Autisme et éducation

Force est de constater qu’il y a eu des progrès dans l’intégration des élèves autistes. Dans les années 1980, bon nombre d’entre eux n’étaient même pas diagnostiqués. Je suppose qu’on les percevait comme des enfants un peu étranges, ayant du mal à rester attentifs et n’étant pas faits pour les études.

Au pays, environ un enfant sur 66 a un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA). Mon fils Antoine en fait partie. Il termine présentement sa troisième année en classe ordinaire. Certains accommodements lui sont accordés : une accompagnatrice à ses côtés environ une heure par jour, plus de temps aux évaluations, etc. Il a de bonnes notes et s’entend bien avec ses camarades. Ses parents sont très fiers de lui !

Depuis une quinzaine d’années, mon métier de professeur m’offre la chance de côtoyer de jeunes adultes autistes. Il y a eu Simon, un génie du calcul mental qui est devenu l’un des participants les plus assidus de mon café philo. Et plus récemment Samuel, dont les dissertations étaient excellentes et qui vient souvent me piquer une jasette à mon bureau. Ce qui me frappe le plus chez ces étudiants — je pourrais multiplier les exemples — est leur intelligence et leur capacité à aborder les questions sous une perspective différente.

Malgré leurs belles forces, les élèves autistes doivent souvent mettre plus de temps et d’efforts pour en arriver au même point que les neurotypiques. Pour reprendre une image des spécialistes Brigitte Harrisson et Lise St-Charles, leur cerveau se compare à une boîte de transmission manuelle qui traite chaque bribe d’information une à la fois, de manière consciente. Les journées d’école sont donc très épuisantes pour eux, sans parler des devoirs. Peut-être que s’ils avaient la liberté d’aller à leur propre rythme et de bouger davantage, on sentirait moins le besoin de les médicamenter…

Le TSA se caractérise aussi par des intérêts restreints. Pensons à la Suédoise Greta Thunberg (mon idole !), qui, du haut de ses 16 ans, consacre sa vie à la lutte contre les changements climatiques. Bien sûr, l’école a pour rôle d’élargir les horizons en transmettant une riche culture générale. Or, pourquoi ne pas laisser les élèves autistes tourner le regard vers ce qui les passionne lorsqu’ils en ont envie ? Cela ne pourrait qu’accroître leur motivation.

Il faudrait consulter les personnes autistes pour savoir quelle serait l’école idéale à leur avis. On ne le répétera jamais assez : la neurodiversité est une richesse !

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