Échauffement climatique

Il est assez stupéfiant de constater que les médias sociaux — et à leur suite les journaux dits « de qualité » — s’excitent parce que des adolescents se disent scandalisés par une question d’examen qui serait, selon eux, « stupide ». Que des élèves de Ve secondaire ne comprennent pas encore qu’agir n’est pas incompatible avec s’adapter — et nonobstant le fait que s’adapter, c’est déjà agir… — et que le fait qu’un gouvernement n’agisse pas assez à leur goût n’a rien à voir avec la légitimité d’une question d’examen est une chose. Qu’un ministre de l’Éducation (sic) applaudisse sur Twitter à de telles erreurs de raisonnement en disant qu’à son avis, « on aurait dû demander comment lutter contre les changements climatiques, et non s’il était possible de s’y adapter » est affligeant. Car au lieu de chercher, dans la logique du complot, les « sous-entendus » d’une question, il faudrait plutôt admettre l’évidence : même si l’on arrêtait demain matin de produire des gaz à effet de serre et du pétrole et autres charbons, les changements en cours, générés par les décennies passées de production industrielle ne s’arrêteront pas comme par magie. Il y a en effet une inertie des systèmes physiques. Il est donc incontournable qu’il faudra s’adapter, et laisser entendre le contraire est tout simplement irresponsable. Minimalement, par exemple, on devra cesser de construire en zone inondable, contrairement au gouvernement opportuniste et cynique de Jean Charest, qui a accepté de payer des reconstructions absurdes en de telles zones contre l’avis des experts, mais au grand plaisir de maires opportunistes. Au lieu de se scandaliser d’une question d’examen tout à fait légitime à laquelle les élèves pouvaient répondre par des arguments cohérents, au lieu de réclamer des « excuses » du gouvernement [...], ces élèves prêts à s’impliquer socialement pour une « cause juste » pourraient plus utilement dénoncer ces maires qui tiennent à leurs taxes foncières même en pleins marécages.

Les cours de science au niveau secondaire pourraient expliquer les principes de physique de l’atmosphère qui font que l’échelle temporelle des changements climatiques n’est malheureusement pas celle du temps électoral [...] Enfin, l’apprentissage de la pensée critique et des règles de la logique et de la grammaire serait aussi utile aux élèves, quitte à amputer quelques heures au fameux cours d’éthique et culture religieuse… Ce qui permettrait d’éviter d’affirmer qu’« Il ne faut pas s’adapter, il faut agir ». Car si quelque chose est « stupide » dans ce micro-événement social-médiatique, c’est bien une telle affirmation, qui porte à croire que l’arrogance est devenue proportionnelle à l’ignorance.

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24 commentaires
  • Daniel Francoeur - Abonné 6 mai 2019 04 h 01

    Un choix critique à faire : la condescendance ou l’humilité?

    Ce qui me frappe dans les opinions et commentaires sur la réaction des étudiants à une question biaisée sur le climat, c’est le ton péremptoire et condescendant qu’utilisent certains «adultes» pour les dénigrer. Or, j’accepterais volontiers une telle posture conservatrice si elle avait fait ses preuves à résoudre ladite question de la survie de l’espèce humaine. Ce qui n’est malheureusement pas le cas. C'est pourquoi il me semble que l’heure est à l’humilité et à l’écoute. Et, le fait que les jeunes aient fait preuve de pensée critique en osant dénoncer une question biaisée est tout à leur honneur!

    • Gilbert Turp - Abonné 6 mai 2019 09 h 09

      Et pourtant, monsieur Francœur, au-delà de la pensée oppositionnelle (typique des adolescents) nous avons plus que jamais besoin de science pour faire face aux dérèglements climatiques...C'est ce que la lettre d'Yves Gingras nous rappelle...

