Lettre à François Legault

Monsieur le Premier Ministre,

Le projet de loi 21 sur l’interdiction des signes religieux, à défaut de faire un large consensus, aura au moins le mérite de développer la langue française.

Pour illustrer différentes formes d’extrémismes, quelques choix s’offrent à nous. Au nom pour de grands idéaux et dogmes, l’Église catholique nous a laissé le terme « inquisiteur », souvenir d’une triste période du XIIIe siècle. Malheur à ceux qui ne pensent pas comme il faut.

Plus récemment, une autre grande religion monothéiste nous gratifiait du terme « ayatollah », aussi associé, dans la pensée populaire au moins occidentale, à une autre forme d’extrémisme et d’intolérance.

Votre parti, ne voulant évidemment rien emprunter à quelque religion que ce soit pour imposer une vision unique de la laïcité hostile à toute personne qui ne pense pas comme elle ou ne s’habille pas comme elle, aura le mérite de me laisser un nouveau mot dans mon vocabulaire : les « caquistes » de la laïcité.

Finalement, je trouve cocasse que, dans les dernières années, le discours le plus ouvert sur les autres, quelle que soit leur religion ou absence de religion, quelle que soit leur provenance géographique ou leur pauvreté économique, est celui d’un catholique bien connu : le pape François. Il ne se contente pas d’une mièvre « tolérance » aux autres, mais bien d’un accueil, d’une ouverture. Bref, rien de caquiste.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma honte et ma déception de vivre dans une telle société « laïque ».

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52 commentaires
  • Sylvain Rivest - Abonné 24 avril 2019 07 h 02

    Où va t-on?

    M. Vaillancourt, j’avoue ne rien avoir compris à votre lettre à m. Legault. D’entrée de jeu vous soulignez l’intolérance des religions face au non croyants. Et pour finir vous accusez le gouvernement québécois d’intolérance pour vouloir encadrer les groupes fanatiques, dont le dogme semble avoir aucune limite. Et par la bande vous mettez sur un pied d’escale le chef d’une église corrompue à tous les niveaux et qui baigne dans l’opulence depuis des siècles. Votre ambivalence me fait penser à un certain parti communautarisme dont les deux co-porte-parole aiment bien jouer sur tous les tableaux au gré des humeurs. Peut-être que la relecture du Refus Global pourrait vous aider à voir plus clair dans la position du Québec face aux religions. Ou encore, lire La Bataille de Londres de Frédéric Bastien pour mieux saisir la portée du multiculturalisme canadien?

    Sylvain Rivest

    • Christiane Gervais - Abonnée 24 avril 2019 10 h 17

      Je n'ai rien compris non plus à cette lettre plus que nébuleuse et je me demande vraiment en quoi elle a le mérite, alors que tant d'autres bien argumentées en faveur de la laïcité ont été refusées, d'être publiée dans les pages de ce journal.

    • Pierre Robineault - Abonné 24 avril 2019 17 h 46

      Je crois que Le Devoir vient de rendre un très mauvais service à ce monsieur en le publiant ! Et je n'ose pas comprendre pourquoi, en soulevant ainsi un autre de ses jupons.

  • Jean-François Trottier - Abonné 24 avril 2019 07 h 54

    La béatitude et l'ignorance

    M. Vaillancourt,

    Vous avez manqué un chapitre.

    Pardon, vous ne retenez que la dernière phrase du dernier chapitre d'une histoire qui en compte des milliers.

    François a été élu expressément pour une campagne de revamping du catholicisme. On a choisi quelqu'un d'externe aux grandes éminences Européennes, toutes plus ou moins entachées de scandales.

    La Vatican est actionnaire de Weltbild, maison d'édition allemande, second producteur de porno dans son pays.
    De Beretta, compagnie d'armement italienne.

    Les scandales sexuels suivis des scandales d'omission, sinon d'omerta, ébranlent l'Église dans tous les pays où elle est bien implantée.

    Quant aux scandales financiers qui couvrent la banque du Vatican, la supposée enquête annoncée depuis des années n'a toujours donné aucun résultat... On ne sait même pas si elle existe autrement que sur papier!
    Il relève directement de François d'en assurer la bonne marche et surtout de confesser ces crimes, comme tout pénitent catholique.
    François n'a pas vraiment un "extrême regret", c'est bien le moins qu'on puisse dire.

