notre gouvernement ne semble pas l’entendre. Et tant pis pour celles qui ont choisi, de bonne foi et avec compétence, d’oeuvrer à l’éducation des enfants, comme j’en ai rencontré au cours des années d’école de mon fils.

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91 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 24 mai 2019 05 h 41

    Une minorité pour le moment.

    Le port de signes religieux est un indice que les religions veulent s'afficher. Minoritaire aujourd'hui, majoritaire demain. Vous avez intérêt à suivre l'actualité internationnal. Des religions prennent place outrageusement dans des cartiers complets. Une fois qu'une religion s'impose dans un cartier ou un système, sa morale religieuse archaïque s'impose aussi. Et on ne parle pas ici de l'arabie Saoudite ni de l'Iran.

    Il y a Le Devoir mais il y a aussi Le Point - Marianne - Le Figaro etc.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 mai 2019 09 h 49

      Attention M. Boivin. Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies viendra vous faire la morale avec des propos comme ceux-là, vous savez, les grandes démocraties comme la Chine avec son président qui s’est autoproclamé dictateur à vie, l’Arabie saoudite, le paradis des misogynes et des homophobes, le Venezuela, notre dictature de gauche bien-aimée, le Pakistan, pays des femmes habillées en habits d’apiculteur de façon permanente, l’Afghanistan où on retrouve nos terroristes et nos djihadistes adorés, l’Égypte, son dictateur et les Frères musulmans et les Émirats Arabes Unis avec ses démocrates qui sont tous et seulement des hommes et musulmans. Toutes ces dictatures et théocraties siègent sur le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Et on ne retrouve pas la France, le Canada ou les USA sur ce comité. Vous ne pouvez pas critiquer les dogmes et doctrines des idéologies politico-religieuses créationnistes qui carburent aux amis imaginaires et extraterrestres, sinon Sol Zanetti, la girouette de QS, viendra vous faire la morale multiculturaliste.

      En fait, le projet de loi 21 sur la laïcité ne va pas assez loin.

      Misère.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 14 h 37

      Cyril Dionne empoisonne le puits.
      Faute de mieux

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 16 h 52

      Ces gens-là ont été nommés par le Conseil des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies. Un organisme reconnu mondialement pour assurer le respect des articles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont le Canada est signataire. 

      Ils ne viennent pas «se mêler de nos affaires», comme certains voudraient bien le faire croire.

      Quand c’en est rendu que la droite nationaliste s'insurge contre la défense de droits humains internationalement reconnus. On se demande à quel genre de Québec indépendant ces gens-là nous convient?



    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 24 mai 2019 18 h 43

      Mme Micheline Marier vit dans un autre monde ... qui ne reviendra pas, du moins pas au Québec.

      Les quelques 40 000 religions qui sévissent dans le monde avec leurs interdits et leurs obligations farfelus, malgré les milliards de croyants qui y sont accrochés par lavage de cerveau surtout dès leur enfance, ou par l’embrigadement par des fondamentalistes de toute espèce, seront bientôt, je l’espère, remises dans la voie de la rationalité, qui est le propre de l’Homme.

      Je salue le retour de M Montmarquet. Bonne compagnie! Continuez, M Montmarquet. Plus vous écrivez, plus vous faites la promotion indirecte de la laïcité. Et je suis sérieux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 22 h 04

      
"Plus vous écrivez, plus vous faites la promotion indirecte de la laïcité. Et je suis sérieux." - Raymond Saint-Arnaud

      Si vous étiez sérieux, vous nous serviriez autre chose que votre petite opinion personnelle pour appuyer vos affirmations gratuites.

  • Gilles Bonin - Inscrit 24 mai 2019 06 h 53

    Sainte Bénite

    Venez à notre secours...!!!

    • Cyril Dionne - Abonné 24 mai 2019 12 h 38

      Oui M. Bonin, il faut avoir peur de la terreur des religions monothéistes. Sinon, on va tous brûler en enfer. Amis imaginaires, priez pour nous.

      Mais, si on veut vraiment leur faire peur à notre tour, on devrait parler de taxer les églises, les mosquées et tous les temples de ce monde. Ils deviendraient très gentils rapidement. Et cela n'est pas inscrit dans leurs tablettes d'argile, les chartes, ou bien dans le grand texte sacré de la ô combien sainte constitution « canadian » qu'on ne peut pas exiger des impôts de ceux qui offrent un service, aussi ridicule qu'il soit, et en retour qu’ils exigent une dîme de leurs fidèles.

  • Michel Lebel - Abonné 24 mai 2019 07 h 03

    Exagération!


    Guy Rocher s'est fourvoyé sur cette question de la reconfessionnalisation. Mais évidemment tout est possible sur cette terre! Mais il ne faut pas exagérer! Mme Marier a raison.

    M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 10 h 00

      Votre volonté de minimiser l'étendue du domaine religieux ne vous fait pas honneur, M. Lebel.

      Bien malgré vous, vous servez une volonté réelle de prise de pouvoir en vous restreignant à une vision qui ne porte que sur quelques années. Là encore, vous réduisez volontairement ou pas l'esprit-même des monothéismes.

      Plus de 3500 ans d'histoires, près de 4000 avec l’hindouisme, disent que les monothéismes ont toujours tenté d'augmenter leur pouvoir politique.
      En regard de votre vision, qui porte sur un peu moins d'une seule génération, la démonstration me semble superflue.

      La volonté de prise de pouvoir des religions n'est pas concertée ni complotée : elle fait partie de l'essence des monothéismes.

      Ne m'en contez pas, j'ai lu des dizaines de fois les deux Testaments y compris les épîtres de Paul (en soupirant de malaise), l'épopée de Gilgamesh, des études sur la religion égyptienne et l'Atonisme, sur LaoTseu, Bouddha, et pas mal de Thomas d'Aquin au regard d'Aristote, par souci personnel et donc sans fausse fuite.

