Se concerter pour sauver la vie de nos enfants

La mort tragique d’une petite fille de sept ans vient raviver l’urgence de s’occuper des enfants qui sont en danger. Il est facile de jeter la pierre à la DPJ, qui a vu le nombre de signalements augmenter de façon exponentielle depuis quelques années. Pour l’ensemble des intervenants dont le mode de fonctionnement, souvent en îlots, empêche de voir la globalité du problème, l’heure est à la concertation et à la définition des responsabilités de chacun.

Si ça prend un village pour élever des enfants, qu’en est-il pour assurer l’aide aux enfants qui ont besoin d’être protégés ? Il est urgent que l’école, la police, les hôpitaux, les intervenants sociaux et les proches travaillent main dans la main pour assurer un suivi auprès de la DPJ. Quand un policier constate qu’un enfant peut être en danger à la suite des querelles incessantes de ses parents, quand un enseignant voit que ce même enfant semble être victime de violences ou de mauvais traitements à la maison, quand un médecin observe que cet enfant a des blessures suspectes, quand la famille, les voisins ont des doutes sérieux concernant la sécurité de cet enfant, toutes ces personnes ont l’obligation de signaler la chose à la DPJ. Chacune de ces personnes devrait être imputable sous peine d’être accusée de ne pas avoir porté secours à une personne en danger.

Mais comment assurer le suivi de ce signalement ? Si toutes ces personnes ont bien fait leur travail, il sera facile pour les responsables du dossier à la DPJ d’avoir un portrait global de la situation et d’intervenir rapidement pour secourir cet enfant en détresse. S’il faut augmenter le nombre de ressources pour assurer la sécurité de nos enfants, qu’on le fasse. Un Québec fou de ses enfants ne devrait pas exclure ceux qui en ont le plus besoin.

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2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 3 mai 2019 07 h 35

    « Si ça prend un village pour élever des enfants »

    Quelle expression erronée. Meilleure façon de déresponsabiliser tout le monde et surtout les parents. On l’a entendu celle-là chez nos Autochtones parce qu'ils la mettent en pratique et on ne peut pas dire qu’ils sont le parangon de la vertu en ce qui concerne le traitement des enfants. Au Canada, 52% des enfants en bas de 15 ans qui sont placés dans des familles d’accueil sont autochtones. Disons aussi que l’Afrique n’est pas un modèle à suivre, enfants soldats obligent. Et à l’heure de l’hyper-individualisation de nos sociétés où les droits individuels outrepassent les droits collectifs, on n’est pas sorti du bois. Dans le cas de cette petite fille, plusieurs intervenants qui interagissaient avec elle et la famille auraient pu sortir de leur confort personnel et faire quelque chose hors des règles bureaucratiques. Mais il n’y avait personne, même pas ce directeur de la DPJ de l’Estrie, Alain Trudel, qui illustre bien cette bureaucratie dysfonctionnelle. Carrière personnelle d’abord, les autres ensuite même si on œuvre à protéger le public dont les enfants sont les plus vulnérables. C’est une honte collectif qui afflige tout le monde dans ce dossier.

    Mais ce sont les parents qui sont ultimement responsables du bien-être de leurs enfants. Point à la ligne. Il y a des parents qui ne devraient pas avoir d’enfants, et c’est bien illustrer dans ce cas.

    Ceci dit, on parle de 3 000 à 4 000 enfants au Québec qui sont dans une situation semblable à la petite fille. Si un enfant est à risque, pourquoi n’a-t-on pas intervenu hier? Cela, c’est bien plus important que toutes les maternelles 4 ans dont les budgets semblent gargantuesques et sans fond. Pardieu, l’école commence toujours à la maison.

  • Gaston Bourdages - Abonné 4 mai 2019 07 h 54

    Il y a effectivement monsieur Dionne...

    ....des ovules qui ne devraient pas être fécondés par des spermatozoïdes sauf que la vie, c'est aussi « ça ».
    Il m'est, un temps, arrivé de me demander s'il n'eût pas été préférable que « notre » maman se fasse avorter de moi ? J'ai médité cette réflexion de quatre mots qu'un de nos frères de sang, missionnaire à l'étranger à l'époque, avait lui-même médité lors d'une retraite fermée :
    « CE QUI EST,EST»
    Vaste monde que celui de la dualité chez l'Homme, chez tout être humain. Le côtoiement quotidien du beau et du laid m'habitant revêt, ;a l'occasion, certaines exigences dont celles, je dirais, personnifiables par des vertus, antonymes du vice.
    Dans et derrière la violence, celle de cette belle-mère incluse, il y a une histoire de vie et nous serions peut-être surpris voire décontenancés à en connaître certains chapitres. L'idée n'est pas d'excuser. L'idée est de comprendre. La violence s'explique. La violence ne se justifie pas. Ni au passé, ni au présent ni au futur.
    Si un jour vous aviez goûts de savoir, de connaître pourquoi, un très tragique jour dans la vie de gens, j'ai enlevé une vie, n'hésitez pas à me consulter.
    La violence est aussi une cochonnerie dont se servent des êtres humains. Cochonnerie composée de lâcheté, d'orgeuil et de vengeance pour ne nommer que ces vices. J'en témoigne.
    Mes respects
    Gaston Bourdages,
    Saint-Mathieu-de-Rioux, Qc.