    Je puis remonter dans le temps, génération par génération et jusqu'au VIIème siècle. L'Église catholique a toujours traîné dans les pires arcanes de pouvoir qui soient : mafia, nazis, juntes, et nous n'en sommes pas à un siècle!

    L'Église n'a de leçon à donner à personne. Elle agit comme tous les idéologues extrémistes, bourrés de belles paroles et de belles intentions... pour demain, un demain toujours renouvelé qui ressemble beaucoup au Paradis après la mort.
    Et ils crient contre les péchés... des autres. Jamais les leurs.

    Ça n'a rien d'étonnant : tous les monothéismes sont totalitaires par essence. Comment faire autremement quand on prône q'une seule entité personnifiée gouverne l'univers dans son ensemble et jusqu'au moindre muon?
    Qui dit totalitaire dit "je ne puis me tromper".

    Vos trous de mémoire sont très éloquents merci.

  • Claude Bariteau - Abonné 24 avril 2019 08 h 04

    1, Le pape n'est pas à la tête du Québec.
    2. Ce pape est à la tête d'une institution qui prône l’œcuménisme, qui est une ouverture au dialogue pour contrer la violence.
    3. Le PL21 n'a rien contre l'accueil au Québec de personnes de diverses religions.
    4. Ce projet dit seulement que les signes religieux ont leur place dans les lieux publics, mais pas dans les institutions de l’État par respect pour les citoyens et les citoyennes qui paient des taxes et reçoivent des services.

    Ne pas comprendre ça conduit à transformer les institutions de l’État en des lieux qui donnent priorité à des expressions religieuses qui contrent celle d’un « vivre ensemble » respectueux de tous.

    Le pape reçoit des gens de diverses religions et ne permet pas à ses employé/e/s d’exprimer d’autres signe religieux que ceux associés au catholicisme romain. Il ne le permet pas parce que cela irait à l’encontre de ses vues de sa religion. Il s’agit d’une règle de base pour affirmer un ordre religieux.

    Dans un État de droit qualifié de démocratie représentative, nous sommes à l’intérieur d’une institution qui, relevant des hommes et des femmes, qui n’a rien à voir avec une institution religieuse et rien n’empêche ces hommes et ces femmes d’établir des règles limitant le port de signes religieux par ses employé/e/s dans ses institutions.

    L’État et ses institutions ne sont pas un sous-produit religieux, mais un ordre publique qui a pour responsabilité d’assurer un « vivre ensemble » qui affirme cet ordre via des règles politiques dans le respect des citoyens et des citoyennes.

    À l’évidence, vous ne comprenez pas ce qui est en cause.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 24 avril 2019 08 h 18

      @Claude Bariteau - Abonné 24 avril 2019 08 h 04

      Vous dites : "Ne pas comprendre ça conduit à transformer les institutions de l’État en des lieux qui donnent priorité à des expressions religieuses qui contrent celle d’un « vivre ensemble » respectueux de tous"

      Les religions ne contrent pas le 'vivre ensemble' respectuteux de tous, bien au contraire. Votre argument ne tient pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 avril 2019 08 h 23

      Bien d'accord avec vous M. Bariteau. Ce n’est pas la CAQ qui a demandé un minimum de laïcité dans la sphère publique, c’est le 75% des Québécois qui en on fait la demande explicite. Ils en ont ras-le-bol de ces accommodements déraisonnables partout et en plus dans les salles de classe. En fait, les Québécois demandaient beaucoup plus de ce que la CAQ a proposé dans son projet de loi 21.

      Enfin, citer le pape François et la religion catholique comme exemple d’ouverture, eh bien, il ne faut pas être gêné. Où était M. Vaillancourt durant les innombrables scandales de pédophilie qui éclatent à tous les jours qu’ils ont toujours cachés? Et où était le pape François dans tout cela à part de faire des petites réunions pour ne rien dire?

      Les Québécois se sont affranchis des religions durant la Révolution tranquille; maintenant l’hydre essaie de revenir via l’immigration. Non merci. Le véritable mystère des religions se retrouve dans le fait qu’il y a encore des adeptes qui carburent aux superstitions, résurrection oblige.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 24 avril 2019 08 h 51

      Merci, M. Bariteau.

