La justice chez les Trudeau

Lors de sa conférence de presse du 7 mars dernier au sujet de l’affaire SNC-Lavalin, le premier ministre Justin Trudeau a cru bon de rappeler en ces termes sa fidélité aux valeurs de son père, ancien premier ministre du Canada : « Parmi les dossiers qui lui étaient les plus chers et qui le sont aussi pour moi, il y a le dossier de la justice. »

Ce rappel voulait sans doute rassurer le Canada anglais, majoritairement hostile à un accord de poursuite suspendu (APS) avec cette firme de Montréal, accord qui serait pourtant conforme au régime créé par le Parlement canadien en 2018, comme l’avaient d’ailleurs déjà fait les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Mais le « dossier de la justice » de son père n’est pas de nature à rassurer les Québécois. Le 16 octobre 1970, au milieu de la nuit, sous prétexte d’insurrection appréhendée, Pierre Elliott Trudeau invoquait la Loi des mesures de guerre pour faire arrêter environ 500 personnes innocentes sans mandat, sans accusation, sans jugement ; elles seront libérées après des jours ou des semaines, sans excuses, sans la moindre explication. Ces personnes étaient des syndicalistes, des artistes, des poètes, dont Michel Chartrand, Pauline Julien, Gaston Miron. Le sens de la justice, Trudeau père l’a peut-être manifesté à l’égard de différents groupes minoritaires, mais il l’a trahi à l’égard des nationalistes québécois.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 12 mars 2019 09 h 30

    Un oxymore

    Vous avez mentionné le nom de Trudeau et justice dans la même phrase. N’est-ce pas la définition même d’un oxymore? Difficile à voir dans cette affaire SNC-Lavalin qui est de nature claire et obscure.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 mars 2019 13 h 45

    Excellente lettre

    Bravo !

  • Claude Froment - Abonné 12 mars 2019 15 h 36

    question

    A lire votre commentaire m'est apparue cette question. Notre "bon" gouvernement fédéral est toujours prêt à donner des compensations financières aux gens qui ont subis des injustices. Mais qu'en est-il de nos Québécois qui eux ont également subi des outrages en cette période d'inquésition d'Octobre. A quand des excuses sincères ? Probablement jamais, tout comme des compensations quelconque, car il ne s'agit de QUÉBÉCOIS .