Retour des Canadiens de Daech

Le Canada fait face à un défi de taille au regard d’un retour éventuel des djihadistes de Daech emprisonnés en Syrie, de citoyenneté canadienne.

Il faut prendre conscience de cela : bien plus que des personnes radicalisées, ces hommes et ces femmes partis en Syrie sont des fanatiques, des soldats barbares, des combattants sanguinaires.

Actuellement prisonniers, ils sont «en mode survie» et adoptent les postures et attitudes adéquates pour engendrer chez les Canadiens des sentiments d’empathie et de compassion. Mais ils demeurent des fanatiques convaincus, empreints d’une vision inconditionnelle, prêts à tuer pour soumettre les « mécréants » que représentent, à leurs yeux, toute société démocratique et sa culture.

Les faire revenir au Canada, c’est mettre la population canadienne face à un danger d’une extrême dangerosité.

Même si ces atrocités ont été commises sur une terre étrangère, le Canada ne peut se permettre de ne pas considérer leurs actes comme des crimes contre l’humanité.

Des procès pour crimes contre l’humanité (loi 1994) ont déjà eu lieu au Canada. Le Rwandais Désiré Munyaneza a été la première personne condamnée. Jacques Mungwarere a également été arrêté et accusé en 2009, comme le criminel de guerre présumé Cristobal Gonzalez-Ramirez.

La justice canadienne a les outils appropriés pour juger les acteurs de ces barbaries, même si les crimes ne sont pas perpétrés sur son sol.

La loi sur les crimes contre l’humanité est une loi internationale. Et de fait, le Canada doit l’appliquer en tout et pour tout, à n’importe quel prix, contre ses ressortissants canadiens ayant rejoint Daech.

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10 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 11 mars 2019 00 h 43

    Vaudrait

    peut-être mieux les rapatrier que de les laisser dans le décor; mais ils (et elles) ne nous feront pas brailler sur leur «pauvre sort».

    • Cyril Dionne - Abonné 11 mars 2019 09 h 16

      Non, il ne faut pas les rapatrier. Ils ont commis leur crime sur le territoire de leur mythique Califat et donc, ils doivent être jugés selon les lois en vigueur des pays respectifs. C’est le même règlement pour tous ceux qui violent les lois des pays étrangers. Causez un accident à Cuba et vous allez vous apercevoir que vous risquez de passer beaucoup de temps à l’ombre dans un de leur site où tout n’est pas inclus. Et personne ne pleura pour eux si la justice est expéditive dans leur cas, eux qui sont responsables de massacre et de génocide.

      Laissons les gouvernements respectifs de l’Irak et de la Syrie régler leur compte. Ce n’est plus notre affaire lorsqu’ils ont délibérément violé les lois de notre pays pour aller faire tourner des AK-47 sur leur nez à l’autre bout du monde pour un régime sanguinaire. Ils se sont destitués eux-mêmes de leur citoyenneté, elle qui n’implique pas seulement des droits, mais aussi des responsabilités qu’ils ont occultées. Trahir ses semblables n’est pas une mince affaire.

      Maintenant, demandez-vous qu’est-ce qui serait arrivé si la situation avait été favorable pour eux? Si l’EI avait remporté une victoire décisive et avait bien implanté son Califat de malheur? Est-ce que ces mêmes gens nous quémanderaient la pitié ou le discours de l’endoctrinement? On peut en douter très fort. Et qu’est-ce qui nous dit que dans un futur proche, ils ne feront pas la même chose chez nous? Vous voulez dépenser des sommes énormes pour nous protéger d’eux? Les djihadistes sont une idée, et les idées ne meurent pas, elles sont seulement reléguer aux oubliettes. Et un djihadiste est et sera toujours un djihadiste.

  • Michel Lebel - Abonné 11 mars 2019 05 h 34

    Oui au rapatriement


    Je crois que les djihadistes canadiens et leur famille doivent être rapatriés et jugés au Canada. Pour des raisons de sécurité et d'humanité, j'estime que c'est la meilleure décision.

    M.L.

    • Michel Lebel - Abonné 11 mars 2019 10 h 07

      Ajout:

      J'ajouterais que les laisser entre les mains des autorités irakiennes et syriennes, c'est les condamner à des mauvais traitements et sans doute à la peine de mort. Étant opposé depuis fort longtemps à cette dernière et à la torture, je souhaite donc que ces djihadistes soient retournés au Canada. À la barbarie, il ne faut pas répondre par la barbarie.

      M.L.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 mars 2019 13 h 28

      Pas fort M. Lebel comme ancien professeur de droit constitutionnel à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université de Montréal. Vous devriez savoir que lorsqu’on commet des crimes dans un autre pays, ils ont juridiction sur vous et vous allez être jugé selon leurs lois. Le gouvernement canadien ne peut pas intervenir dans les affaires judiciaires d’un autre pays souverain. On sait tous que pour le présent gouvernement du Canada, la démarcation entre les pouvoirs politiques et judiciaires est très perméable, Trudeau et SNC-Lavalin obligent, mais dans la plupart des pays qui se respectent, cela n’est pas chose courante.

