On fonce à pleine vapeur dans le mur

Lundi, 22 avril, il fait un temps magnifique, les fonctionnaires bénéficient d’une journée de congé tout comme les étudiants, et c’est le Jour de la Terre. Une marche autour du parlement aura lieu. Les journaux nous ont appris que Québec a fait appel à l’armée pour venir en aide aux mêmes personnes qui année après année pataugent dans les mêmes zones inondables, que le metteur en scène Dominic Champagne, instigateur du pacte signé par plus de 270 000 personnes, se heurte au manque de volonté politique, mais que le projet de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay est vu d’un bon oeil par la CAQ.

Ils nous rappellent aussi régulièrement que les scientifiques du GIEC nous préviennent qu’à partir de 2030, des réactions en boucle risquent d’amplifier les catastrophes écologiques. J’ai à faire chez Archambault, le centre d’achat est bondé. Au retour, j’en profite pour faire un détour par la colline Parlementaire. Toutes les générations sont représentées à la manifestation. J’ai lu que 5000 personnes y participaient. La moitié me semble un nombre plus réaliste. On fonce à pleine vapeur dans le mur.

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5 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 25 avril 2019 07 h 41

    J’espère qu’Isaac Newton avait tort

    Ce ne sont pas des marches autour du parlement avec des gens venant des quatre coins du Québec qui ont utilisé des voitures et des camions pour arriver ou bien des étudiants du secondaire qui prennent le vendredi après-midi pour faire de l’école buissonnière qu’on résoudra l’équation climatique. Ce n’est pas en signant le Pacte, une opération qui ne veut rien dire à moins de vraiment pratiquer la simplicité volontaire. Curieux tout de même de savoir si Dominic Champagne pratique ce qu’il prêche mais j’en doute très fort.

    On n’a pas besoin de prendre connaissance que des réactions en boucle risquent d’amplifier les catastrophes écologiques, elles ont déjà commencées. Le phénomène sera graduel en suivant une courbe exponentielle pour aboutir à la catastrophe. Isaac Newton avait prédit la fin de l’humanité pour 2060.

    Ceci dit, qu’est-ce que les Québécois peuvent-ils faire devant un épiphénomène qui a pour cause la surpopulation d’où découlent la surconsommation et l’utilisation des produits fossiles? Même si tous les humains de la planète devenaient verts, cela n’empêche personne de détruire les écosystèmes marins et terrestres vu que la population mondiale est toujours en croissance. L’étalement urbain ou autre détruit la faune et la flore dont nous avons besoin pour survivre sur notre vaisseau spatial qu’est la Terre.

    Celui ou celle qui aura la réponse à la surpopulation sauvera la planète. Entre temps, la production de GES augmente, la pollution atmosphérique est pire comme elle n’a jamais été et nos écosystèmes disparaissent un par un. C’est plus facile de compter les Mt de GES que de calculer la folie des hommes. L’erreur n’est pas de la nature, mais de nous.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 25 avril 2019 13 h 40

      @Dionne

      Il faudra changer votre cassette : la planète pourrait s'accommoder de 12 milliards de Chinois, mais serait incapable de soutenir l'existence de 4 milliards de Québécois....

      Et oui, la vieille superstition de la surpopulation, si elle est souvent due à l'ignorance, peut aussi être un simple échappatoire, une raison de plus pour ne rien faire, vous voyez.

      En fait, tout véritable souverainiste est incapable d'utiliser comme argument le fait que "les autres le font pas, pourquoi nous" : que le Québec fasse ce qu'il peut, en recherche, en projet-pilote, en modification des habitudes sociales, etc. Nous avons un rôle historique, comme Occidentaux, dans le déséquilibre écologique actuel, et il n'est que naturel (du moins, pour un humaniste) de se préoccuper de ce qui en résultera, avec réalisme et responsabilisation.

      Heureusement que la génération montante en est consciente.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 avril 2019 15 h 33

      Cher Théberge,

      Bon. On imagine tous que celle des islamo-gauchistes est meilleure en parlant de cassettes.

