Pensée pour les sinistrés

En cette belle journée du lundi de Pâques, je pensais aux sinistrés des inondations qui se multiplient au Québec depuis plusieurs jours. La Journée de la Terre nous a rappelé les effets dévastateurs des changements climatiques. Nous sommes en train de vivre ce que plusieurs scientifiques prévoyaient depuis de nombreuses années.

Alors que je profitais du beau temps à l’extérieur, j’ai vu un arbre se faire abattre, des autos et des motos pétaradaient à qui mieux mieux et les déchets jonchaient nos rues et nos terrains. Il m’est venu alors cette image des manifestants du Jour de la Terre qui tournaient en rond, symbole de notre laisser-faire en matière environnementale. En effet, comment ne pas trouver la situation ironique, voire pénible et choquante, lorsqu’on constate que des personnes vivaient une situation difficile, dont un bon nombre aux prises avec des inondations à répétition provoquées par les changements climatiques, et tout à côté l’insouciance des gens qui coupent un arbre (qui joue un rôle si essentiel dans l’équilibre de la vie sur la planète, en particulier pour les humains), l’irresponsabilité des automobilistes qui modifient leur véhicule pour faire le plus de bruit possible (aucun souci pour l’environnement ni pour la pollution sonore qu’ils nous imposent !) et l’inconscience de certains qui jettent leurs déchets par terre (il s’est construit récemment un restaurant rapide pas très loin de chez nous et nous sommes témoins de l’augmentation de la saleté qui s’accumule dans notre quartier…).

Si nous sommes vraiment sérieux (ce dont je doute étant donné ce que je viens de vous décrire…), il nous faudra déployer beaucoup d’efforts en modifiant notre manière de vivre et nos mentalités pour observer un réel impact sur les changements climatiques et l’environnement. Nous avons un énorme défi devant nous. Il faut nous y attaquer sans plus tarder. Sinon, nous tournerons en rond jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Et ce moment catastrophique pourrait se produire plus rapidement qu’on le croit.

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2 commentaires
  • François Véronneau - Abonné 25 avril 2019 07 h 22

    Changements climatiques et bruits...

    M. Chartier, vous mettez le doigt sur le problème principal du réchauffement climatique: le comportement humain, nous tous! Vous êtes l'un des seuls (avec moi) qui abordez et considérez le bruit comme une source importante de pollution et de dérangement dans ce maelstrom de bouleversements naturels et sociaux. À quand le resserrement des normes de bruit pour les véhicules (tous) avec système d'échappement modifié pour faire, comme vous le dites, le plus de bruit possible. Sans parler des hordes de motos Harley-Davidson qui envahissent sans vergogne la campagne québécoise durant les belles journées, dans une grossière pétarade. Quel est ce lobby qui réussi à baillonner les autorités pour que soit toléré ces excès? À quand une police pro-active et un système de contrôle qui puisse interdire la vente des systèmes d'échappement bruyant? À quand des sanctions systématiques pour élimiter le bruit causé par les véhicules (modifiés).

  • Jean Richard - Abonné 25 avril 2019 09 h 55

    Salade un peu mélangée

    À mettre dans un même panier les inondations, le bruit, les arbres qu'on coupe, les déchets qui jonchent le sol et en assaisonnant le tout de changements climatiques, on risque de se retrouver avec une salade improvisée pas très nutritive.

    On admet volontiers que le climat change et que dans un futur plus ou moins lointain, des zones seront plus humides, d'autres plus sèches, et que des espèces animales et végétales devront s'adapter ou disparaître. Mais ces perturbations, à la fois naturelles et artificielles (provoquées par l'homme) sont les conséquences d'un comportement, pas les causes. Ainsi, les inondations ne sont pas causées par les changements climatiques. Elles sont, comme ces derniers, les conséquences d'une suite de comportements, plusieurs étant communs aux deux, d'autres spécifiques. Dans le cas des inondations, il est plus facile de parler de changements climatiques que de mettre le doigt sur la principale plaie : l'aménagement sauvage du territoire. On ne peut pas déboiser, artificialiser les rives des cours d'eau, supprimer les zones inondables, imperméabiliser de vastes étendues de terrain sans conséquences. C'est pourtant ce qu'on fait depuis des dizaines d'années.

    Les arbres que l'on coupe ? Combien de kilomètres carrés de forêt a-t-on supprimés pour alimenter notre hyper-voracité énergétique ? Des forêts rasées pour y faire passer des lignes à haute tension, des forêts submergées pour créer des réservoirs contenus par des barrages...

    Le bruit ? Ça n'a rien à voir avec les changements climatiques. C'est un sérieux problème d'éducation et de dérive sociale, avec comme toile de fond l'absence totale du souci de son entourage. Le je-me-moi triomphant ne s'embarrasse pas de tout ce qui est à la troisième personne.

    Et les déchets sur le sol ? Leur prolifération depuis quelques années est en grande partie attribuée au... recyclage, plus précisément aux méthodes douteuses de cueillette des matières récupérables. Vertueux le bac vert ?