      Les crimes d’insurrection et de changement de régimes par la force sont très mal vus lorsque des étrangers s’immiscent dans les politiques intérieures d’un pays. Que vous le voulez ou non, les gouvernements de la Syrie et de l’Irak ont une certaine légitimité. Et ici, on ne parle même pas des crimes contre l’humanité tels que décrit par l'article 7 du Statut de Rome. Disons que dans leur cas, il serait préférable qu’ils soient dans des prisons kurdes.

      Alors, lorsque les dits gouvernements en auront terminé avec nos djihadistes mal-aimés, et s’il en reste encore quelque chose, alors vous pourrez mettre des pressions sur le gouvernement comme humaniste à la « Neville Chamberlain », afin de les rapatrier quelque part entre deux lacs d'une région boisée et montagneuse très appréciée au Québec.

      Cyril Dionne

    • Michel Lebel - Abonné 11 mars 2019 15 h 17

      @ Cyril Dionne,

      Vous me faites vraiment rigoler, M.Dionne! J'apprends de votre part que je suis un un humaniste à la ''Neville Chamberlain''. Pour l'humaniste,ça va, je prends le compliment... mais pour la référence à l'homme d'État britannique, je ne saisis pas. Je ne vois pas en quoi ma position en est une ''d'apaisement''! Je demande tout simplement que ''nos'' djihadistes soient jugés au Canada, ce qui ferait certainement l'affaire des Irakiens, des Syriens et des Kurdes. Votre position sur la question, M.Dionne, est celle du président Macron, soit souveraineté nationale oblige, et que le djihadistes soient jugés où ils ont commis leur crime. Une façon de s'en laver assez facilement les mains et de flatter un peu les orgueils nationaux. Les Français sont des maîtres dans cette façon de faire, depuis Richelieu...

      M.L.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 mars 2019 17 h 51

      Bon. Tout le monde est très content d'apprendre que vous pouvez rigoler. Pour la référence à Neville Chamberlain, vous l'expliquer enlève tout son cachet. C’est la magie de la référence que vous pourrez méditer entre deux lacs. ;-)

      En passant, je me fous certainement ce que M. Macron pense; il est en France et je suis français d'Amérique. Rien à cirer des Français. Mais la loi est la loi n'en déplaise à tous nos multiculturalistes qui s’ignorent. C’est la justice des hommes qui rattrapent nos illuminés islamistes maintenant. Les djihadistes, quel nom poli pour les islamistes, islam et sainte rectitude obligent. Aussi bien courir le marathon de Boston pour honorer la mémoire des victimes blessées et mortes au nom de l’idéal tordu des islamistes.

      Et que dire des crimes contre l’humanité ils ont commis au nom d’amis imaginaires et extraterrestres. Vous n’auriez pas de pitié pour les nazis mais vous avez certaines affinités humanistes pour les islamofascistes? Bon. Il y a même des fanatiques qui croient aux morts vivants, soit la résurrection. Oui, c’est vrai et nous sommes bien en 2019, n’est-ce pas?

  • Réal Gingras - Inscrit 11 mars 2019 08 h 13

    Que faire avec Daesh.

    Doit-on extrader dans un lieu isolé, sur une île froide du Nord du Canada, tous les membres de Daesh ? Je réponds oui. Ça créerait de l’emploi . Je sais déjà sur quelle île je les enverrais. Remarquez qu'on pourrait aussi les transférer quelque part sur l'île d'Ellesmere ou quelque part au large de Baffin.
    Pouquoi pas aussi tous les fichers S français en collaboration avec Saint-Pierre et Miquelon dans un partenariat franco-canado-québécois.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 11 mars 2019 10 h 28

    Je suis d'accord à 100 % M. Bévia

    https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/548511/lettre-la-voie-a-suivre

  • Yves Corbeil - Inscrit 11 mars 2019 11 h 45

    La raison derrière ces nouveaux visas pour visiter l'Europe dès 2021

    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-citoyens-americains-se-rendant-en-europe-auront-besoin-d-un-visa-a-partir-de-2021?id=10165533

    Qu'est-ce que l'on fait de nos repentis qui soudainement s'ennuient des libertés individuelles du plus beau pays au monde. Je suggère qu'ils se procurent un visa ETIAS auprès du pays où ils se trouvent et ensuite leurs dossiers seront transmis au ministère canadien qui les étudiera en fonction des besoins en main d'oeuvre des forces canadiennes qui peine à trouver une main d'oeuvre qualifié.