    • Daniel Francoeur - Abonné 6 mai 2019 10 h 51

      La science et la pensée critique ne s’opposent pas, au contraire elles sont du même tissu. Vous conviendrez, M. Turp que la science qui tient compte du vivre ensemble des espèces s’appelle l’écologie. Or, il n’en est nullement fait mention dans la montée de lait typographiée de M. Gingras. Une seule science est malheureusement insuffisante à affronter la complexité de la problématique d'ensemble. En ce sens, la synergie scientifique est porteuse d'espoir.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 mai 2019 13 h 14

      Une telle posture conservatrice vous dites M. Francoeur? C’est tout le contraire parce que vous ramener le problème des changements climatiques comme le font les jeunes sur une base émotive en faisant fi de la science et des mathématiques qui sont pourtant évidentes. En sciences, vous pouvez être aussi humble et à l’écoute que vous le voulez, ceci ne changera en rien les données probantes et vérifiables.

      Là-dessus, je suis 100% d’accord avec M. Gingras. Ce ne sont pas les grèves scolaires ou bien de faire porter le blâme sur un gouvernement ou les générations antérieures que vous allez régler le problème. Les changements climatiques sont un dilemme global qui requiert une solution globale et non pas compartimentée. Dans cette lettre d’Olivia Ruge, il n’y avait aucune mention de l’effet néfaste de la surpopulation. C’est comme si on pouvait continuer à ajouter des milliards d’humains sur la planète et que les écosystèmes marins et terrestres ne seraient pas touchés, que la pollution atmosphérique de particules fines n’augmenterait pas et enfin, que l’effet de serre ne serait pas amplifié par l’accumulation des GES dans l’atmosphère.

      Bon, ceci dit, quelles sont vos solutions à court, moyen et long terme? C’est bien beau le dialogue, mais concrètement, que faut-il faire? La simplicité volontaire de façon draconienne? Convaincre les 3 milliards de Chinois et d’Indiens de ne pas consommer comme nous l’avons fait durant les 50 dernières années? Que tous les jeunes qui sont dans la rue en train de protester et de manquer l’école à tous les vendredis après-midi fassent un vœu de chasteté écologique ce qui sous-entend, plus de voitures, électriques ou non? Et aussi, fini les téléphones intelligents et toute cette panoplie d’appareils électroniques qui polluent l’environnement. Est-ce que les jeunes sont prêts à faire les sacrifices nécessaires ou bien tout cela ne sont que de belles paroles?

    • Yves Gingras - Inscrit 6 mai 2019 16 h 13

      Merci de ramener le mot "émotivité" dans la discussion.

      Permettez-moi de vous informer que mon texte a été un peu coupé par deux petits [...]. Le premier contenait dans le [...] qui termine le bout de phrase suivant: "au lieu de réclamer des « excuses » du gouvernement [...]" les mots: "– selon la mode de ces temps dominés par les émotions –".
      Twitter les réseaux sociaux carburent à l'émotion. La seule réponse logique est: le silence pendant au moins 24 heures pour réfléchir avant de réponde aux sottises...

      Le second petit [...] après "l’échelle temporelle des changements climatiques n’est malheureusement pas celle du temps électoral [...] disait "et encore moins celle des émotions spontanées et fugitives qui se succèdent sur les réseaux sociaux qui sont encore loin d’être intelligents".

      J'insistatis donc sur les dangers des réactions instantanées mais l'espace n,a pas permis d'imprimer ces bouts de phrase.

      Message aux ministres et autres persosnnages importants: tourner ses pouces sept fois avant de twitter...

    • Daniel Francoeur - Abonné 6 mai 2019 23 h 32

      Merci à ceux qui sont intervenus suite à mes commentaires. En addendum, je veux ajouter que la science a certes son utilité pour nous aider à cerner la crise. Toutefois, elle ne peut être la panacée qu’on nous chante régulièrement comme berceuse afin que nous puissions tous continuer à dormir tranquille sans nous sentir trop coupables de l’écocide en cours. Si nous référons à la théorie des systèmes pour qu’un système demeure vivant il est appelé à s’adapter continuellement à son environnement. Or, l’homme considère plutôt que pour qu’il puisse vivre c’est l’environnement qui doit s’adapter. Cette logique de l’absurde marque aujourd’hui ses limites et crier bien haut que les jeunes n’y ont rien compris n’y arrange rien. L’humilité consiste à poser un constat éclairé et à penser à une façon de travailler ensemble à de nouvelles façons de vivre ensemble, jeunes et moins jeunes, tout en respectant notre milieu de vie. Bref, nous sommes tous face à un virage obligé, et nous ne savons pas ce qui nous attend après. Souhaitons-nous bon courage!

