La nécessaire reconstruction du mouvement souverainiste

Des partisans du Oui, à cinq jours du référendum de 1995
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Des partisans du Oui, à cinq jours du référendum de 1995

Instaurer une déclaration d’impôt unique gérée par le Québec ? Elle sera plutôt gérée par le fédéral ou rien, tranche Ottawa.

Investir notre argent dans les énergies vertes et renouvelables ? On prendra plutôt près de 4 milliards de la poche des contribuables québécois pour acheter et agrandir un oléoduc de pétrole dans l’Ouest canadien, tranche Ottawa.

Développer le secteur laitier québécois ? On le sacrifiera plutôt dans les négociations commerciales internationales pour favoriser les producteurs de boeuf dans les provinces des Prairies, tranche Ottawa.

Chaque jour, des décisions ayant des conséquences concrètes sur la vie des Québécois sont prises par un gouvernement situé hors Québec, sans considération première pour nos intérêts nationaux. C’est ce qui se produit lorsqu’on laisse une autre nation trancher à notre place. Chaque jour, nous avons ainsi la démonstration de l’urgence d’acquérir les pleins pouvoirs d’agir pour nous-mêmes, par nous-mêmes, ce qui est la souveraineté.

Pourtant, malgré toute sa pertinence, depuis 1995, le projet stagne. On ne peut passer sous silence les résultats des élections du 1er octobre dernier et faire comme si tout allait bien au sein du mouvement souverainiste.

Alors que d’aucuns proposent une énième période de réflexion, on sait au fond parfaitement ce qu’il faut faire : le mouvement souverainiste a besoin d’un vaisseau amiral qui s’assume et qui n’a pas peur d’incarner la nécessaire audace qui vient avec sa raison d’être. Comment s’étonner que le projet ne soit plus associé aux priorités des Québécois si les organisations qui en sont porteuses ne le placent même pas à l’agenda ?

D’un côté, le Parti québécois a tergiversé sur la question depuis le dernier référendum, au gré de ses nombreux chefs. De l’autre, Québec solidaire a toujours opté pour une position plus tranchée sur l’axe gauche-droite, faisant en sorte de repousser bon nombre de souverainistes et de garder en son sein des fédéralistes convaincus.

Résultat des courses ? Le Parti québécois n’est plus jugé cohérent, ni même crédible, pour réaliser la souveraineté. Quant à Québec solidaire, il se scinderait vraisemblablement entre les camps du OUI et du NON en cas de démarche claire vers le pays. La solution se trouve donc ailleurs.

La dispersion des souverainistes dans plusieurs partis nuit à notre cause. Il est urgent de pouvoir compter sur une formation politique faisant de l’indépendance du Québec la priorité absolue et au sein de laquelle tous les souverainistes peuvent se rassembler. Après tout, qu’ils militent activement pour la cause ou qu’ils soient plus passifs, les souverainistes se comptent toujours en millions au Québec. À ceux du Parti Québécois, ajoutons les souverainistes de droite qui se retrouvent à la CAQ, ceux de gauche qui se retrouvent chez QS ou encore ceux qui ne se rattachent à aucun parti.

Les pays démocratiques ne sont ni de gauche ni de droite, ils évoluent et progressent simplement selon la volonté du peuple. Ce qu’il faut retrouver, c’est un véhicule qui arrivera à regrouper tous les souverainistes pour réaliser l’indépendance.

Les Québécois peuvent avoir comme priorité, par exemple, l’environnement, la culture, l’éducation ou l’économie. Or, un Québec souverain pourra mieux s’occuper de tous ces dossiers, selon nos intérêts naturels, comme le font toutes les nations du monde selon les leurs. La subordination à son voisin ne sera jamais optimale, ni pour une personne ni pour une nation.

Quelle forme prendra ce nécessaire nouveau véhicule ? Qu’il ressorte d’entités existantes ou qu’il soit créé de toutes pièces, cela reste à voir, mais il est clair qu’il devra voir le jour pour que le Québec aille au bout de son destin et devienne enfin souverain, comme près de 200 pays l’ont fait avant nous sans jamais le regretter. À bon entendeur.

