Et pourquoi ne pas nommer le Centre hospitalier de Gatineau «hôpital Jean-Alfred»?

J’ai été très touché d’apprendre que la Commission de toponymie du Québec a décidé que le pont enjambant la rivière de la Petite-Nation, entre Plaisance et Lochaber-Canton, sur l’autoroute 50, portera dorénavant le nom de Jean Alfred, qui fut le premier député noir élu à l’Assemblée nationale, où il représenta la circonscription de Papineau de 1976 à 1981.

J’ai eu le plaisir d’avoir monsieur Alfred comme professeur de français en 3e secondaire à la polyvalente de Hull durant les années 1970. J’ai aussi grandement profité de ses conseils judicieux alors qu’il préparait les élèves de la polyvalente en vue du concours oratoire du Club Optimiste.

Jean Alfred était un homme d’une grande érudition, un amoureux de la langue française ; mais il était surtout un homme chaleureux, passionné et engagé. Immigrant venu d’Haïti, il était littéralement tombé amoureux de sa terre d’accueil, le Québec, et des gens de l’Outaouais. Non seulement s’est-il bien intégré à la société québécoise et gatinoise, mais il s’est mis au service de ses concitoyennes et concitoyens en s’engageant d’abord sur la scène municipale, puis en obtenant leur confiance en tant que député de Papineau.

La fougue et la détermination à toute épreuve du député Alfred se sont révélées être deux des ingrédients essentiels à la genèse du projet de centre hospitalier de Gatineau, qui fut inauguré en 1983.

Jean Alfred : modèle d’engagement social, source d’inspiration pour ces milliers de femmes et d’hommes qui, comme lui, viennent s’établir au Québec.

Dans la foulée de la décision annoncée par la Commission de toponymie, la nouvelle ministre de la Santé, madame Danielle McCann, ne pourrait-elle pas nommer le centre hospitalier de Gatineau « hôpital Jean-Alfred » à la mémoire d’un de ses instigateurs les plus dévoués ?

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4 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 28 février 2019 05 h 42

    « Jean Alfred, qui fut le premier député noir élu à l’Assemblée nationale…» (Yves Rochon)



    « En 1980, (Jean Alfred) est contraint de quitter le caucus du Parti québécois (PQ) après avoir appuyé publiquement le régime du dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier »

    Alors, le pont (ou l'hôpital), pourquoi ne pas le baptiser carrément Tonton Macoute?

  • Samuel Prévert - Inscrit 28 février 2019 07 h 05

    Merci à Jean Alfrred

    Un centre hospitalier? Je crois qu'une école serait mieux.

    J'ai eu Jean Alfred comme collègue de travail. C'était en effet un homme possédant de belles qualités. Il était très apprécié. C'est avec consternation que nous avons appris son décès. Que son nom laisse de lui le souvenir d'une personne passionnée et très engagée pour l'indépendance de notre pays.

  • François Beaulne - Abonné 28 février 2019 08 h 23

    Excellente idée

    Permettez-moi M.Rochon de joindre ma voix à la vôtre pour féliciter la Commission de toponymie du Québec pour cette initiative, notamment en ce jour où s'acheve le mois consacré à l'apport des afro-descendants Québécois à notre société d'acceuil.
    Non seulement Jean Alfred était un grand érudit amoureux de la langue et de la cultue française, mais il avait également épousé les espoirs d'épanouissement de notre peuple.
    En ce faisant, il a tracé le chemin d'une intégration exemplaire et d'un vivre ensemble inspirant.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 28 février 2019 15 h 24

    Jean Alfred appuyait le régime sanguinaire du dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier



    Mais! Où sont donc nos « vicaires », qui d'habitude pullulent dans les pages de ce journal pour sermonner et jeter des anathèmes ?

    Ah ! C'est que pour les tenants de la rectitude politique, la pigmentation du Tonton Macoute a préséance sur ses affinités politiques…