Tellement juste

L’essence même d’une société de droit, l’essence même de la démocratie : audi alteram partem… Comment se fait-il que des étudiants en droit oublient cela ?

Et M. Trudel a parfaitement raison de dire qu’il s’agit de caprices : comment peut-on espérer une évolution de quoi que ce soit si dès le départ on censure le débat, car les « safe spaces » ne sont que cela : de la censure qui ne dit pas son nom.

Et comble de l’ironie, cette excellente chronique est publiée le même jour que l’article sur la diabolisation d’Olivier Bernard, le « Pharmachien » qui effectue un travail aussi rigoureux que nécessaire. Est-on comme société en train de glisser tête première dans un obscurantisme doublé d’une version moderne de l’Inquisition via les réseaux sociaux ?

Il est essentiel que les voix autorisées se lèvent et contrent ces discours ambiants tout aussi navrants qu’ignorants.

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10 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 6 mars 2019 01 h 21

    «les voix autorisées»

    C'est quand même étrange d'utiliser une expression aussi restrictive dans un texte qui s'élève contre la censure. Et, qu'elles sont les voix qui sont autorisées et surtout qu'elles sont celles qui ne le sont pas?

    • Michèle Cossette - Abonnée 6 mars 2019 12 h 47

      Je pense qu'il exhorte les directions d'universités à mettre leurs culottes. Et il a raison.

  • Hélène Gervais - Abonnée 6 mars 2019 06 h 09

    Vous parlez ....

    de quel sujet au juste m. le neurochirurgien?

    • Cyril Dionne - Abonné 6 mars 2019 08 h 41

      Vous n'avez jamais entendu parler d'appropriation culturelle, de discrimination positive et de racisme systémique Mme Gervais? Le "safe space", une importation américaine, cadre bien dans cette nouvelle rhétorique de la génération hyper-individualiste qui prient à l'autel de la très sainte rectitude politique en imposant une censure immonde, théocratique et raciste. On ne peut plus faire un débat d'idées à l'université de peur d'offenser un groupe en particulier. On désinvite des invités dans les universités de peur que leurs discours ne cadrent pas avec les préceptes pré-établis. Alors, c'est le bâillon pour tous. La Sainte inquisition moralisatrice a parlée.

      Misère, la grande noirceur a tombée. Les Lumières n'y sont plus.

    • Jean-François Trottier - Abonné 6 mars 2019 08 h 45

      En effet. Quoi que je fasse je ne réussis pas à faire le lien avec quoi que ce soit dans l'actualité, même peu récente.

      M. L'Espérance devait être tellement en colère qu'il a oublié de circonstancier celle-ci.
      Il a la salle, les infirmières, l'anesthésiste et les ustensiles, il a seulement oublié le patient...

      Et en passant, quand on décide soi-même se se dire "chien" pour "faire" les médias, faut s'attendre à se faire mordre.
      À cabot, cabot et demie.

    • Michèle Cossette - Abonnée 6 mars 2019 12 h 47

      De toute évidence, M. Lespérance commente la chronique de Pierre Trudel parue dans le Devoir d'hier.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 6 mars 2019 16 h 12

    Qui décide au Devoir?

    Quand on lit une telle lettre, qui traite d'un sujet si sybillin que personne, à part son auteur, ne semble y comprendre quoi que ce soit, on en arrive à se demander sur quels critères se base l'équipe du Devoir pour en approuver la publication.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 6 mars 2019 17 h 40

    « ''audi alteram partem''… Comment se fait-il que des étudiants en droit oublient cela ?» (Georges L’Espérance)

    Bien ! Même des juges l'oublient, cette règle de justice naturelle, ou en font peu de cas…

    Le juge n'est pas sans évaluer le risque que son jugement soit contesté, parce que peu de justiciables ont l'argent pour s'engager dans une révision judiciaire ou dans un appel.

    « Être impartial, ça ne veut pas dire que (les juges) n’ont pas d’opinion ou de préjugés.» (Me Jean-Claude Hébert, In : Le Devoir, 7 décembre 2015)

    Si un juge rend un jugement illégal ou si son interprétation de la preuve est résolument fantaisiste, eh bien! c'est aux parties ou à l'une des parties qu'il incombe d'engager de substantiels frais judiciaires pour qu'une cour supérieure statue sur le jugement contesté. Là, ce sont des milliers de dollars qui sont nécessaires pour engager une révision judiciaire ou un appel.

    Sinon, après le délai prescrit de trente jours, qu'importe qu'il soit préjudiciable, le jugement illégal ou fantaisiste à force de loi et est archivé tel quel par le greffe sans autres considérations.

    Une maxime galvaudée énonce que l'apparence de justice importe autant que la justice elle-même, ce dont ne semblent guère se soucier certains magistrats de la division des petites créances dont les décisions et le comportement en audience nous permettent de présumer qu'ils ne sont pas sans songer que le justiciable qui comparaît ne pourra engager les milliers de dollars nécessaires pour faire réviser le jugement (cf. art. 529. Cpc).

    Cela suffit pour communiquer l'impression que cette impossibilité de faire réviser le jugement encourage ces juges-là à rédiger des décisions étrangères à la preuve, mais qui confortent leurs biais.

    De toute façon, que peut espérer le commun de la justice rendue par une nomination politique?

    « Au civil, une partie emporte la mise au jeu de la probabilité.» (Me Jean-C. Hébert)

    https://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol37/no6/justiceetsociete.html

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 7 mars 2019 00 h 03

    « Quand on lit une telle lettre, qui traite d'un sujet si sybillin (sic) que personne, à part son auteur, ne semble y comprendre quoi que ce soit (…)» (Jean-Charles Morin)

    .
    «''audi alteram partem''… Comment se fait-il que des étudiants en droit oublient cela ? Et M. Trudel a parfaitement raison (…) » (Dr Georges L’Espérance)
    _____________

    Eh bien ! Pour ma part, cette lettre du Dr L’Espérance n'était nullement sibylline, bien au contraire : la règle de justice naturelle «audi alteram partem» qui précède l'énoncé «des étudiants en droit» et la mention du chroniqueur M. Trudel m'a rappelé la récente chronique de ce dernier intitulée: «L’avocat de Harvey Weinstein» parue le 5 mars courant.

    Par ailleurs, je partage l'étonnement du Dr L’Espérance quant à la position de ces étudiants (?) en droit (sic!), un étonnement toutefois que je tempère en songeant que la profession ne manque pas d'avocaillons et qu'à l'évidence cette relève-là est assurée!