      Nicole Ste-Marie

    • Claude Bariteau - Abonné 24 avril 2019 12 h 21

      Mme Chabot, l'État de droit n'est pas un État qui prônent l'oecuménisme, qui est une lecture religieuse de l'ordre mondial. or, l'ordre religieux a été contré, depuis 1648, par une entente entre des États souverains.

      Je note que vous ne comprenez guère plus que l'auteur que l'ordre politique est distinct des ordres religieux. S'il s'y insère, comme aux États-Unis, au Canada et dans plusieurs pays, c'est que le politique lui demeure redevable.

      À lire votre commentaire, je note que tel est votre lecture.

    • André Joyal - Inscrit 24 avril 2019 12 h 34

      Mme Chabot: Faut le faire! S'en prendre à M. Bariteau au prétexte que son argumentation ne tiendrait pas.
      Je vous en prie, chère madame, dévoilez votre argumentation et nous jugerons la vôtre à notre tour .

    • Cyril Dionne - Abonné 24 avril 2019 12 h 52

      Ah ! « ben » coudonc Mme Chabot, c’est tout le contraire. L’argument de M. Bariteau est clair et limpide. Peut-être, et on dit peut-être, que si vous enleviez votre voile, vous pourriez voir et lire mieux?

      Pardieu, les religions pratiquent le vivre-ensemble en autant que ce soit leurs valeurs antisociales, leurs dogmes, leurs pratiques et leur doctrine qui priment. Elle est où la communion sociétale avec ces croyances médiévales? Elle est où? Sinon, comme des enfants de quatre ans qui croient encore aux amis imaginaires, la crise de « bacon » n’est pas loin. Ils iront même jusqu’à accuser les gens de racisme, de xénophobie, de fascisme et la cerise sur le sundae, de nazis voulant pratiquer le nettoyage ethnique.

      Et bravo à la CAQ et M. Legault de se tenir debout même si je n’ai pas voté pour vous. Je suis fier de ce gouvernement avec une épine dorsale.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 24 avril 2019 13 h 08

      @ Claude Bariteau

      Vous dites : « Je note que vous ne comprenez guère plus que l’auteur que l’ordre politique est distinct des ordres religieux. S’il s’y insère, comme aux États-Unis, au Canada et dans plusieurs pays, c’est que le politique lui demeure redevable. »

      Je comprends très bien, M. Bariteau.

      Pour moi, le plus grand danger pour la laïcité de l’État, à l’heure actuelle, ce n’est pas l’islam, c’est plutôt le fondamentalisme chrétien. Mais il est possible qu’un hurluberlu musulman ait l’idée d’imposer la Charia au peuple, alors pourquoi ne pas s’efforcer de contrer cette menace potentielle également, tant qu’à y être, je ne suis pas contre.

      Le problème est que le projet de loi de 21 ne fait rien pour contrer cette menace. En effet, un chrétien fondamentaliste ne porte pas de signes religieux particuliers, s’il ne fait pas partie du clergé catholique (ceux-ci portant une petite croix pour se différencier des « laïcs »). Un musulman non plus. La barbe n’est pas considérée comme un signe religieux selon le projet de loi. Il peut s’habiller à l’occidentale, cela n’est pas interdit.

      De plus, le PDL 21 se concentre principalement sur l’exécutif. Or, le vrai danger concerne le pouvoir législatif et judiciaire et non le pouvoir exécutif. Là aussi, le projet de loi 21 fait complètement fausse route à mon avis.

      Ce que l’auteur essaie de dire est que l’objectif de ce projet de loi est ailleurs. Que c’est une tentative de répression des croyants. Et franchement, je ne peux pas écarter cette possibilité, bien que l’on ne sache pas quelles sont les intentions des personnes. J'ai l'impression qu'il y a une sorte de volonté de vengeance sur les croyants en raison des exès de l'Église catholique au Québec. Personnellement, je n’aime pas ce genre de textes calomnieux, mais il permet de nous faire réfléchir.