  • Jean Lacoursière - Abonné 6 mai 2019 07 h 07

    Merci d'avoir pété votre coche, monsieur Gingras

    Le ministre Roberge a raté une belle occasion d'avoir un propos similaire à celui de cette lettre.

    • Christian Roy - Abonné 6 mai 2019 21 h 40

      @ M. Lacoursière,

      "Péter sa coche !" n'est-ce pas "carburer à l'émotion ?

  • Cyril Dionne - Abonné 6 mai 2019 08 h 32

    « Le peuple a besoin qu’on l’éblouisse, pas qu’on l’éclaire » Charles Fourier

    J’aime bien cela. Le fait de s’adapter, c’est déjà une forme de lutte contre les changements climatiques. La question posée sur un examen quelconque ne voulait rien dire à part de poser une question pour évaluer les élèves parce que sur le fond, la réponse était d’une naïveté qu’on rencontre justement chez les jeunes de cet âge. On lui aurait donné un « A » sur la forme, mais pour le contenu, c’était un échec complet et on est poli.

    Ceci dit, le problème avec tous ses gens qui s’invitent au débat que sont les changements climatiques, découle des émotions et non pas sur la substance scientifique parce qu’ils n’y comprennent rien. Combien de gens parlent des changements climatiques et ne saisissent même pas l’effet de serre? Ce blocage du rayonnement thermique ne date pas d’aujourd’hui; en 1824, Joseph Fourier avait déjà publié « Remarques générales sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires » basées sur les expériences d’Horace-Bénédict de Saussure (1780).

    Ce qui revient à dire que c’est en utilisant les sciences et les mathématiques qu’on peut contempler l’ampleur du problème pour une vision globale de la solution. Et qui est-ce qui est dans la rue aujourd’hui au Québec à vociférer la peur des changements climatiques sans apporter aucune solution réelle, papable et pragmatique? Québec solidaire puisqu’il vise la réaction des jeunes qui ne comprennent absolument rien du problème qui est posé à l’humanité entière. L’équation est pourtant simple. Le Québec produit 0,1% des GES mondiaux avec 0,1% de la population mondiale. C’est l’autre 99,9% des GES mondiaux du 99,9% de la population mondiale auquel le Québec ne peut rien qui devrait nous concerner. Aujourd’hui en 2019, un citoyen chinois produit autant de GES qu’un citoyen québécois. Demain, ce sera un citoyen de l’Inde.

    Et on n’a pas encore parlé de la pollution atmosphérique et de la destruction des écosystèmes marins et terrestres qui sont une cause directe de la surpopulation.

    • Christian Roy - Abonné 6 mai 2019 21 h 55

      @ M. Dionne,

      Vous me répondez M. Dionne: nous sommes cuits. Y a rien à faire... même la Science asservie aux forces du Marché ne pourra nous en tirer. Les climatosceptiques ont gagné. Les scientifiques ont perdu. D'abord en nous rendant à l'évidence qu'il faut s'adapter aux désastres à venir, ensuite en aliénant la Science à un projet global de société organisé au profit du 1%.

      C'est ce que tout bon élève Québécois devra réciter à partir du bon catéchisme néocapitaliste. Gardons-les entre les murs de nos écoles, comme des enfants sages et programmés. Il faut tuer l'espoir. On se croirait en pleine présentation Société des poètes disparus.

      Dans de telles conditions, quels Québécois le moindrement sensé voudra donner la vie à une nouvelle génération.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 mai 2019 22 h 48

      Cher M. Roy,

      Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans « Le Québec produit 0,1% des GES mondiaux avec 0,1% de la population mondiale »? Est-ce que vous voulez que je vous fasse un petit dessin ou une petite chanson pour vous aider à comprendre? Je le fais avec les élèves du primaire.

      Et en répondant à votre question que vous n’arrêtez pas de me poser : « Nous sommes cuits? », vous devriez demander au 99,9% de la population mondiale qui produit 99,9% des GES mondiaux, qui ont réussi à détruire la moitié des écosystèmes marins et terrestres (animaux et plantes compris) de la planète, notre vaisseau spatial et ont rempli notre atmosphère d’un quadrillion de particules fines qui rend notre respiration de pénible à dangereuse. Encore une fois, un petit dessin et une chanson est disponible avec l’explication.