      Le but des monothéismes est la sanctification de l'individu dans son entièreté, du temporel à l'âme et jusqu'à l'essence divine de celle-ci.
      C'est pourquoi les monothéismes cherchent à contrôler tout l'environnement de l'individu, d'abord simplement selon l'approche la plus douce : "contrôle" peut vouloir dire "mettre à l'épreuve", "tester", "juger moralement".

      Puis en appuyant de moins en moins doucement sur chaque élément de l'environnement.
      Contrôle moral et physique sur l'horaire, le calendrier, la nourriture, les biens, l'éducation, la procréation, la sexualité, l'inclusion et l'exil, l'emprisonnement, la douleur et la mort. Que reste-t--il ?

      Avec les plus beaux sentiments possibles!
      Pas de complot, un mouvement "gentil" de totalitarisme qui ne connaît de limite que Dieu tout-puissant. Si ÇA, c'est pas politique, rien ne l'est.
      Et je refuse tout signe politique à l'école.

    • Michel Lebel - Abonné 24 mai 2019 14 h 26

      @ M.Trottier,

      Que voulez-vous, je n'ai pas les grandes religions en horreur! Elles ont beaucoup apporté à l'Homme, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont jamais commis d'erreurs, graves et moins graves.

      M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 17 h 35

      Je n'ai pas non plus les religions en horreur. Simplement je tiens à les conserver là où elles vont : dans le cœur.

      Je sais pertinemment que les croyances et même la foi sont inhérentes aux humains. Je n'ai jamais cherché à les combattre mais au contraire à les conscientiser le plus possible pour qu'elles participent plus à la réflexion discursive au lieu du domaine du rêve caché ou évanoui.

      Ce qui me met en colère, c'est la malhonnêteté, pas les croyances. Vos attaques à base de procès d’intention me sont insupportables. Ma question est alors "comment peut-on tomber aussi bas?" et je rugis. Vous pouvez me trouver mal élevé, mais pas certainement pas faux ou emprunté.
      Les pères St-Viateur n'ont pas réussi à m'inculquer la politesse des salons.

      Cessez vos exagérations. Il est tout faux de dire "les uns sont en guerre, les autres veulent la paix".... sauf QS, parti extrémiste qui cherche à déstabiliser. Vous n'êtes pas leur partisan il me semble?

      Sans vouloir leur fin, je je ne reconnais pas grand mérite aux religions.
      Beaucoup trop de torts par rapport aux biens.
      Alors pourquoi accepter des signes religieux là où on a sorti les crucifix ?
      Ayez le courage de retourner les fixer dans les classes si vous croyez vraiment ce que vous dites.

      Au mieux je puis dire que les religions sont, avec leur règles strictes quoique souvent obtuses, le cadre identitaire dont certaines personnes ont besoin, par faiblesse.

      Ce n'est heureusement pas le cas de la plupart des Québécois, contrairement à la chanson stupide qu'on serine à leur sujet depuis au moins 40 ans pour cacher l'immense angoisse identitaire des anglophones du Québec, incapables de s'accepter sans ce rôle mensonger de "civilisateurs".
      Ils devront bien un jour assumer leurs actes barbares. C'est leur problème. Je déteste qu'ils le pellettent chez les autres, et je déteste qu'ils s'en servent pour donner une mauvaise image au Québec partout.

  • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 07 h 44

    Jacques Parizeau serait d'accord avec vous

    « L’ancien premier ministre Jacques Parizeau juge que le projet de charte des valeurs du gouvernement Marois va trop loin en interdisant le port de signes religieux aux employés de l'État. » - Radio-Canada, 3 octobre 2013

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/635071/jacques-parizeau-charte-des-valeurs

    «Un État laïque n'est pas contre les religions, c'est tout simplement un État qui ne prend pas ses décisions en fonction de principes religieux.» — Sol Zanetti


    • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2019 08 h 52

      M. Montmarquette, la citation de M. Zanetti ne concerne par le port de signes religieux. Quant à la position de M. Parizeau, elle concerne la « charte des valeurs », qui n'est pas l'insertion dans la charte québécoise du principe de la laïcité. Il y a une différence majeure et rien ne permet d'avancer qu'il aurait tenu les mêmes propos en relation avec l'inclusion dans la charte québécoise du principe de la laïcité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 09 h 10

      Normal qu'elle ne porte pas sur les signes religieux : on n'affirme pas des principes en énumérant les modalités de leur application.

      Malgré tout, en y repensant, il me semble qu'il aurait dû dire qu'on n'y prend pas de décisions sur la base que tels principes soient religieux... ou pas ! Dans un État laïque, les élus prennent les décisions en fonction des principes qu'ils défendent au nom du peuple, du « lei ». Ces principes sont de tous ordres et il n'y a pas lieu de décider d'avance ceux qui ont droit de cité dans le débat public. Si c'était le sentiment du peuple, sur une question donnée, que tel principe dont se réclame une religion devrait aussi être appliqué pour cette question et même en invoquant le motif religieux, la laïcité de l'État ne serait pas compromise. Elle le serait si et seulement si le fait d'être soutenu par telle religion conférait d'emblée à ce principe un surcroît d'autorité par rapport à celle que détient le peuple, sans discrimination (positive ou négative) fondée sur la croyance.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 10 h 07

      @Montmarquette
      Je vous ai suggéré une piste de réflexion hier, à laquelle vous vous êtes bien gardé de répondre.

      Je vous y ramène, au cas où ce ne serait pas lâcheté de votre part mais oubli.
      Sinon, on saura pour la lâcheté, merci.

      Je vous réfère à ce que je viens d'écrire à M. Lebel ici, un peu plus haut, où je parle de la nature politique de tous les monothéismes.

