Merci, François-Marc Gagnon

Il affichait une « modestie presque comique », pouvait-on lire dans l’avis de décès du très respecté professeur et historien d’art François-Marc Gagnon. On ne pouvait dire plus vrai, pour peu que l’on souligne aussi sa générosité, son affabilité, sa bonhomie. Toutes qualités dont je voudrais ici témoigner.

Très impressionné par le personnage, son très grand savoir et ses vertus de communicateur surdoué, j’étais extrêmement fébrile le jour où je risquai de frapper à sa porte pour lui demander de but en blanc de lire et commenter un manuscrit que je venais de terminer, au sujet de la grande fontaine de Riopelle, La joute… Il faut ici savoir qu’accepter, gracieusement, de lire un manuscrit et de formuler par la suite un avis à son auteur, ça n’est pas un bénévolat nécessairement de tout repos ! Or, c’est en souriant que rapidement il acquiesça, sans hésiter, me laissant à court de mots, moi qui ne m’étais préparé que des phrases pour m’excuser de l’avoir dérangé…

Quelques jours plus tard, il me rappelait pour me remettre le manuscrit et formuler quelques commentaires encourageants. Ce qui me donna le culot, cette fois, de lui demander s’il n’accepterait pas d’en… signer la préface !. Le surlendemain, il me remettait son texte ! Puis, quelques semaines plus tard, il s’amenait au lancement du livre [...].

Son savoir profond et vaste, il laissait à son entourage l’impression de ne pas en prendre la mesure, de l’ignorer lui-même. [...] Sa modestie avait donc, oui sans doute, quelque chose de « presque comique » aux yeux de qui savait les vertus nombreuses de l’homme. Mais elle était aussi et surtout, pour l’amateur reconnaissant qui avait la chance exceptionnelle d’en bénéficier, fort émouvante.

Merci, François-Marc Gagnon. Et bon voyage.

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