    • Daniel Grant - Abonné 7 mai 2019 07 h 57

      Monsieur Roy a raison

      Une bonne question doit être bien comprise, mais une excellente question c’est quand elle ne peut pas être mal comprise.

      La question aurait due être :

      Q. Si on pouvait aspirer toute l’air qu’on respire autour de la terre et qu’on en faisait une bulle, quelle serait la grosseur de cette bulle?

      R. L’air respirable se situe entre 10,000pi et 20,000pi alors soyons généreux et accordons-nous 4milles en altitude ce qui donne une enveloppe d’air autour de la terre qui a un rayon de 4004 milles moins le volume de la terre qui a un rayon de 4000 milles.

      Je suis certain que les élèves connaissent la formule du Volume sphérique et qui feront le calcul seront surpris de constater que cette bulle n’a qu’un diamètre que de 1000 milles ou 1600 km.

      Alors notre chambre à gaz à « toute l’humanité », ne fait même pas la distance de Montréal à Blanc Sablon (2400 km).

      Il y a 7.5 Milliards de poumons qui partagent cette chambre à gaz.

      Les jeunes de 16 ans comme Greta Thunberg comprennent que de continuer à sortir du fossile de terre pour polluer notre poumon collectif, est une idée stupide et suicidaire pcq nous avons les solutions sans pétrole aujourd’hui.

      Avec des statistiques comme celles de M. C. Dionne on peut aussi dire que;
      si on cuit la tête au four
      mais les pieds au frigo,
      alors la température moyenne du corps est normale.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 mai 2019 09 h 27

      Comme j'ai dis à plusieurs, M Grant, vous ne vivez pas sur la même planète que nous.

    • Christian Roy - Abonné 7 mai 2019 22 h 41

      @ M. Dionne,

      Pas besoin de me faire un dessin même si ce serait bien sympathique, j'en conviens.

      Votre position est cohérente par rapport à l'avenir de la biodiversité et des dérèglements climatiques. Les enfants et les ados n'ont qu'à faire le deuil de leur avenir. Avant que ça pète davantage, le meilleur endroit pour les garer est à l'école. La formule qu'on réserve aux p'tits Vieux,

      Ils seront les seuls à blâmer et à faire le ménage une fois le party des Boomers québécois terminé dans le déshonneur et la suffisance.

      Ce ne sera donc la faute de personne puisque personne ne veut en prendre la responsabiltié qu'ils soient Chinois, Indiens, Américains ou Indonésiens, etc.

      Après avoir voté pour la CAQ, les Québécois succomberont aux chants des sirènes des Conservateurs goudronnés. Ne voyez-vous pas la réincarnation de Stephen Harper revenir à l'avant-scène ?

      GAME OVER !

      « Les périls qui nous menacent sont assez facile à identifier ; le retour à grande échelle des inégalités entre les hommes ; le triomphe d’une « pensée du nombre » réductrice et antihumaniste ; l’évanouissement de notre représentation de l’avenir, c’est-à-dire de l’espérance ; la solitude inquiète d’un moi barricadé ; la tentation du repli dans les identités querelleuses… Sans parler de ce manque de spirituel que chacun ressent au fond de lui-même comme le creusement d’un vide. »
      Jean-Claude Guillebaud, écrivain, essayiste, conférencier et journaliste français (2013)

      Manque de spirituel... c'est ben pour dire !

  • Bernard Terreault - Abonné 6 mai 2019 09 h 50

    Je m'étonne...

    qu'un professeur sérieux comme M. Gingras s'énerve qu'un petit groupe d'ados idéaiistes aient ce langage exagéré et simpliste. C'est le propre de la jeunesse! J'en ai fait partie, il y a 60 ans!

    Bernard Terreault

    • Jean Lacoursière - Abonné 6 mai 2019 11 h 34

      Je crois que Gingras vise davantage le ministre Roberge et les adultes qui enseignent au secondaire que les ados. Je suis content de voir un universitaire s'énerver un peu dans les pages d'un journal.