      Je vous prie de bien vouloir tenter d'en réfuter les arguments, et non ma personne, et dans le cas d'un échec joindre au plus sacrant les tenants de PL21.
      Les références seront malvenues.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 10 h 30

      «La position de M. Parizeau, elle concerne la «charte des valeurs» - Claude Bariteau

      Je crois que vous ne vous aidez-pas en essayant de nier une évidence que je remets ici en exergue :

      « Marois va trop loin en interdisant le port de signes religieux aux employés de l'État. » — Jacques Parizeau

      « La citation de M. Zanetti ne concerne pas le port de signes religieux » - Claude Bariteau

      Pas comme telle, mais n'empêche pas nombre de participants de cette tribune de penser le contraire, quand on les voient frapper à bras raccourcis sur les musulmans pour justifier PL-21. Et c'est à eux que je dédiais cette citation.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 12 h 19

      @ Jean-François Trottier,

      Si vous pensez que vous allez lutter contre les religions avec une interdiction des signes religieux pour une poignée de fonctionnaires, vous vous trompez amèrement. PL-21 sera non seulement une entrave à l'emploi d'enseignants.tes parfaitement compétents.tes en situation de pénurie, mais permettra toujours les cours de religions dans nos écoles publiques (loi 118) et le financement des écoles confessionnelles.

      Autrement dit, la loi 21 passe non seulement à côté d'une véritable laïcisation de l'État, mais se tire dans le pied au point de vue de l'amélioration des services publics d'éducation, puisqu'il y a fort à parier que plusieurs déserteront l'école publique pour aller enseigner au privé.

      Mais rien de surprenant là-dedans, puisque les partis néolibéraux comme le PQ, le PLQ et la CAQ se sont toujours appliqués à soutenir une réduction de l’État par la privatisation des services publics, et ce, autant en santé qu'en éducation.

      
Sachons aussi que contrairement au principe d’intégration défendu par la CAQ, PL-21 risque fort d’avoir l’effet contraire et de favoriser le repli identitaire des communautés culturelles qui s’éloigneront de la majorité québécoises qui les braque d’une loi discriminatoire.


    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 16 h 10

      @Montmarquette

      Vous êtes incapable de dire qu'une religion n'est pas une organisation politique totalitaire. Ce silence dit tout.

      Vous préférez rester dans votre obscurantisme plutôt que de répondre aux arguments.
      Partisanerie pathologique, zéro réflexion, même histoire depuis 5 ans.

      Je n'ai jamais seulement pensé "lutter contre les religions". On voit jusqu'à quel point votre vision de la société est bornée et vindicative. Lutter contre les religions est simplement stupide. Il n'est question que de poser des balises simples dans une complète liberté de choisir et de croire. Il existe des endroits où on n'a pas le droit de s'exprimer sur la politique, et donc sur la religion. L'école est l'un de ces endroits. Je ne veux rien savoir de "aller plus loin" comme le sapin que vous essayez de passer.

      Aucun professeur n'a de raison valable de porter un signe religieux.
      Les signes religieux n'ont pas plus leur place dans un école que les crucifix.

      Aucune religion n'oblige à porter de signe.

      Ceux qui refuseront de les délaisser le feront par intégrisme, celui soit de la personne qui les porte, soit de ceux qui font pression sur cette personne. comme ce n'est pas rare du tout même au Québec.
      Ça, vous devriez le savoir et non fermer vos yeux, votre cœur et votre compréhension.

      Les entraves appartiennent aux petits prétentieux qui osent parler au nom des personnes croyantes.

      QS victimise à outrance pour aviver la paranoïa sur laquelle souffle le PLQ depuis des décennies. La ghettoïsation et la peur font partie de votre arsenal.

      Vous devrez dire que les signes religieux ne signifient rien!
      Parce que sinon, ils représentent une idéologie totalitaire. Vos dénégations sont malhonnêtes, et vos prétextes néomarxistes ne pognent plus.

      En 1979 des milliers d'Iraniennes ont eu le courage de manifester à Téhéran contre le voile sur la tête, au péril de leur vie.
      C'est elles que QS trahit. Tant pis pour QS.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 17 h 16

      @ Jean-François Trottier,

      "Vous êtes incapable de dire qu'une religion n'est pas une organisation politique totalitaire. Ce silence dit tout"-Jean-François Trottier

      Pendant un bref moment j'ai cru que vous étiez capable d'un échange véritable.

      Mais votre manière de poser des questions et d'y répondre vous-mêmes démontrent que vous continuez de tourner en rond dans votre cage à hamster avec des propos totalement hors sujet.

      Je vous laisse donc dialoguer avec vous-même.

      Vous semblez très bien vous entendre tous les deux.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 19 h 04

      @Montmarquette

      Ah! Pardon! C'est vous qui refusez de répondre, pas moi.

      Le bris dans l'échange, c'est vous.

      J'ai pose une question, une fois, deux fois, et vous fuyez.

      Je ne vois pas ce qui est hors sujet dans ceci :

      Il est interdit d'afficher un signe politique en classe, encore moins s'il reflète une idéologie politique totalitaire.
      Je vous demande donc de me dire, ou mieux me démontrer, que les religions ne sont pas des idéologies totalitaires, comme je l'écris dans ces pages depuis des mois.



      À cours de posibilité de fuire comme vous le faites tout le tempos, vous vous lancez dans une attaque pêrsonnelle tout ce qui'il y a de ridicule et de lâche.
      Pas capable de raisonner, c'est tout ce qui en reste.
      Zéro réponse, des attaques débiles. ioupi, Montmarquette a trouvé son domaine de prédilection.

    • Christian Montmarquette - Abonné 24 mai 2019 21 h 41

      "Vous préférez rester dans votre obscurantisme plutôt que de répondre aux arguments." - Jean-François Trottie

      Puisque vous connaissez déjà les réponses et que vous vous répondez vous-même...

      Alors continuez de dialoguer avec votre propre pesonne, elle semble beaucoup vous intéresser.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 mai 2019 10 h 29

      M. Montmarquette, vous revenez avec M. Parizeau en disant qu'il a dit que Mme Marois allait trop loin en 2012 le port de signes religieux aux employés de l'État.