    • Claude Bariteau - Abonné 24 avril 2019 16 h 03

      M. Chabot, vos précisions vous font honneur. Par contre, il y a trois points que je n'arrive pas à bien comprendre.

      1. Vous faites écho au « fondamentalisme chrétien ». À quoi référez-vous ? Le PL21 affirme la laïcité comme principe à la base des activités de visibilité de l'État. Il n'est pas dans la logique d'un quelconque fondamentalisme religieux.

      2. Le PL21, dites-vous, se concentre sur l'exécutif alors que le vrai danger est le pouvoir législatif et judiciaire.

      Là je ne partage pas vos vues. Le pouvoir législatif dans une démocratie représentative est le pouvoir de voter des lois en respectant les règles qui en assurent la légalité et la légitimité.

      Quant au pouvoir exécutif, il doit appliquer les lois. Il existe un problème s'il déborde cette responsabilité. Enfin le pouvoir judiciaire n'existe pas pour voter des lois ni les appliquer, pas plus d'ailleurs pour instaurer des règles nouvelles par jurisprudence. Il voir au respect des lois dans l'application. J'aimerais savoir pourquoi vous accordez votre bénédiction au pouvoir exécutif.

      3. Une « sorte de vengeance », dites-vous. Il serait plus approprié de parler d'une inquiétude à un retour à la période de l'histoire entre 1845 et 1960, Aussi du désir d'éviter d'avancer de reculons, ce qui semble la démarche prisée pour le Québec par le Canada, ce qui l'incite à bâillonner son affirmation politique.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 24 avril 2019 17 h 19

      @ Claude Bariteau

      Je vais vous donner un exemple afin d’illustrer mon point de vue : l’avortement.

      Admettons que les autorités religieuses (que ce soit catholiques, protestantes, musulmanes, juives, sikhs ou autres) disent que l’avortement est interdit par Dieu, alors que la loi de l’État laïque dit que cela est permis. Il y a, dans ce cas, un confit entre les deux législations : la législation divine et la législation laïque.

      Afin de préserver la laïcité de l’État, il faut s’efforcer d’empêcher que les croyants (ceux qui considèrent que la Loi divine est au-dessus de tout et qu’elle doit être imposée à la population) prennent le contrôle du parlement ou du judiciaire afin de rendre l’avortement illégal, en conformité avec leurs croyances. Car s’ils le font, la Loi divine aura alors pris le dessus sur la loi humaine, En effet, dans ce cas, le législateur (ou le juge) se sera basé sur une autre source du droit. Il ne se sera pas fondé sur la raison humaine (qui est la source du droit dans un État laïque), mais sur la volonté de Dieu. C’est donc le législatif est le judiciaire qu’il faut protéger.

      Quant à l’exécutif, il ne fait qu’exécuter les lois. Le fonctionnaire est non seulement soumis aux lois, règlements, programmes, exc., mais en plus, il est étroitement surveillé, de sorte que s’il n’exécute pas son travail correctement, il peut se faire congédier.

      Contrairement à un simple fonctionnaire, il n’est pas si facile de congédier le premier ministre ou un juge de la court suprême. Le PDL 21 ne prévoit aucun mécanisme à cet effet, de même qu’il ne prévient pas les croyants de prendre le contrôle de ces pouvoirs.

      On voit ce problème aux États-Unis présentement, mais comme le christianisme n’est pas une religion qui est aussi stricte que l’islam, beaucoup de gens ne s’en rendent pas compte. C'est la raison pour laquelle j'ai dit que cela est peut-être plus évident pour les musulmans.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 avril 2019 17 h 48

      Chère Mme Chabot,

      Dans votre grande monarchie constitutionnelle qu’est le Canada et de facto le Québec, les pouvoirs législatifs et exécutifs sont les mêmes et sont interchangeables. Idem pour les pouvoirs judiciaires parce que le premier ministre nomme ses amis pour devenir juges. Si vous n’aimez pas, alors que le Québec devienne une vraie république. Là, vous savez ce que vous avez à faire lors du prochain référendum.

      Entre temps, le projet de loi 21 va passer et les signes ostentatoires ne seront plus permis dans plusieurs endroits dans la fonction publique incluant les écoles tout comme pour ceux des Punks qui ont aussi une croyance sincère. Le soleil se lèvera le lendemain matin après que la loi soit votée et devienne en vigueur et tout sera pareil. Il n’y a aucune répression à part de celle que vous envisagez dans votre tête ou sur votre tête. Il n’y a aucune vengeance; la loi 21 est la continuité naturelle de la Révolution tranquille, humanistes du siècle des Lumières que nous sommes obligent.