    • Christian Roy - Abonné 6 mai 2019 22 h 01

      M. Gingras est étonnant. Il écrit: "Les cours de science au niveau secondaire pourraient expliquer les principes de physique de l’atmosphère qui font que l’échelle temporelle des changements climatiques n’est malheureusement pas celle du temps électoral [...] Enfin, l’apprentissage de la pensée critique et des règles de la logique et de la grammaire serait aussi utile aux élèves,"

      ... comme si cela ne se faisait pas déjà.

      Notre sport national serait-il celui de casser du sucre sur le dos de notre système scolaire ? Si cela a pu faire baisser la pression de M. Gingras, parfait. Mais qu'il sache que sa montée de lait n'est pas basée sur des faits mais bien sur une opinion.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 mai 2019 22 h 53

      On est tous persuadé M. Roy, que tout ce nous avons à faire est de réagir en blâmant les autres et en faisant de l'école buissonnière tous les vendredis après-midi. N’avez-vous pas remarqué que les terrains de stationnement des universités, des cégeps et des écoles secondaires sont bondés de voitures de toute sorte?

      Misère.

  • Pierre Fortin - Abonné 6 mai 2019 11 h 56

    L'incident est en soi révélateur de l'état de décrépitude de l'école québécoise


    L'élève, qu'on a depuis peu transformé en client, rechignant devant certaines façons de faire lui imposant labeur et dépassement de soi est une réalité quotidienne de l'école secondaire avec laquelle les éducateurs doivent composer, mais qu'il se permette de contester la compétence pédagogique de ceux-ci est une bravade adolescente qu'on devrait laisser s'éteindre d'elle-même plutôt que de s'y plier servilement.

    La question à l'examen de français de secondaire V, « Peut-on s’adapter aux changements climatiques ? », était destinée à mesurer la compétence à exprimer une opinion selon les règles du discours structuré. Et en cela, elle n'a pas démérité.

    Que les élèves soient désolés et surpris par la teneur de la question est une chose, qu'il s'en plaignent et exhalent leur frustration sur les réseaux sociaux est le propre de leur âge, mais que la plus haute autorité administrative en matière d'éducation, le Ministre, leur donne plus ou moins raison dans le but de les amadouer démontre bien l'érosion de l'autorité scolaire en matière de pédagogie, sinon son désarroi et sa décadence.

    La question est pourtant pertinente et concerne directement cette jeune génération qui devra faire preuve d'effort d'adaptation et de conviction afin de surmonter la plus grave crise environnementale de l’Histoire. Est-elle à ce point indigne de considération qu'on ait rien à répondre ?

    On peut refuser de répondre à ce genre de question qui nous déplaît, mais on ne pourra pas abdiquer en fermant les yeux sur ce qui nous attend tout en espérant que ça passe; et encore moins se réfugier dans la dépression en désignant des coupables pour réclamer justice.

    Voilà une autre belle occasion manquée de faire œuvre d'éducation.

    • Christian Roy - Abonné 6 mai 2019 22 h 10

      @ M. Fortin,

      Ce qui bouscule nos certitudes est de constater que les jeunes participent au débat, à leur manière. Il est plus que temps je vous dirais.

      D'autre part, la réaction du ministre est peut-être le signe d'un changement de perception des derniers de classe (la CAQ) vis-à-vis des dérèglements climatiques et de l'importance de la biodiversité.

      Est-ce là une feinte de leur part ? L'avenir nous le dira.

      Je vous répète qu'il existe un bris de confiance entre la jeunesse actuelle et les politiciens qui mènent la bal présentement. Je crois que ce sera aux adultes (à nous) de faire les premiers pas par rapport à un changement de cap réel.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 mai 2019 22 h 54

      Il existe un bris de confiance entre la jeunesse actuelle peuplée d'enfants rois et les politiciens? Difficile à croire...lol

    • Pierre Fortin - Abonné 7 mai 2019 10 h 36

      Il n'y a pas si longtemps, l'école demeurait la seule institution à préserver et à transmettre les valeurs fondamentales séculaires de notre société. L'évolution accélérée des mœurs que nous connaissons ne devrait pas conduire à leur extinction, i.e. l'extinction à terme de notre société qui a encore quelque chose d'original et d'unique à apporter au reste du monde.

      La nouvelle génération doit assurer la continuité. Espérons qu'elle fasse bien.