 

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

41 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 25 février 2019 05 h 14

    Je partage votre analyse sur l'état de la situation et la nécessaire indépendance du Québec. Moins votre insistance sur le véhicule.

    Le PQ, sous Lévesque, est devenu le véhicule d'un projet, celui de la « souveraineté-association ». Avec Parizeau, le PQ a servi de véhicule à la « souveraineté partenariat » définie dans le cadre de la Commission Campeau-Bélanger.

    Aussi, avant de penser le véhicule, il importe de préciser ce qu’est l'indépendance, car créer un pays est plus que percevoir seul des taxes, adopter seul des lois et signer des ententes avec des pays.

    L’indépendance du Québec accentue ses compétences au-delà de la santé, l’éducation, les municipalités, le transport et l’exploitation des ressources naturelles. Cet au-delà renvoie à la citoyenneté, à la protection du territoire, aux communications, aux transports maritimes, aériens et ferroviaires, à la monnaie, à une présence dans les organismes internationaux (ONU, OMC), dans le NORAD, l’ALÉNA et le partenariat UE-Canada, dans le CMI, etcetera.

    Tout ça fait qu’un pays comprend un territoire délimité par des frontières, un régime politique propre qui implique un système politique répondant aux vues des habitants afin d’en faire un organisme décisionnel démocratique pour aménager leur milieu de vie, mais avant tout la consolidation des liens entre les habitants actuels qui veulent se doter d’un pays.

    En se concertant autour de ces points, les habitants du Québec imagineront leur projet d’indépendance, mais, surtout, chercheront la façon de procéder. De ce ce projet naîtra un véhicule pour atteindre le cap recherché.

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 février 2019 08 h 13

      M. Bariteau,
      je suis en total désaccord avec vous.

      L'indépendance d'un pays n'est pas un package deal. Il est antidémocratiquer de mêler l'accession à un statut d'indépendance avec une série de clauses qui ne peuvent que créer des dissensions et des délibérations oiseuses : l'indépendance, elle, ne sera toujours pas faite! Autant discuter du sexe des anges.

      Pour que les "habitants du Québec" (comme vous dites pour éviter "Québécois") en discutent, il faudra que le débat soit officiel, et donc qu'il inclut des fédéralistes, leurs millions, leurs spécialistes du marketing et leurs king makers, leurs pressions indues sur les nouveaux arrivants.... et toujours pas d'indépendance à l'horizon! Pas compliqué, c'est non.

      Le débat doit avoir lieu après le fait accompli. Faut faire les choses dans le bon ordre.

      Ceux qui font de l'indépendance une marche obligée dans un projet de société plus ou moins global ne font en fin de compte que démontrer leur lanque de confiance envers les Québécois, comme si ceux-ci n'étaient pas capables de se prendre en main.
      De quoi ces gens ont peur? De perdre l'usage de la parole? De ne plus trouver de coupables à pointer du doigt?

      L'économie aussi a besoin de pouvoir se dire "business as usual". Les mêmes gens vont négocier les mêmes contrats entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre et le ROC dont les compagnies auront autant de besoins malgré le backlash et le racisme (déjà très présent) qui suivra la déclaration.

      Le minimum démocratique exige que l'on fasse l'indépendance en changeant le moins de choses possibles, puis que l'on propose DES projets de constitution à débattre une bonne année s'il le faut avant d'en voter une ou même un compromis entre plusieurs.

      Quant au projet de société... Faut vraiment avoir du front (ou penser en ado radical) pour obliger le Québec entier à entrer dans un moule avant d'être indépendant.
      La démocratie, ça existe!