      Vous oubliez que cette introduction dans un système poliiteue monarchiste constitutionnel posait problème à ses yeux de la façon dont le PQ l'a introduite dans une charte des valeurs.

      Ça mêlait tout. J'ai personnement été contre cette charte parce que le principe de la laïcité n'en faisait pas partie, ni celui de l'égalité des hommes et des femmes, ce qui transformait les règles sans un justificatif approprié.

      M. Parizeau n'est plus. Je ne sais pas ce qu'il dirait aujourd'hui du PL21. Je n'ose même pas imaginer qu'il ferait comme en 1992 lorsqu'il a tendu la main au PLQ de Bourassa. Mais je ne pense pas qu'il n'y penserait pas.

  • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2019 07 h 48

    La différence n'est pas dans la comparaison des ports. Elle est dans l'expression de la neutralité de l'État et l'affirmation par le gouvernement du Québec de cette neutralité.

    Pour être clair, elle est dans deux approches politiques différentes, celle du Canada et celle du Québec, chacune étant ancrée historiquement. L’une dans l’affirmation du Canada après 1931 ; l’autre dans celle du Québec avec la révolution tranquille.

    Quand M. Rocher parle de reconfessionnalisation, qui consiste à offrir de nouveau une apparence religieuse, il fait écho à la déconfessionnalisation qui s’est exprimée au Québec par l’absence de ports de signes religieux et d’approches religieuses de la part des enseignant/e/s.

    Après le «Vive le Québec libre » du général de Gaulle, le Canada s’est donné comme ambition d’aplatir tout ce qui s’est construit et se construirait au Québec. 1982, tel un coup de Jarnac, traça la charge de 1995. La suite eut pour cible tout ce qui dérangeait le Canada au Québec avec les commandos Charest et Couillard.

    Ils sont de retour et ont QS comme allié, un parti qui copie le Canada dans ce dossier alors que la CAQ essaie de sauver des meubles les pieds pris dans l’étau canadien.

    Mme, c’est de ça qu’il s’agit. Et ce ça est politique. Or, vos comparaisons négligent cette dimension et fait écho à la bonne fois, à la tolérance et à l'effacement d'un passé récent pour que les Québécois et les Québécoises revivent comme avant-hier, loin du politique. et se bercent dans la bienséance avec abnégation.

    Votre mémoire vous revient ? Non ? C'est dommage parce que celle que vous voulez laisser annonce la mutation du Québec en « petit Canada ». Tout petit petit comme le devint le Bas-Canada après l'éradication des Patriotes aprce qu'il ne marchait pas comme le voulaient les Britanniques et leurs alliés locaux.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 09 h 06

      Ces enjeux ont beau être politiques, ils ne se comprennent pas forcément comme des notes en bas de page du de notre aplatissement collectif par les forces du mal fédéral, que vous reprenez une nouvelle fois.

    • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2019 09 h 36

      M. Maltais-Desjardins, vous voyez en bas de page ce qui est au centre du texte. J'en déduis que c'est votre façon de parler du bien canadien fait aux habitants du Québec.

      Je n'ai pas fait écho au mal fédéral, mais au pouvoir politique du Canada par rapport à celui que les Patriotes et les Péquistes ont voulu valorisé.

      Raisonnez comme vous voulez en bien et mal. C'est votre affaire comme ce fut celle du clergé avec le ciel bleu contre l'enfer rouge, non pas en bas de page mais du haut de la chaire.

      Moi, ça me fait rire parce que le pouvoir n'est pas une affaire de confessionnel ni de préceptes divins, encore moins d'ancrages religieux transcendants, mais affaire des hommes et des femmes qui décident, lorsqu'ils peuvent le faire librement, ce qui leur convient tout en sachant que leur décision peut un jour être modifiée parce que le contexte a changé et qu'ils sont toujours libres de le modifier.

      Dit autrement, de la chaire où vous vous placez, vous ne pouvez pas dicter à des citoyens et des citoyennes qui exercent leur liberté de citoyens et de citoyennes en élisant des parlementaires ce qu'ils peuvent faire ou ne pas faire.

      Or c'est ce que vous faites.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 09 h 48

      Comme vous, je me fais ma propre idée de la manière dont je souhaiterais que les citoyens et citoyennes se prévalent de leurs droits démocratiques. Je leur reconnais tout autant que vous le droit de faire prévaloir l'autorité du législateur sur celle des chartes (vous n'aimez pas devoir reconnaître que ce droit est inscrit au principe même de la charte canadienne et non comme une simple concession, mais cela ne change rien à l'usage que QC peut en faire). Mais prétendre que je voudrais par là leur « dicter » leur conduite, il faudriat justement pour cela que je leur administre d'abord le genre de sermons dont ils devraient tirer le juste enseignement...

    • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2019 10 h 15

      M. Maltais-Desjardins, vous venez de faire ce sermon.

      Vous leur dites qu'au Canada ils peuvent être libre cinq ans, ce qui peut-être renouvelable avec la bénédiction des juges.

    • Réal Boivin - Abonné 24 mai 2019 10 h 25

      Dans la section Monde-Europe du Devoir hier, il est bien écrit:
      Le Royaume-Uni et les Pays-Bas votent aux élections européennes. Presque partout en Europe, les mouvements nationalistes et populistes prennent les devants.

      Peut importe les idéologies onusiennes ou canadiennes, c'est le peuple qui décide en lien avec son histoire.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 10 h 30

      @RMD
      Ce que vous écrivez n'a aucun sens.

