Le port de symboles, signes et vêtements religieux par les enseignants

Me permettrez-vous de dire que je ne suis pas d’accord avec l’affirmation suivante de l’éditorialiste Brian Myles : « L’interdiction du port de signes religieux chez les enseignants est de trop » (13 avril 2019) ?

Dans les sociétés qui adhèrent à des documents fondamentaux comme la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte canadienne des droits et libertés, est-il exact qu’il est permis aux citoyennes et aux citoyens de nier l’existence de dieux, de ne pas croire aux mêmes dogmes que leur voisin, de penser que les religions et les sectes ne sont pas infaillibles, de ne pas être d’accord avec toutes les paroles et avec toutes les actions des religions ni avec celles d’hommes et de femmes de ces religions ? Si c’est exact, il serait logique que l’État s’interdise d’obliger les parents à accepter que leurs enfants écoliers ou écolières passent des heures, cinq jours par semaine, de septembre à juin, avec des enseignants manifestant, par un symbole, un signe ou un vêtement, leur appartenance à une religion, qu’importe ce qu’est cette dernière, qu’importe qu’elle soulève ou non des contestations dans la société.

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5 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 15 avril 2019 05 h 06

    Le droit des parents et des enfants de vivre dans un environnement sain

    La liberté de conscience comprend aussi celle des parents et des enfants. N'est-t-il pas incroyable que des personnes soient obligées de vivre dans un environnement où les idées religieuses ont préséance sur la vie civile? Comment les non croyants vont faire pour élever leurs enfants sans influence religieuse si leur enseignant leur disent le contraire en arborant un signe religieux qui dit le contraire.

    Le gros bon sens doit être la base de l'éducation.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 avril 2019 09 h 33

      Comme enseignant, je suis 110% d'accord avec vous. Si les enfants n'ont pas subi l'odieux acte de filiation (endoctrinement) à la maison, pourquoi devraient-ils le subir à l'école? Même si les gens qui portent le symbole de leur ami imaginaire préféré comme officiers de l'état laïc disent qu’ils ne font pas de prosélytisme, nous nous permettons d’en douter. Ils oublient que la symbolique visuelle et la communication non-verbale au primaire et secondaire sont cruciales durant l’apprentissage à l’école et que les enfants et adolescents, qu’ils le veuillent ou non, subiront ce symbolisme qui sera ancré dans leur tête, et ceci, pour le meilleur ou pour le pire. Et on est en droit de se poser des questions sur le professionnalisme de ces gens si leur croyance personnelle outrepasse la fonction qu'il exerce au sein de l'appareil étatique.

  • Pierre Robineault - Abonné 15 avril 2019 18 h 17

    Une idée, commen ça!

    Une religieuse, telle que nous avons connue "dans le temps", comme on le dit parfois, n'ayant pas quitté son ... costume d'antan, se présente, expérience à l'avant et diplômes universitaires en main, à une commission scolaire comme il y en a tellement en pénurie d'enseignants au Québec. Est-ce que tous seraient d'accord pour que l'on l'embauche dans nos écoles publiques?
    Dîtes-moi.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 avril 2019 23 h 15

      C'est une pénurie artificielle M. Robineault. Le Québec forme un nombre d'enseignant adéquat vis-à-vis sa population mais ce sont les conditions de travail qui amènent les gens à quitter le Québec pour aller enseigner ailleurs dans les autres provinces. 25% des enseignants des écoles françaises en Ontario sont des Québécois. Idem pour plusieurs écoles anglaises qui ont un programme d’immersion. Et que dire des autres écoles françaises et d’immersion dans le merveilleux ROC; les enseignants parviennent presque tous du Québec.

      Ceci dit, une religieuse telle que vous avez connue « dans le temps », si elle veut enseigner, eh bien, elle peut enlever son costume religieux.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 16 avril 2019 00 h 32

    « Est-il permis de nier l’existence de dieux?» (Roger Martel)

    « Est-il permis de nier l’existence de dieux?» (Roger Martel)

    « Si c’est exact, que l’État s’interdise d’obliger les parents à accepter que leurs enfants (vivent à l'école, dix mois par années pendant onze ans, sous l'autorité de croyants qui affichent ostensiblement leur ferveur religieuse)» (Roger Martel)

    Mais ! Monsieur ! L'État vous a déjà accommodé, en retirant les crucifix qui ornaient les murs des classes de l'école.

    C'est le bâtiment qui est laïc, et non pas le personnel.

    Que les enseignantes soient habillées en Mère Marie de l'Incarnation, que les instituteurs soient couverts d'ornements épiscopaux, que le concierge soit enturbanné avec poignard cérémoniel en bandoulière et que le directeur soit en vêtements liturgiques ne confère pas à l'école une vocation confessionnelle, en autant qu'aucune image pieuse et qu'aucun crucifix n'entachent les murs.

    Ceci dit, j'espère que pour vous aussi le dimanche des rameaux fut époustouflant. En France, du moins dans la Brie, les rameaux le dimanche ils les brûlent, mais encore faut-il voir la tête de ces rameaux-là: lilliputienne, rien à voir avec nos rameaux améliorés dopés aux hormones.