    • Jean-Charles Morin - Abonné 25 février 2019 09 h 41

      Je suis d'accord avec Monsieur Trottier: l'indépendance ne doit pas proposer en même temps un "projet de société" qui ne peut que diviser l'électorat suivant la traditionnelle ligne de fracture gauche-droite. Le peuple québécois pourra décider, au moyen d'une assemblée constituante, quoi faire avec l'indépendance une fois celle-ci acquise. Le Parti Québécois, comme Québec Solidaire à sa traîne, a commis l'erreur de vouloir tout faire en même temps en tentant d'imposer, avec l'accession à l'indépendance, une vision sociétale idéologique à une population qui majoritairement n'est pas en phase avec celle-ci. Autrement dit: à vouloir tout chambarder en même temps, on fait peur au monde et on n'arrive à rien. On doit composer maintenant avec les résultats décevants de cette lamentable stratégie.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 février 2019 10 h 51


      M. Trottier, je n'ai pas fait écho à un projet de société. C'est vous qui le faites. Je dis seulement qu'il importe que les habitants du Québec sachent ce que ça veut dire créer un pays.

      Par ailleurs, quand je parle du système politique, je signale clairement qu'il doit être débattu entre les citoyens/nes du Québec et approuvé démocratiquement par eux pour que les aménagements après l'indépendance deviennent l'affaire des habitants qui veulent se doter d'un pays, une approche que vous déconsidérez en imaginant que ça ne serait ps le cas puisque ces gens comprendraient aussi des fédéralistes.

      L'indépendance ne peut être le fait que de la majorité des habitants qui la veulent et les suites seront celles que cette majorité choisira, ce qui implique que ses choix se feront pour consolider l'indépendance.

      Je ne suis pas un « ado radical » comme je suppose que vous n'êtes pas un indépendantiste qui entend créer le pays du Québec sans trop savoir ce qu'il fait et savir ce qu'on n'est pas d'entrer dans un moule mais avoir une idée de ce qu'est l'indépendance, l'élément moteur étant les liens qu'entendent créer entre eux les citoyens et les citoyennes au pays du Québec.

      C'est sur cette base que se sont créés les pays issus d'une démarche démocratique. Si vous n'êtes pas d'accord et que vous préférez que les supporteurs de l'indépendance estiment que ce statut s'atteint en changeant le moins possible de choses, vous estimez qu'il est préférable qu’ils entrent précisément dans un moule à l’aveugle.

      Cela dit, je ne partage pas les vues de QS sur un projet de société ni ne suis un promoteur d’une indépendance à gauche, à droite ou au centre. Je prône une démarche qui fait des supporters de l’indépendance des personnes qui savent ce qu’elles font et entendent que le
      le Québec se construise avec elles mais pas au-dessus d’elles comme s’est confirmée la dépendance au sein de la province de Québec.

    • François Beaulne - Abonné 25 février 2019 13 h 37

      La société en mouvement a besoin d'un vecteur organisé, coordonné, rassembleur, convaincant et stratégique pour avancer ses objectifs et ultimement les réaliser. La débandade des gilets jaunes en France en fait foi.
      Croire à la génération spontanée ou à l'avènement miraculeux des <conditions gagnantes> relève de l'idéologie du hasard, comme l'a démontrée la lente érosion du mouvement souverainiste depuis la défaite référendaire de 1995.
      Qu'on le veuille ou non, le PQ est le vaisseau amiral de l'accession du Québec à l'indépendsance. On peut lui reprocher toutes sortes de choses. On peut se désoler de l'opportunisme électotraliste qui a caractérisé sa louvoyance des dernières années: là où il y a l'homme il y a de l'hommerie.
      La pire chose qui pourrait arriver au mouvement souverainiste dans sa fragilité actuelle c'est de croire à ces vieux fantômes de la génération spontanée où la remise en marche de la machine indépendantiste va surgir d'un mouvement populaire insprié par le Saint-Esprit.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 février 2019 13 h 49

      M. Morin, je dis la même chose que vous, car je ne parle pas d'un projet de société, ce que M. Trottier m'attribue faussement, mais d'un projet de pays.

      Il y a trois semaines, dans un restaurant, j'accepte de partager mon espace avec une dame. Dans nos échanges, je lui explique le contenu de l'essai que j'ai soumis pour publication qui, pour l'essentiel, rappelle que l'histoire du Québec s'est toujours réalisée en lien avec ce qui eut cours sur la scène internationale, mais surtout précise ce qu'est un pays.