      Je ne vois pas du tout comment des enjeux politiques pourraient se comprendre " pas forcément comme des notes en bas de page du de notre aplatissement collectif", ou le contraire, ou de travers, ou un raton-laveur en bottines d'astronaute qui fume un joint d'expansion. Aucun sens je vous dis.
      Je sais que vous aimez forcer le lecteur à faire de longues recherches pour comprendre l'obscurantissime et délicate sève de votre dinive pensée. Mais je n'en ferai rien.
      A vous de descendre de votre "maxima excelsis aether" et de vous expliquer en termes... noooon, pas simples! Je ne vous demande pas de vous départir de votre superbe! Seulement compréhensibles. Sinon, ben... on comprend pas. On comprend que vous voulez que votre nom paraisse ici mais on sait pas pourquoi.

      Euh...qui parle d'aplatissement collectif ? On parle de celui de QS et QS seulement, qui par paresse n'a jamais développé la moindre pensée au sujet des politques d'Ottawa. Ottawa, c'est la gouvernement qui a presque tous les pouvoirs : il a l'armée. Vous le replacez là là ? Merci.

      Malgré un prétendu appui à l'interculturalisme, qui se base sur des principes identitaires (identitaire! Tabou chez QS!), QS ne donne son aval qu'à des politiques multiculturelles, comme quoi dans la "gauche à gauche" on peut parler avec élégance des deux côtés de la bouche.
      La paresse des analyses de QS, et ses déclarations de principe vides de sens pratique, où les bonnes intentions le disputent à la nébulosité variable, mène directement à ce genre de mensonge à la soviétique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 10 h 39

      Monsieur Bariteau, il est trop facile de se rabattre sur le fait que nous n'avons d'agir qu'une permission venue d'ailleurs pour ne pas assumer la responsabilité que nous avons à l'égard de l'usage que nous en faisons. A mon idée, s'agissant de questions aussi essentielles que celles des droits et libertés, qui dépassent largement les conditions dans lesquelles la charte canadienne les as énoncées, je ne voudrais pas vivre dans un pays où on n'aurait pas le sentiment que les écarts doivent être soumis à réexamen périodique et où on pourrait s'en tenir à invoquer le privilège du législateur, sans autre forme de justification, pour balayer du revers de la main les avis des protecteurs des droits humains, comme la CAQ nationale le fait. Je ne voudrais pas vendre dans ce genre de pays-là.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 10 h 47

      Le récit victimaire n'est qu'un prétexte pour la mauvaise foi. Est-ce de ma part un jugement moral ? Oui. On n'arrête pas de détourner l'attention vers cet agenda politique en panne d'essence comme si c'étaient les droits d'une majorité qu'il s'agissait de protéger : laïcité et égalité homme-femme, qui sont déjà garantis dans les deux chartes, alors que les effets se feront durement sentir seulement par une petite portion de la population qui sert de bouc-émissaire à nos frustrations identitaires.

    • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2019 11 h 33

      Pourquoi appeler « frustrations identitaires » un choix politique au Québec en se fermant les yeux sur l'affirmation identitaire canadienne ?

      Parce qu'il vous convient mieux l'arbitrage des interrelations faites par les juges de la Cour suprême entre différents droits et vous convient mal d'accorder une priorité à l'égalité des hommes et des femmes sur les arbitrages et un respect de l'affirmation du principe de la laïcité dans les activités de l'État et de ses agents ?

      C'est ce que je comprends de vos propos qui, à l'évidence, vous incitent à traiter de frustré/e/s des Québécois et des Québécoises qui ne partagent pas vos vues du politique, encore moins les pouvoirs des « protecteurs » des droits humains.

      Pour moi, une telle approche est un déni de la capacité des citoyens et des citoyennes de se prononcer en connaissance de cause des enjeux et d'en évaluer les tenants et les aboutissants, ce que font des « protecteurs » attitrés.

      Je ne partage en aucune façon votre approche. Elle discrimine au nom d’un texte que vous vous évertuez à démontrer sa justesse et sa respectabilité des individus en l’extrayant du rapport politique qui l’a engendré.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 12 h 31

      @RMD
      Je suis ravi que vous disiez "Le récit victimaire n'est qu'un prétexte pour la mauvaise foi", puisque la victimisation a été utilisée à toute les sauces par les opposants à PL21 et pas par ses tenants.
      De même que les procès d'intention, les accusations de complot.... y en a des masses.

      Je suis désolé pour vous si vous avez des frustrations identitaires.

      La plupart des Québécois, eux, ont des frustrations basées sur le fait qu'ils ont toujours des règles imposées par l'extérieur qui les empêchent de mener leur existence selon leurs volontés. Mais aucun problème identitaire. Zéro. Sortez-en.
      Je dois dire que je ne palre pas des dirigeants et représentants de QS. Oh que non.

      Je parle des francos bien sûr!
      Les anglos, eux, sont plus que frileux du point de vue identité. Référez-vous à toutes les élections à tous les niveaux depuis 250 ans, c'est peut-être un petit indice...

      Le "problème identitaire" des Québécois est une projection puérile mais bien orchestrée de la part des médias anglos pour ne pas se regarder eux-mêmes. C'est ça, le pouvoir de la "classe dominante" si chère à QS, que QS est trop con pour voir.

      Essayez d'ananlyser votre entourage des fois, ça aide.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 24 mai 2019 13 h 40

      Nos « frustrations identitaires » que vous nommez si bien sont le résultat des frustrations d'un autre peuple qui a choisi d'enchâsser juridiquement, dans une constitution impossible à changer, la politique d'intégration d'un autre peuple, il s'agit de l'article 27. Je vais vous le citer, il est important :

      « Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l’objectif de promouvoir le maintien de la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens.»

      Sans cet article, il n'y aurait pas d'accommodements raisonnables et de précédents comme le turban et le kirpan ou les soukkas au sanctuaire. C'est cet article qui fait que la Cour suprême peut, avec 6 juges sur 9, non-civilistes, issus du ROC, formés par une mentalité anglo-saxonne, considérer que des droits religieux sont brimés même s'il s'agit d'une religion exogène. Autrement, sans l'article, la liberté de religion ne pourrait aller aussi loin que transformer les solliciteurs d'accommodement en handicapés qui ont besoin d'afficher leur signe comme un handicapé a une prothèse.

