Malaise, animosité, haine des francos?

C’est une question que je me pose de plus en plus souvent face à un des deux autres peuples fondateurs du pays qu’on appelle le Canada. Je me sens, comme francophone, très souvent incompris, isolé, bafoué par la majorité anglophone. Et beaucoup de nouveaux Canadiens adoptent cette mentalité de la majorité. De là à vouloir un pays afin de pouvoir exercer un contrôle complet de nos institutions, afin que le gouvernement québécois puisse gouverner en prenant des décisions éclairées sans devoir se mettre continuellement à genoux et tendre la main pour obtenir l’aumône de « nos bons amis » d’Ottawa.

Alors que la loi le permettait, comment se fait-il que l’ancienne ministre de la Justice, au fédéral, n’ait voulu qu’aller en procès contre SNC-Lavalin, plutôt que d’utiliser la clause autorisant une entente à l’amiable ? Pour faire disparaître un fleuron de l’économie québécoise ? Son refus est un témoignage éloquent de l’attitude des anglophones envers le Québec ! Quand cesserons-nous de courber l’échine et nous assumerons-nous comme peuple dans un pays qui grandira, enfin, selon nos aspirations ?

Malheureusement, nous avons cessé de rêver. Nous préférons tendre la main pour recueillir quelques miettes.

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7 commentaires
  • Lucie Béland - Inscrite 8 mars 2019 08 h 32

    Deux solitudes

    Rien de nouveau sous le soleil canadien. Deux solitudes. Aussitôt que l'anglophone de l'ouest voit une opportunité pour nous écraser il saute sur l'occcasion. Il n'en rate pas une. Il faut tenir tête, ne pas plier l'échine. Vive le Québec Libre, comme disait l'autre.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 9 mars 2019 17 h 45

      on constate de plus en plus que les valeurs et les priorités du Canada ne sont pas représentatives de celles du Québec.

      Le Canada est sorti de la tête des Québécois. Le Canada aux deux peuples fondateurs est mort, grâce à l’intransigeance du Canada anglais envers les francophones depuis l’Acte d’Union, les centaines de Métis et de leurs descendants anglicisés de force, le règlement 17 en Ontario, et l’hypocrisie actuelle du bilinguisme de façade du régime canadien.

      Beaucoup de Québécois ne se sentent plus aucun lien avec ce Canada bancal, à part le fait de se faire siphonner la moitié de leurs impôts par un gouvernement va-t-en-guerre ( 5 milliards de $ venant du Québec pour la guerre en Afghanistan, 55 milliards de $ venant du Québec pour le nouveau programme militaire de Justin Trudeau). Des grasses subventions à l’industrie automobile en Ontario, et des pinottes pour les chantiers maritimes du québec

      Le Canada n’est pas UN vrai pays, il y a en réalité DEUX pays au nord du 45e parallèle.

      Deux langues, deux mentalités, deux pays.

      Se pourrait-il que le Canada (i.e. le ROC) ait un grand intérêt économique (sûrement pas amoureux) à conserver le Québec dans le Canada? Ce ne sont pas nos beaux yeux qui les attirent, mais nos immenses richesses naturelles. On se fait siphonner. Et pas à peu près.

      Vive le Québec républicain, pacifique, francophone et indépendant!

  • Bernard Dupuis - Abonné 8 mars 2019 11 h 03

    Un psycho-drame canadien révélateur

    Il est vrai que de nombreux « nouveaux Canadiens », vieux comme jeunes, adoptent une mentalité « canadianiste ». Cette mentalité est propagé par des personnes d’origine bien canadienne. Je pense à deux exemples que tout le monde peut observer et que l’on retrouve à la radio de Radio-Canada. Ainsi Patrick Masbourian et Manon Globenski, pourtant nés au Québec, semblent penser que la mission de Radio-Canada est d’exclure le point de vue québécois des ondes. En effet, Mme Globenski invite la plupart du temps à son micro des commentateurs provenant des autres provinces même lorsqu’il s’agit de commenter un événement qui touche spécifiquement le Québec. Ainsi, le point de vue québécois est pratiquement exclu de ses reportages. Le cas du psychodrame autour de SNC-Lavalin en est un bon exemple.

    Est-ce parce que les principaux acteurs de ce psychodrame sont incapables de s’exprimer en français, toujours est-il que la langue française est exclue des conférences de presse des ministres et des hauts fonctionnaires. Pourtant, il y a plusieurs Québécois capables de comprendre l’anglais qui pourraient donner un point de vue québécois de temps à autre.

    Enfin, les deux protagonistes québécois que sont Justin Trudeau et SNC-Lavalin apparaissent comme des « canadianistes » pathétiques. Ils sont trahis et méprisés par ceux et celles devant qui ils se prosternent depuis toujours. Ils sont prêts à tout endurer. Quand on connaît l’ascendant, fortement surévalué, que Trudeau possède auprès les « nouveaux Canadiens », vieux comme jeunes, faut-il s’étonner que la mentalité « canadianiste » supplante le point de vue québécois?

    Justin Trudeau fait passer son père pour un défenseur imminant de la justice. Toutefois, les « nouveaux Canadiens » ne savent pas qu’Elliot Trudeau a fait emprisonner près de six cents Québécois sans aucune forme d’accusations. Le pauvre Patrick Masbourian, même né au québec, passe ce fait sous silence.

    Bernard Dupuis, 08/03/2019

    • Bernard Dupuis - Abonné 8 mars 2019 13 h 16

      J'aurais dû écrire "un défenseur éminent de la justice". Je m'excuse.

  • Michel Lebel - Abonné 8 mars 2019 14 h 59

    Un silence qui a assez duré.


    Avant de tirer toute conclusion dans l'affaire SNC-Lavalin, il faudra bien savoir pourquoi la Directrice fédérale des poursuites pénales et l'ancienne ministre de la Justice ont réfusé un accord de réparation. Maintenant que Lavalin a été débouté de sa demande de révision par la Cour fédérale, les motifs de la décision de cette Direcrice doivent être rendus publics. De même aussi les motifs expliquant pourquoi la ministre de la Justice n'a pas renversé la décision de cette Directrice. Le silence a assez duré sur le pourquoi de ces décisions, à moins que des affaires judiciaires interdisent toujours de lever le voile. Quant aux Québec et Canada ''bashing'', ils ne semblent pas près de disparaître, certains humains étant ce qu'ils sont!

    M.L.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 mars 2019 23 h 59

      Vous avez raison, M. Lebel.

      Les motifs de la décision de la DPP doivent être rendus publics. Refuser de le faire, c'est affirmer la prépondérance du politique sur le juridique, ce qui a toujours été le cas dans l'affaire SNC-Lavalin.

      Ça n'a rien à voir avec le Canada « bashing », mais avec un blocage venant du BPM pour défendre les intérêts de SNC-Lavalin quitte à discréditer la Procureure du Canada si elle applique la loi.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 9 mars 2019 14 h 35

    Le chemin de Damas «a mari usque ad mare»

    Tous les Canadiens-français de culture française qui ont fréquemment voyagé ou durablement séjourné dans le ROC «a mari usque ad mare» y ont connu leur chemin de Damas…