      Pour les fondamentalistes chrétiens, vous vous trompez tout simplement de pays. Au Québec, ils sont très dociles, mais on ne peut dire de même pour plusieurs islamistes au Québec, Adil Charkaoui oblige.

    • Céline Delorme - Abonnée 24 avril 2019 19 h 05

      D'accord avec Monsieur Bariteau.
      Monsieur Rosaire illustre bien que la question religieuse est une émotion et ne répond pas à la logique.
      Cette lettre très amusante démontre que l' imagination Humaine n'a pas de limites pour inventer des raisons logiques justifiant sa croyance.
      Monsieur Rosaire nous explique très sérieusement que les religions ont causé beaucoup de malheurs à travers les âges, donc (conclut-il) nous devons suivre l'avis du pape François et conserver une place importante aux religions dans la société civile. Ne cherchez pas la logique, c'est du sentiment et de l'émotion humaine pure.
      N'oublions pas que les convaincus laïques, dont je suis, ont aussi leurs émotions, et ne sont pas toujours logiques.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2019 08 h 18

      1. Mme Chabot, votre exemple éclaire peu. Que les religions disent non et l'État laïc oui à l'avortement, il n'y a pas un conflit entre deux législations. Les religions sont de l'ordre de la croyance alors que l'État référe à des droits.

      2. Un État de droit laïc n'est pas un État religieux, c'est-à-dire un État dans lequel l'ordre divin prévaut su l'ordre humine. Aussi, dans un État de droit, si des croyants en prennent le contrôle au nom d'une religion, l'ordre humain est aboli. C'est possible, mais ce sont les personnes qui les élisent qui changent l'ordre humain de sorte que les citoyens et les citoyennes vont s'opposer à l'abolition de l'ordre humain.

      3. La suite de votre propos laisse entendre que, dans le contexte présent, les « croyants catholiques » ne se rendent pas compte de ça alors que, pour les « croyants musulmans », ce serait plus évident.

      4. La conséquence de votre avancée, c'est que nous serions dans un conflit de valeurs dont les « croyants musulmans » chercheraient à tirer avantage, d'où la nécessité, à vos yeux, pour un État de droit de s'en prévaloir par des lois.

      5. Cela reviendrait à dire que les « croyants musulmans » seraient en guerre pour des motifs religieux contre des citoyens et des citoyennes d'un État laïc.

      6. En quelque sorte que les « croyants musulmans » seraient en mission divine pour jeter par dessus bord l'État de droit dont les fondements remontent aux Traités de Westphalie en 1648 pour contrer l'empire romain.

      7. Or, l'ordre mondial actuel n'est pas questionné par des religions, mais par d'autres intérêts qui recourent à l'occasion aux religions pour établir leur hégémonie et asservir les États de droit.

      8. Tout ramener à des guerres de religion banalise les conflits actuels entre des puissances politico-économiques dans un univers humain en redéfinition. J'imagine que vous ne pouvez pas le voir parce que vous analysez cet univers sur des bases religieuses.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 25 avril 2019 12 h 17

      @ M. Bariteau

      Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2019 08 h 18

      Je vais vous répondre point par point, si vous le permettez.

      Vous me dites : "Mme Chabot, votre exemple éclaire peu. Que les religions disent non et l'État laïc oui à l'avortement, il n'y a pas un conflit entre deux législations. Les religions sont de l'ordre de la croyance alors que l'État référe à des droits".

      Oui, il y a conflit entre la source du droit. Dans un cas, la source du droit est la volonté divine (présumée, si vous voulez) et dans l'autre cas, la source du droit est la raison humaine.

      Il n'y a pas de problème à ce que des religieux participent au débat politique et discuttent, dans un État laïc, de l'interdiction de l'avortement, mais cela doit se baser sur une argumentation logique et rationnelle. Les religieux ne peuvent pas dire, par exemple, l'avortement est une interdiction religieuse, donc cela doit être interdit.