      Bref, une décision politique, l'article 27, empêche le peuple québécois, depuis des années, de présenter clairement un modèle d'intégration qui lui serait propre. Avec la jurisprudence, les valeurs canadiAns percolent et laissent entendre «que l'on brime des droit ».

      C'est cela qui crée « la petite portion de population qui sert de bouc émissaire » , elle n'existerait pas si le Québec pouvait définir son propre modèle d'intégration, un acte politique.

      Résumons : un acte politique crée un modèle d'intégration qui sera ensuite perpétuellement entériné par des juges. Un autre acte politique vient court-circuiter cet acte d'aliénation et redonner au peuple québécois la possibilité de redéfinir les droits SANS l'article 27.

      À terme, les Québécois viennent de diversifier l'offre d'immigration en Amérique et Ensaf Haidar a très bien choisi en misant sur le Québec plutôt que Toronto.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 14 h 09

      Je regrette, messieurs, mais le piège que vous essayez de tendre à nouveau aux gens qui se posent des questions sur la légitimité de PL21 ne fonctionne plus. Nul ne conteste la légalité de l'usage de la clause 33 ni de la réouverture de la charte québécoise (nous aurait-elle été imposée, en passant). Mais il n'y a rien de servile à réclamer qu'on s'en justifie autrement que par un beau « j'ai le doit ». Surtout pas avec les petites crises de nerfs empreintes de mépris qui masquent seulement mais plutôt mal le simple refus de discuter.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 17 h 10

      Monsieur Gill, mon précédent commentaire ne vous visait évidemment pas : je ne l'avais pas vu. Nous ne pourrons pas nous mettre d'accord sur la portée de la portée de l'article 27. Vous êtes peut-être constitutionnaliste; je ne le suis pas. Ma compréhension, c'est qu'à titre de clause interprétative, elle ne crée pas de droits substantiels. De sorte que si on suspend l'effet d'un article qui tombe sous l'article 33, on prive aussi cette interprétation de toute autorité. À mon avis, l'interprétation multiculturaliste que cet article commande est une justification politique défendable d'invoquer 33 de la part d'un gouvernement qui serait porté par un désaveu de cette tournure multi, qui est elle-même politique en un sens plus étroit que ce qu'on devrait trouver dans une charte de droits. Si j'étais constitutionnaliste, je tâcherais de mesurer à son mérite l'hypothèse selon laquelle c'est bien davantage l'article 27 que l'article 2 qui règle le régime des accommodements raisonnables. Si vous pouvez en dire davantage, je suis preneur.

      Par ailleurs, j'en profite pour préciser qu'il n'y avait rien d'hostile dans l'utilisation de l'expression frustration identitaire. Ce que je relève, c'est seulement qu'on met tellement d'ardeur à faire de PL21 une occasion de reprendre le même récit qu'on finit par ne plus du tout parler du sujet... du texte, sinon à titre d'illustration un peu lointaine mais utile pour cette raison.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 24 mai 2019 19 h 00

      Monsieur RMD,

      J'ai analysé brièvement 4 causes avec vous et un certain Monsieur Labelle par le passé.
      C'est la jurisprudence anglo-saxonne qui a créé un droit religieux qui s'étend jusqu'au port du signe alors que le Qc comprenait à l'époque les choses complètement différemment. Ça été un clash à chaque fois.

      À travers cette jurisprudence est apparue cette affaire de «la croyance sincère» qui vient tout brouiller puisque le Québec a une sensibilité beaucoup plus laïque que le ROC, lequel est plus religieux. Aussi, comme l'écrit le jugement « Syndicat Northcrest c. Amselem», ce qui intéresse les juges : « c’est le caractère religieux ou spirituel d’un acte qui entraîne la protection, non le fait que son observance soit obligatoire ou perçue comme telle. L’État n’est pas en mesure d’agir comme arbitre des dogmes religieux, et il ne devrait pas le devenir. Bien qu’un tribunal judiciaire ne soit pas qualifié pour interpréter et déterminer le contenu d’une conception subjective d’une exigence religieuse, il l’est pour statuer sur la sincérité de la croyance du demandeur, lorsque cette sincérité est effectivement une question litigieuse. »

      Le sens commun québécois c'est au contraire que si l'état se fout de de l'observance obligatoire ou non, il doit se foutre de la sincérité de la croyance. Pour une majorité, le droit religieux n'est simplement pas différent des autres, voilà ce que PL21 vient affirmer.



      En d'autres mot, pour reprendre l'affaire des Soukkas, si vous n'avez pas le droit dans un contrat de copropriété de changer l'apparence de la balustrade de votre propriété (une privation librement consentie de la liberté d'expression qui inclut alors même les affiches électorales), vous ne pouvez pas y faire une cabane en bois pour vos enfants ou une «soukka» en bois pour des adultes religieux.

      Les juges ont statué que le droit religieux existait en dépit du contrat, mais des juges dissidents ont affirmé que ça n'avait aucun sens.

    • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2019 19 h 12

      @RMD

      Cent fois que je vous dis que le problème n'est pas avec les chartes des droits mais avec un jugement posé par des juges nommés dans des circonstances partisanes, et qui pourtant ont le pouvoir de détruire des lois.
      Ces interprétaions abusives obligent la clause nonobstant, pas les chartes.

      Votre mauvaise foi grandit d'intervention en intervention. Z'avez pas honte ? À ce point de confusion voulue et réitérée, vous vous calez gravement.

      Lâchez-nous avec la charte, canadienne, québécoise ou Vénusienne, ça n'a rien à voir.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 24 mai 2019 19 h 21

      Il y a le droit et même les droits fondamentaux et ensuite la jurisprudence. Or la jurisprudence se construit avec les valeurs de la société. Ainsi ce qui était inacceptable hier, l'euthanasie, devient correct aujourd'hui.