      Ceci dit, parlons de chiffres. La Chine a augmenté ses émissions de GES par 4,7% en 2018. Elle émet maintenant plus de 12 500Mt par année. Le Québec, un gros 78Mt. Ce qui revient à dire que la Chine émet plus de 155 fois de GES que le Québec. Vous me suivez jusqu’ici? Et la Chine ne pourrait pas supporter 12 milliards de Chinois parce que ceci annonce la fin du monde et je vais demeurer poli. Vous respirez l’air vicié de leur atmosphère pollué présentement par qu’il est dilué dans le nôtre. Je sais que Québec solidaire est très fantaisiste dans ses projections, mais il faudrait revenir sur terre et avoir un peu moins de pensée magique comme pour leurs programmes économique et scientifique.

      Jacques-Yves Cousteau, le premier écologiste de la planète, l’avait dit dans les années 60 que la surpopulation était le problème numéro de l’humanité. David Suzuki a dit de même lorsqu’il affirmé que le Canada était plein et qu’on ne pouvait pas augmenter notre population si on voulait garder nos écosystèmes marins et terrestres intactes et vivants.

      Le Québec est un des pays développés occidentaux des plus écologiques de la planète. Mais ceci cadre pas très avec les politiques extrémistes de Québec solidaire puisqu’ils ont fait des changements climatiques, leur seule et unique raison d’être. Et pourquoi font-ils cela? C’est pour essayer d’embrigader les jeunes dans un mouvement dont la plupart décrocheront lorsqu’ils seront sur le marché du travail et fonderont une famille. Et il n’est-il pas curieux de voir les terrains de stationnement universitaires et cégépiens qui sont toujours plein à craquer de voitures de nos amis étudiants et écologistes? Oui, on peut compter sur eux parce qu’ils ont signé le Pacte. Franchement.

      Voici ce qui est à retenir pour le Québec. 0,1% des émissions de GES mondiaux et 0,1% de la population mondiale. L’équilibre écologique.

  • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2019 08 h 45

    La CAQ surfe avec le pétrole de l'Alberta deux fois plutôt qu'une.

    Ce parti appuie le projet de liquéfaction d'Énergie Saguenay, mais aussi celui de transport par train de Dolbeau-Mistassini à Baie-Comeau pour relier Winnipeg, au Manitoba, à ce port en eau profonde où il y aurait stockage de pétrole pour exportations. Voir : https://www.ledevoir.com/societe/environnement/551469/un-nouveau-projet-ferroviaire-sur-la-cote-nord-faciliterait-l-exportation-de-petrole-de-l-ouest.

    Aussi, le gouvernement caquiste fragilise-t-il le Québec dans sa lutte pour protéger la planête terre et s'aligne plutôt, comme le Canada, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick, à s'engluer de plus en plus dans un prétrole sale ultra-polluant. Qui plus est, il a en vue un horizon vers lequel refuse de s'aligner de plus en plus de pays.

    Sous cet angle, le gouvernement Legault, qui bénéficie actuellement d'un sursis, s'annonce un complice aux dérives actuels en avançant à tâtons alors qu'il importe dès maintenant d'aborder les défis que pose l'evironnement avec les pays qui s'y investissent sérieusement et de repenser les axes actuels de l'économie du Québec.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 25 avril 2019 10 h 53

    Le hic c'est qu'il est inutile de viser la production.

    Bloquez tout la production canadienne si vous voulez, il se brulera toujours un plus d'énergie fossile demain.

    Juste à voir les variantes d'une année a l'autre des approvionnement du Québec en énergie fossile pour comprendre que ce n'est pas demain que l'on va rendre l'offre "a sec".

    Ces grands appels à cesser la production ne peuvent se faire que parce que l'on a la certitude qu'on aura le toujours le même confort que procure ces énergies facile. Ainsi on se fait une belle jambe pour des vertus que l'on à pas.

    La seule façon de réussir une réduction des émissions de GES c'est de viser la consommation auquelle la production répond. Et là, bien sûr, c'est faire affront à la perpétuelle progression économique qui veut que demain on soit plus riche qu'hier.