Réforme scolaire

Illustration: Le Devoir

M. Camil Bouchard, j’ai lu vos deux articles avec un grand d’intérêt. Mais, plutôt que de tout révolutionner, il me semble que l’on pourrait commencer par trois choses beaucoup plus simples et faciles à mettre en oeuvre.

Pour augmenter le nombre d’élèves en difficulté dans les écoles privées, ne pourrions-nous pas simplement leur donner la subvention que les écoles publiques reçoivent pour cette catégorie d’élèves en plus de la subvention de base pour chaque élève ? Il resterait les frais d’admission, mais la moitié de la solution serait trouvée.

Quant à l’accessibilité des projets particuliers dans les écoles publiques, il y a deux obstacles : les frais d’admission et la sélection selon le résultat scolaire (avoir 80 % de moyenne). Il est vrai que ces élèves, ayant moins d’heures de cours dans les matières obligatoires, doivent travailler fort et vite pour y réussir. Mais au lieu d’exiger un préalable de 80 %, ne pourrait-on pas simplement faire signer aux plus faibles une sorte d’engagement à augmenter leurs propres résultats scolaires ? [...]

Enfin, pour remédier au peu de participation des citoyens aux élections scolaires, ne pourrait-on pas les faire coïncider avec les élections municipales ?

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2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 23 mars 2019 09 h 31

    Bâtir sur ce qui existe plutôt que de faire des coupes à blanc

    M. Durand, je ne souhaite pas que le gouvernement contribue à la perpétuation du système d'éducation privé.

    Au contraire.

    Toutefois je tiens mordicus à ce que le passage du système doublé actuel à celui où le privé se débrouille tout seul se fasse tout en douceur.
    On parle d'enfants ou pire, d'adolescents!! :)

    Toute geste "coup de hache" est à bannir. Tout ce qui sera fait sans quelques essais suivis et documentés est voué aux pires des échecs, ceux très personnels des étudiants qui en resteront sonnés, comme d'autres qui ont vécu les différentes "révolutions éducatives" des 40 dernières années.
    Je suis informaticien de gestion. Les structures, ça me connait! Je sais surtout comment elles sont lourdes, et surtout quand on les change. Ça écrase du vrai monde ça.
    Ça va exiger 10 ans minimum, et je préfère 12 ou 15 en comptant les bancs d'essais et études subséquentes.

    Mais garder le privé ? Non. Inutile et élitiste.

    D'aillleurs, ce que vous dites est exactement ce qui exsite actuellement, ni plus ni moins. Ce ne sont pas des subventions mais des rétributions pour enseignement et éducation, que ce soit pour une clientèle normale ou spécifique.

    Le privé reçoit sa "juste" part du gouvernement, avec en plus la liberté de facturer les parents à merci et de choisir ses élèves, y compris ceux à besoins spéciaux, grâce à des campagnes bien orchestrées.
    Ce n'est pas ainsi que je vois une société qui doit permettre le plus de mobilité sociale possible, ce qui est totalement disparu des USA aujourd'hui grâce... au privé.

    Mais faut faire le passage en douceur, misère!

    C'est mon petit côté jardinier : on ne met pas la pépine là où le transplantoir fait la job.
    Et on ne met pas non plus tout son fumier du même bord.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 mars 2019 10 h 42

      M. Trottier, en Ontario où les écoles privées sont aussi rares que les victoires du CH en coupe Stanley depuis 2 000, il y a un système d’écoles privées sous l’égide d’écoles publiques. En plus de cela, c’est gratuit pour les parents. Les quartiers huppés ontariens ont la plupart de très bonnes écoles et rivalisent avec n’importe quelles écoles québécoises privées. Lorsque votre milieu socioéconomique est au-dessus de la moyenne et que les maisons se vendent à un million, eh bien, on ne verra pas beaucoup de gens de milieu modeste s’y établir. Alors ces écoles foisonneront d’élèves choyés où les retards académiques peuvent être comblés par des tuteurs privés parce que les parents en ont les moyens. En plus, ces écoles pourront se payer toutes sortes d’activités parascolaires puisque les parents seront très réceptifs à payer pour leurs enfants. Alors les voyages éducatifs en Europe pleuvent alors que dans les autres écoles, les enfants n’ont même pas de fournitures scolaires lorsqu’ils arrivent à l’école.

      Tout ceci pour dire que j’envie les écoles privées québécoises parce que le Québec a su les rendre abordables à monsieur et madame tout le monde. Et les résultats parlent d’eux-mêmes. Les écoles québécoises sont parmi les meilleures au monde (1ère pour les écoles francophones) et au Canada, elles sont en haut de la pyramide selon PISA. En fait, elles sont supérieures aux écoles ontariennes. Alors, au diable le nivellement par le bas et bonjour la sélection d’élèves basés sur les rendements académiques. Et il y aura toujours une ségrégation qui s’opère dans la salle de classe puisqu’elle n’est seulement le reflet de la société.

      Pour remédier au peu de participation des citoyens aux élections scolaires, faire coïncider avec les élections municipales est une fausse de bonne idée. Ils ont essayé cela en Ontario et les résultats étaient les mêmes. Que voulez-vous, personne ne vote dans les élections municipales et encore moins dans les élections scolaires.