Nous sommes tous complices…

La présentation du représentant de Desjardins le 13 mai en fin de commission parlementaire nous a fait encore voir plus clairement les impacts de la déréglementation, base du projet de loi 17, et le fait de détruire toute une industrie (taxis) au Québec pour permettre l’entrée d’un nouveau joueur dont les gros déficits sont connus et qui peut être appelé à monter ses tarifs ou à baisser ses salaires pour fonctionner. Un gros joueur, suivi par d’autres joueurs semblables, dont les impacts n’ont pas été étudiés à date, avec tous les risques courus !

Cela ne nous fait-il pas réfléchir à ce que nous sommes en train de faire ? Détruire une industrie québécoise, qui était en train de se moderniser et qui créait des emplois. Le projet de loi ne peut-il pas être revu sur la base de tous les témoignages entendus, entre autres de plusieurs chauffeurs de taxi et d’intermédiaires, par exemple Taxi Para-adapté et sa vision de ce qui peut être fait aujourd’hui et demain ? Non, tout sera aboli ! Comment les Québécois peuvent-ils accepter de voir et d’entendre cela ? Et que dire de toutes les menaces qui planent pour le transport des personnes handicapées qui ont gagné des acquis et qui peuvent tous les perdre ? Et que dire de la présentation de Lyft, où on a vu qu’on ne respecte même pas la langue majoritaire du Québec pour nous montrer modernes et ouverts au progrès ?

Quel sera le prix à payer pour ce projet de loi improvisé ? Nous sommes tous complices si nous laissons nos députés voter un tel projet de loi. Si nous laissons un ministre trop empressé user de ses pouvoirs pour nous amoindrir comme peuple distinct en Amérique du Nord ? Il n’y a que les êtres humains pour se faire du mal entre eux.

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5 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 23 mai 2019 07 h 15

    Une mesure qui nous coûtera 100$ par personne, pour rien


    Soumettre les utilisateurs du taxi aux lois du marché, c’est revenir cinquante ans en arrière, plus précisément avant l’adoption de la loi québécoise de protection des consommateurs en 1971.

    Un pays régi par la loi du marché, c’est un pays où le puissant possède le droit d’exploiter ceux à sa merci.

    Si la CAQ décidait de laisser Uber opérer dans l’illégalité, il suffirait à n’importe quel policier de s’inscrire en tant qu’utilisateur, d’appeler un taxi, et de donner une contravention au chauffeur à la fin de la course.

    Le talon d’Achille d’Uber, ce sont ses chauffeurs. Mal payés et vulnérables à la répression policière.

    L’ubérisation du taxi québécois coûtera environ 100$ par Québécois (homme, femme et enfant) sans rien nous donner de plus sinon nous soumettre à la rapacité d’une compagnie internationale.

    Imaginez le nombre de maisons des aînés, de nouvelles écoles ou d’infrastructures municipales qu’on pourrait construire avec cette somme…

    La CAQ se tire donc dans le pied en gaspillant 800 millions$. Elle pourrait accomplir 800 millions$ de promesses électorales qu’elle devra différer et qui, inévitablement, le conduira à sabrer ailleurs.

    Quel gaspillage des fonds publics…

  • Luc Le Blanc - Abonné 23 mai 2019 08 h 27

    Le réflexe de colonisé n'est jamais loin

    La CAQ, et les Libéraux avant eux, se sont crus modernes en se laissant aveugler par les promesses de «l'économie du partage», dont le modèle d'affaire «disruptif» ne s'encombre guère de réglementation. Combien d'autres industries laisserons-nous envahir et détruire pour faire plaisir aux nouveaux investisseurs?

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 mai 2019 09 h 12

    L'auteure écrit :

    « Il n’y a que les êtres humains pour se faire du mal entre eux. »

    Ce n'est pas vrai. Les lions tuent des lionceaux pour s'accoupler avec leur mère. Les ours polaires font pareil. Des oisillons de je ne sais plus quelle espèce poussent leurs frères et soeurs hors du nid pour accroître leurs chances de survie. Certaines femelles araignées dévorent parfois le mâle. Sans compter ces luttes pour le pouvoir ou pour s'accoupler au sein de plusieurs espèces qui peuvent blesser et même faire mourir des congénères. Il y a sûrement d'autres exemples.

    Shakespeare a fait dire à l'un de ses personnages : « Même les bêtes éprouvent de la pitié. Je ne suis pas une bête. » Ou quelque chose d'approchant.

  • Germain Dallaire - Abonné 23 mai 2019 09 h 23

    Un nouveau dupplessisme?

    L'image emblématique de la période Duplessis est le fer à 1 cent la tonne. Duplessis agissait en roi nègre. Conforté par l'appui de la majorité grâce à un certain nationalisme et l'église, ses politiques se caractérisaient par la braderie de nos ressources naturelles et la soumission totale aux diktats de la grande industrie. Depuis son élection, François Legault montre tous ces signes. Comme Duplessis, il tire son appui électoral dans le Québec des régions et professe un certain nationalisme (loi 21, immigration). Depuis son élection, on découvre un Legault prêt à tout pour amener du "développement économique" tel un bon président de chambre de commerce.
    L'exemple le plus éloquent est ce surréaliste projet de loi sur l'ubérisation de l'industrie du taxi. On a affaire là à une compagnie délinquante qui s'est installée en violation ouverte des règles existantes et tout ce qu'il trouve à faire c'est de la légaliser. L'autre exemple, c'est l'attitude par rapport au lock-out d'ABI à Bécancour. En contradiction totale avec ses déclarations de campagne électorale, il prend fait et cause pour ABI en dénoncant le syndicat. Un autre exemple aussi est cet appui au gazoduc de Saguenay qui vise essentiellement à amener du gaz naturel américain en Europe pour concurrencer la Russie.
    Actuellement, il est en voyage de commerce aux USA. Que dire de ce commentaire ahurissant disant que tout kilowatt vendu à plus 0 sous est une amélioration. En passant, il est allé rencontrer les dirigeants d'Alcoa et a répété ses insanités sur le syndicat d'ABI. Encore là, on peut en être certain, il a été question d'électricité à faible coût. M. Legault a même parlé d'investissements d'Alcoa. Maintenant, il est à Washington où il rencontre des sous-fifres. On peut être certain qu'il fera tout en son possible pour attirer l'attention de Donald Trump même si la barre est haute. C'est là que notre niveau d'inquiétude devrait augmenter parce qu'on peut déjà voir que cet homme est prêt à tout.

  • Martin Paré - Inscrit 24 mai 2019 01 h 56

    Ubérisation

    Uber et ses copies ne vont pas juste entraîner la faillite de toute l'industrie du taxi. Il va aussi congestionner toutes les villes où ils vont s'installer. Chaque kilomètre fait par une de ses applications rajoute 2,8 km de plus par tous les véhicules qui parcourent les routes. Précarisation de tous les travailleurs qui travaillent sur la route... Et tout ça pourquoi? Des applications qui ne paieront aucune impôt ici, à part une qui est Éva qui sera fermé dans 2 ans...