      Si telle est leur opinion et qu'ils prennent le pouvoir, puis qu'ils imposent cette l'interdiction en raison de leur foi, on est plus dans un État laïc. Peu importe que l'on soit en démocratie ou pas.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 25 avril 2019 12 h 54

      @ M. Bariteau

      Vous dites : «Si des croyants en prennent le contrôle, au nom d’une religion, l’ordre humain est aboli. C’est possible, mais ce sont les personnes qui les élisent qui changent l’ordre humain de sorte que les citoyens et les citoyennes vont s’opposer à l’abolition de l’ordre humain ».

      Nous ne vivons pas dans une simple « démocratie », c’est ça que beaucoup de gens ne comprennent pas. Nous vivons dans une « démocratie libérale ». Les citoyens ne peuvent pas décider de tout ce qu’ils veulent, et ils ne peuvent pas changer profondément la nature du régime politique.

      Vous savez, Hitler a été élu démocratiquement, et il a modifié la nature de l’État. Celui-ci était une démocratie libérale et il en a fait un État fasciste. Ça demeurait un "ordre humain'. Ce n'était pas un 'ordre religieux'. La même chose pour le communisme, ce n'est pas un 'ordre religieux', c'est un 'ordre humain'.

      Il doit y avoir des garde-fous pour empêcher que quelque chose de semblable se reproduise. Les gens ont peur, qu'ils aient raison ou pas, pourquoi ne pas leur donner satisfaction. C'est mon point de vue.

      Mais à mon avis, non seulement, l’influence religieuse doit être contenue, mais aussi, les autres influences, et en particulier, l’athéisme totalitaire. Ils sont, selon moi, les deux plus grandes menaces à l'heure actuelle. Le fashisme est dépassé.

      Si je dis l’athéisme totalitaire, je parle de ces athées qui veulent abolir toutes les croyances religieuses au profit de leur vision du monde. Ce ne sont pas tous les athées qui pensent de la sorte, mais il y en a une frange très active et agressive.

      Admettons qu’ils prennent le pouvoir et qu’ils interdisent graduellement la pratique de la religion. Moi, ça me fait peur. Le fondamentalisme religieux me fait peur aussi, en tant que musulmane, parce que les chrétiens ne reconnaissent pas Muhammad en tant que Prophète et ils ne reconnaissent pas l’islam en tant que religion. Ils constituent également une menace poten

    • Suzanne Chabot - Inscrite 25 avril 2019 13 h 07

      @ M. Bariteau

      Vous dites : « La suite de votre propos laisse entendre que, dans le contexte présent, les “croyants catholiques” ne se rendent pas compte de ça alors que, pour les “croyants musulmans”, ce serait plus évident »

      Oui. Je dis cela parce qu’il est possible à une personne comme le président des États-Unis de se dire croyant tout en maintenant qu’il n’est pas nécessaire selon lui d’interdire l’homosexualité (qui est, je dois le rappeler, un péché pour les chrétiens fondamentalistes). Autre exemple, aux États-Unis, un chrétien fondamentaliste peut être nommé à la tête de la Cour suprême sans pour autant chercher à interdire l’avortement (ce qui est interdit également par leur religion).

      On peut donner de nombreux exemples, aussi, ici, au Canada, Stepen Harper qui n’a pas interdit l’avortement ni l’homosexualité.

      Il en est ainsi parce que la foi est devenue plus un moyen de rassembler les gens, de former un groupe, d’appartenir à une communauté qu'autre chose. On se sert de la foi afin de rassembler les troupes, de galvaniser les électeurs, de leur donner un sentiment d’appartenance à un parti, mais dans les faits, cela a très peu d’impact sur la législation qu’ils vont proposer et les décisions qu’ils vont prendre.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 25 avril 2019 13 h 18

      @ M. Bariteau

      Vous dites : « La conséquence de votre avancée, c’est que nous serions dans un conflit de valeurs dont les “croyants musulmans” chercheraient à tirer avantage, d’où la nécessité, à vos yeux, pour un État de droit de s’en prévaloir par des lois. Cela reviendrait à dire que les “croyants musulmans” seraient en guerre pour des motifs religieux contre des citoyens et des citoyennes d’un État laïc en quelque sorte que les “croyants musulmans” seraient en mission divine pour jeter par-dessus bord l’État de droit dont les fondements remontent aux Traités de Westphalie en 1648 pour contrer l’Empire romain. »

      Je ne dis pas ça du tout. Je dis seulement qu’il y a conflit entre les sources de la législation et que, si l’on veut séparer la religion de l’État, il faut s’assurer de l’allégeance du premier ministre et des juges à la loi humaine.

