Au-delà des intérêts partisans

Illustration: Le Devoir

L’automne dernier, j’ai fêté l’élection de Catherine Fournier, tout autant que celle de Catherine Dorion.

Car elles ont toutes deux un rôle à jouer dans la reconfiguration que l’urgence appelle. S’il est devenu prétentieux pour le Parti québécois (PQ) de continuer à se prendre pour le navire amiral, les leaders de la nouvelle génération doivent avoir l’intelligence de s’allier entre eux pour créer une nouvelle force politique qui réussira à réunir tous les indépendantistes, plus particulièrement les jeunes qui, politisés lors du printemps érable ou mobilisés par l’impasse climatique, ne se satisfont plus de demi-mesures.

Cette reconfiguration doit évidemment dépasser la création d’un nouveau parti politique, et ce, pour deux raisons. La première, c’est que la souveraineté n’est ni à droite ni à gauche, comme le clamait Bernard Landry, mais devant. C’est-à-dire qu’on peut la souhaiter, peu importe où l’on se situe sur l’échiquier idéologique, pourvu que l’on désire récupérer les outils d’un État souverain : soit celui de faire ses lois, celui de gérer son budget et celui de pouvoir signer des traités avec d’autres nations. La deuxième raison concerne les changements qui seront introduits par la réforme de notre mode de scrutin s’inspirant du modèle mixte allemand. L’introduction d’éléments de vote proportionnel dans la représentation électorale aura pour principale conséquence de rendre l’Assemblée nationale plus représentative des différents courants politiques qui traversent le Québec, comme toute société démocratique, obligeant alors ses députés à apprendre à travailler ensemble afin de donner préséance à l’intérêt commun. Ailleurs dans les pays qui ont introduit dans leurs moeurs électorales l’apport d’une représentation proportionnelle, ce sont de véritables coalitions qui exercent le pouvoir. Sous ce régime électoral mixte combinant vote proportionnel et scrutin « uninominal à un tour », ces coalitions s’avèrent stables, ne pensons qu’à l’Allemagne pour s’en convaincre. Toutefois, il faut un liant entre les partis politiques pour les inciter à se regrouper sous une même bannière. Au Québec depuis plus de 50 ans, ce liant potentiel existe. Vous l’aurez compris, il s’agit de la question nationale…

Cette transformation souhaitée de notre mode de scrutin ouvre donc la porte à un dépassement des intérêts partisans dans la recherche de la pluralité des voix requise pour débloquer notre avenir collectif.

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