      Or, en plus de la Constitution non signée, qui est le résultat d'une magouille (documentée par F Bastien , «La Bataille de Londres »), l'évolution de la jurisprudence en phase avec la société échappe au Québec qui n'a que 3 juges contre 6. Évidemment, les juges du ROC imposent leurs valeurs.

      Ainsi, vous reconnaitrez dans le jugement Anselem, que les juges de la Cour suprême invalident précisément, grâce à l'invention de la jurisprudence de la croyance sincère (nulle part dans les chartes), le jugement de première instance, québécois.

      C'est ainsi que les versions les plus extrémistes, radicales, intégristes ou zélées se retrouvent sur un pied d'égalité avec des croyances «mainstream». Or, cette coexistence consiréré normale de l'hétéroclite ne peut être rendue digne que grâce à l'article 27 qui met les toutes les cultures sur un pied d'égalité, par là je veux dire qu'il les invite toutes et elles sont donc égales. Un article rappelant que les droits doivent être interprétés à l'aune des cultures (comprise anthropologiquement) canadienne, québécoise et autochtones, aurait rendu impossible, les affaires du turban, des soukkas, du kirpan, qualifiés simplement de frivoles.

      Nous faisons face à un défi avec la montée de l'islam politique (et ça aurait pu être les sectes ou d'autres courants) et le Québec veut finalement son propre modèle d'intégration au lieu d'être continuellement entravé par le Canada (Anselem est un bon exemple). Donc avec une autre jurisprudence et un article 27 biculturaliste, la lettre de l'article 2 serait la même et personne ne déchirerait sa chemise quand un directeur d'école interdirait un signe religieux comme c'est le cas pour la réserve sur les signes politiques.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 24 mai 2019 19 h 32

      Vu sous cet angle, nous avons une part importante de la population qui est insatisfaite au Québec parce que le droit tel qu'il est pratiqué est contraire aux coutumes, à l'évolution de la société.

      Et la question n'est pas le voile, mais le caractère frivole évident, pour nos valeurs, de certaines revendications ou expressions.

      Ces expressions peuvent être légitime en privé ou en public, mais en l'État, la sensibilité québécoise, en opposition au ROC, c'est ce que le religieux, potentiellement frivole (et donc explosif) n'a pas à l'emporter sur d'autres droits politiques plus légitimes. Des joueurs de foot qui voudraient porter le coquelicot rouge pourraient se le voir interdit alors que ça serait légitime pour un signe religieux.

      Vous demandez continuellement à ce que les choses soient justifiées, mais à l'aune d'un système injuste que l'on devrait respecté. Le système est le résultat d'une intervention politique, le Québec ne l'a pas entériné et ensuite des juges ont créé une jurisprudence qui échappait au Québec et qui était contraire à ses valeurs, à sa culture, à sa vision du monde.

      D'ordinaire, c'est le contraire, sur ce qui fait consensus, la justice finit par se ranger.

      On établit donc simplement, enfin, dirons-nous, nos prérogatives.
      Nous créons un précédent.

      Vous me direz que ça n'est pas une procédure constitutionnelle pour créer du droit constitutionnel, je vous dirai que vous avez raison, en politique on fait ce qui est possible, mais le système britannique permet cet avantage (et nous sommes bien niais de ne pas l'avoir utilisé en 76) qui d'ordinaire joue contre nous, avec une grande souveraineté pour le parlement et le gouvernement.

      Comme l'intention était super claire en élections et qu'une rénovation constitutionnelle était impossible (au Québec ou dans le ROC), cette laïcité devient pour plusieurs, enfin, créatrice de droits québécois, en opposition au droit canadien. Elle est certainement en tout cas plus légitime que

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 21 h 31

      Merci monsieur Gill. Désolé de vous forcer à répéter. En contrepartie, je tâcherai demain de (re)faire mes devoirs.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 mai 2019 21 h 32

      Monsieur Trottier, gardez donc vos insultes pour vous-mêmes. On est entre gens de bonne foi, ici.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 24 mai 2019 23 h 50

      Voici mon "Devoir" Monsieur RMD,

      Dans le jugement Syndicat Northcrest c. Amselem, je ne sais pas quels étaient les 3 juges nommés «pour» le Québec puisqu'au total il y en avait 5 nés au Québec, mais Louise Arbour a signé avec les juges majoritaires, toutefois, elle a étudié et pratiqué le common law et pas le droit civiliste et elle était prof à Toronto avant d'aller au TPI. On peut facilement considérer qu'elle avait intériorisé les valeurs (légales) du ROC d'autant plus qu'elle travaillait (en droit canadien) en anglais, en Ontario.

      De son côté, le juge natif de Montréal, Ian Binnie qui travaillé au Yukon et an Alberta avait néanmoins aussi travaillé chez McCarthy Tétrault et étudié à McGill, il était donc civiliste.

      Le juge Bastarache était évidemment un spécialiste du code civil et des lois québécoises à cause de son engagement social en plus de la grande sympathie dont il semblait jouir auprès des Acadiens. Les autres juges, Lebel et Deschamps étaient québécois.

      On a donc 3 Québécois, des Canadiens français qui proposent un jugement dissident commun pour lesquels le droit religieux n'est pas brimé. À lire le jugement, je peux dire que c'est une sensibilité que partageraient assez facilement les «gens raisonnables». On a un juge anglo, qui connait le Code civil québécois, qui l'a travaillé, et qui individuellement enregistre une dissidence similaire. Pour ces 4 juges, un contrat est aussi important que la religion. Ces 4 juges confirment les jugements québécois de la Cour supérieure et de la Cour d'appel. Certes, Arbour est née à Montréal, mais pour réussir elle a intériorisé le droit du ROC et ses codes culturels (au point d'être prof à Toronto, ce qui n'est pas rien).