      Je propose cela, ce n’est pas parce que je pense que les musulmans sont en guerre et veulent prendre le contrôle de l'État, je dis cela, simplement parce que les gens ont peur, et ma foi, pourquoi ne pas les rassurer, et cesser cette paranoïa qui nous déchire collectivement une bonne fois pour toute.

      Les musulmans n’ont aucune ambition de prendre le pouvoir, donc cette concession ne ferait que consolider un ordre existant. Il serait facile à obtenir. Cela ne les empêcherait pas de participer au processus politique, commes le représentants des autres religions et idéologie dans la mesure où leur argumentation se fonde sur la raison humaine.

    • Suzanne Chabot - Inscrite 25 avril 2019 13 h 20

      @ M. Bariteau

      Vous dites : "Or, l'ordre mondial actuel n'est pas questionné par des religions, mais par d'autres intérêts qui recourent à l'occasion aux religions pour établir leur hégémonie et asservir les États de droit. Tout ramener à des guerres de religion banalise les conflits actuels entre des puissances politico-économiques dans un univers humain en redéfinition. J'imagine que vous ne pouvez pas le voir parce que vous analysez cet univers sur des bases religieuses".

      Je suis tout à fait d'accord avec vous. Je vois bien tout cela, je ne suis pas aveugle.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2019 23 h 18

      Vous présentez cinq commentaires.

      Sur le cinquième, vous vous dites d'accord avec moi. Ça termine bien le tout.

      Sur le quatrième, je ne vois pas comment s'assurer, dans un État de droit démocratiquement fondé, de l'allégeance du PM et des juges puisqu'ils doivent respecter l'État de droit, la démocratie et les lois. Le faire parce que les gens ont peur et qu'il faille les rassurer implique uniquement que des comportements abusifs de la part des chefs d'État et de juges puissent être objets d'accusations et de destitutions.

      Sur le troisième, vous référez aux États-Unis et au Canada pour signaler un problème entre le fait d'être croyant et d'accepter des règles de droit à l'encontre de ses croyances. Il s'agit de deux ordres de valeur qui ne sont pas sur un pied d'égalité, ce qui explique qu'un chef d'État doit d'abord faire respecter les règles de droits. Ce point complète mon deuxième commmentaire.

      Sur le deuxième, vous mettez en relief des moments du facisme et du communisme. Comme vous le notez, il s'est agi de dérives découlant de processus qui ont pris forme en Russie, en Allemagne, en Chine, en Italie, en Espagne, aux États-Unis et dans plusieurs autres pays, dont le Canada. Des gardes-fous sont imaginables. Leur application implique que les États souverains abondonnent certaines de leurs prérogatives. Pour que ça se fasse, il faut un accord entre eux en redéfinissant le Conseil de sécurité des Nations Unies.

      Dans ce deuxième texte, vous faites écho à un athéisme totalitaire. Je partage votre aversion et celle que vous avez envers tout fondamentalisme religieux. Par contre, s'agissant de la reconnaissance des pratiques religieuses musulmanes, ce n'est pas une affaire de chrétiens mais d'États dans lesquels vivent des musulman/e/s pratiquant/e/s.

      Sur le premier, un droit n'est pas une obligation contraignante. Il implique des lois, des personnes qui les appliquent et des juges qui sanctionnent. Pas une obligation religieuse.

  • Gilles Bousquet - Abonné 24 avril 2019 08 h 37

    Rosaire, Rosaire, Rosaire...

    Protecteur des Islamistes, Allah vous rend grâce.

    • André Joyal - Inscrit 24 avril 2019 12 h 36

      M. Bousquet : laissez-le dire son rosaire en paix oui, 3 chapelets. Ça occupe son homme! Et que d'indulgences ainsi mises en banque. Ce type de lecteur va me manquer (sourire).

  • Claire Dufour - Abonnée 24 avril 2019 08 h 43

    Bravo M.Bariteau

    Trop de ces affirmations gratuites sont véhiculées sur PL21. Merci de rectifier les pendules et de les ajuster.