      Cette décision est importante pour consolider la portée du droit religieux, notamment parce qu'elle renverse les jugements de première instance; c'est effectivement la jurisprudence du ROC qui a consolidé une interprétation ultra rigide. Cette preuve est empirique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 mai 2019 09 h 44

      Merci encore, monsieur Gill. Je ne vois pas clairement que la décision majoritaire aurait été différente sans l'article 27, qui n'est pas expressément invoqué à l'égard de la diversité culturelle canadienne mais le serait tout au plus comme une conséquence de l'illégitiment de toute prétention à faire droit à une requête en se fondant sur la reconnaissance d'une supériorité d'une religion ou a fortiori sur sa valeur intrinsèque. Pour ce que j'en comprends, le juge de première instance se permettait implicitement de statuer que telle revendication pouvait être jugée légitime ou frivole. En théologien, il prétend d'abord distinguer ce qui est « réllement » obligatoire au sein d'un dogme et ensuite dans quelle mesure cette obligation inhérente au dogme, quoi que sans valeur juridique pourrait être malgré tout être invoquée en regard d'autres droits qui en ont une, de valeur juridique, en vertu des chartes. Or il semble que dans la mesure où elles prétendent être laïques, les chartes ne définissent pas la liberté de religion par une reconnaissance positive de leur contenu, de leurs règles, de leurs dogmes, mais en ce que notre rapport au religieux fait partie de ce qui nous définit le plus intimement. À mon avis (mais je ne suis vraiment pas expert), c'est par là qu'il faut chercher le fondement de la pratique des accommodements raisonnables plutôt que de l'article 27. Le critère de la croyance sincère ne sert pas à mettre toutes les croyances sur un pied d'égalité dans un fouillis multiculturel où on brasse la cuiller mais plutôt à se mettre à distance de celles-ci et à ne pas donner un poids spécifique à une croyance du fait de son contenu. L'erreur du juge de la première instance. La liberté de religion n'est pas celle de bien pratiquer la bonne.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 25 mai 2019 12 h 56

      Monsieur RMD,

      Je pense avoir bien expliqué les impacts de l'identité culturelle des juges, parlons maintenant de l'article 27.

      La première référence du jugement de l'affaire Anselem (le texte, pas les conclusions) est le renvoi relatif à la sécession du Québec voici : « Un aspect important de notre démocratie constitutionnelle est le respect des minorités, parmi lesquelles on compte bien sûr les minorités religieuses : voir Renvoi relatif à la sécession du Québec, [1998] 2 R.C.S. 217, par. 79-81. De fait, une attitude respectueuse et tolérante à l’égard des droits et des pratiques des minorités religieuses est une des caractéristiques essentielles d’une démocratie moderne ».

      Historiquement, les droits religieux au Canada ont été porteurs des droits linguistiques, mais c'était pour des communautés précises, « fondatrices », même si cette doctrine n'est pas reconnue. Il est donc normal, dans notre jurisprudence, en ce qui concerne des conflits politiques au Canada , de retrouver des traces de ces droits religieux et des conflits qui ont créé des précédents.

      Ce que fait le renvoi, c'est préciser les obligations des provinces, du fédéral et des tribunaux, particulièrement par rapport aux obligations constitutionnelles; à cause de l'article 27 un glissement s'opère et toute minorité acquiert la protection obtenue de haute lutte par les minorités « religieuses historiques » (les Canadiens français) qui ont participé à créé une jurisprudence avant la rédaction de la dite constitution.

      L'article 27 nous dit, a poteriori, comment interpréter les droits et le paragraphe 50 du renvoi explique « l'économie » des droits entre eux. Il n'y a donc plus de cadre culturel commun, le biculturalisme, qui permette au tribunaux d'arbitrer correctement des plaintes liées aux droits religieux. Plainte qu'il serait possible de comprendre à l'intérieur d'une culture (que partagent les juges).

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 25 mai 2019 13 h 18

      On arrive enfin à ma conclusion : les juges èrent quand ils disent que l'on doit se contenter de l'examen de la croyance sinrèce parce que l'on ne doit pas soumettre ce qu'un individu a de plus intime à l'examen scrupuleux de la cour. Pour ma part cette absence d'examen ménage plutôt les religions sans remettre ses autorités en question (ex. pas de femme prêtre), mais c'est un détail. Ce qui compte c'est que les tribunaux ne peuvent pas être experts en contexte culturel et religieux.

      Donc au lieu d'arbitrer un débat entre deux rabbins (choisissez votre exemple), ce qui créerait des discussions interminables et rendrait nos justices dépendantes d'énoncés transcendantaux invérifiables, on a encapsulé la chose dans la croyance sincère et on a étendu l'accommodement au domaine religieux. Examiner les croyances aurait rendu la population encore plus rébarbative à l'encontre de religions; encore une fois, les tribunaux ont protégé les religions avec cette astuce. Il n'est plus nécessaire de montrer que notre demande est «non-frivole».

      C'est une erreur grave. Il y a des centaines de cultures et peut-être des milliers de croyances religieuses avec des rites singuliers. Tant que notre société devenait laïque (ou de moins en moins religieuses), quelques exceptions pouvaient bien exister ici ou là, puisque ce nouveau droit allait être peu utilisé, sauf avec des sectes, un phénomène d'ailleurs inquiétant dans les années 90.

      Or, on est devenu un pays d'immigration massive et on accueille aussi des intégristes. Cette disposition de nos tribunaux et ce droit deviennent ainsi l'occasion d'une formidable avancée pour ces derniers. Ainsi, je ne pourrais pas, au nom de la liberté de création, changer mon balcon pour des raisons esthétiques à l'encontre de mes voisins, car les juges connaissent notre culture et savent que c'est frivole. Mais si c'est religieux, oui. Les Québécois (presque plus religieux) ont compris que c'est insensé (et incompatible avec eux).