      Comme elle veut savoir ce qu'est un pays, je lui explique que c'est un territoire reconnu, un régime politique québécois plutôt que français, britannique ou canadien, un système politique défini par les citoyens et les citoyennes, un « vivre ensemble » qu'ils partagent, un aménagement du territoire et de l'économie qui rejoint leurs vues et des liens avec d'autres pays.

      « Je vois, me dit-elle, mais pourquoi on ne l'explique pas. Le sachant, je voterais pour créer le pays. Mes deux enfants aussi et mon défunt mari aurait fait de même ».

      Cette dame a compris qu'il s'agissait d'un projet de pays et non d'un projet de société et a aussi compris que tout ça se ferait par l'implication des citoyens et des citoyennes, y compris la mise en place d'un système politique démocratiquement adopté par une majorité de Québécois et de Québécoises devenu/e/s des citoyens et des citoyennes du Québec.

      Un projet de pays ne chambarde que le statut de province et l'organisation politique qui la rend dépendante du Canada. C'est l'essentiel de l'indépendance. Et cet essentiel doit être connu comme doit être connu comment sera défini le système politique et comment celui-ci assurera le plus grand contrôle possible des citoyens et ces citoyennes du Québec sur les décisions politiques qui les concernent.

      Ce n'est pas tout faire en même temps. C'est préciser ce qu'implique l'indépendance et dire comment les décisions seront prises démocratiquement au pays du Québec.

  • Yvon Pesant - Abonné 25 février 2019 07 h 14

    Le véhicule

    Depuis qu’il existe, le Parti québécois avec ses René Levesque, Jacques-Yvan Morin, Jacques Parizeau, Bernard Landry, Jean-François Lisée et compagnie a toujours compris le projet d’indépendance comme un projet de pays maître de ses destinées à toutes les enseignes. Y compris celle de ses relations internationales avec les autres pays indépendants de ce monde dont le Canada, tout particulièrement.

    Qu’il soit question de société, d’économie, d’environnement en gros ou de manière plus compartimentée, il y a toujours un point qui traite de ces sujets dans les statuts, le programme général ou la plateforme électorale du PQ. Et il y a toujours place pour les amendements et les améliorations en prenant en considération les nouveaux contextes sociétaux, économiques, environnementaux ou autres.

    À la dernière élection toujours provinciale du 1er octobre dernier, il était reconnu par tous les analystes sérieux que le PQ avait la meilleure plateforme et le programme le mieux équilibré. Le véhicule souverain était là et la majorité des électeurs ont opté pour le laisser dans le stationnement...
    ... temporairement, ne nous reste-t-il plus qu’à espérer.

    Est-il vraiment besoin d’envoyer le PQ à la casse alors qu’il demeure le meilleur parti politique à tous points de vue pour bien nous représenter sur les scènes intérieures et extérieures?

  • Samuel Prévert - Inscrit 25 février 2019 07 h 34

    Une déclaration du peuple

    Le peuple québécois peut et doit déclarer son indépendance.

    Il existe une autre solution : Que les Canadiens, qui nous ont assuré de leur amour en 1995, se séparent de nous.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 février 2019 09 h 02

      Rien n'empêche un gouvernement dûment élu de déclarer un Québec souverain à l'Assemblée nationale. Juste pour dire qu'il existe plusieurs moyens et façons pour que le Québec devienne un pays.

      De toute façon, le présent gouvernement nationaliste de M. Legault ressemble étrangement à un gouvernement souverainiste qui risque de le devenir de plus en plus suite aux refus essuyés de notre monarchie constitutionnelle d'Ottawa. Être une succursale du gouvernement fédéral à ses limites législatives.

      Le Québec et le ROC sont deux entités incompatibles avec l'une l'autre. Il faudra bien un jour assumer cette différence irréconciliable. Notre cher Tanguy devra un jour quitter le sous-sol de ses parents anglo-saxons loyalistes, orangistes et multiculturalistes et vivre sa vie.

      Et pour ceux qui ne sont pas convaincus du dédain porté envers nous, n'ont qu'aller vivre en Ontario et essayer de parler en français, Doug Ford et Don Cherry obligent.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 25 février 2019 09 h 46

      Au train où vont les choses, le Canada va tomber en miettes avant que le Québec ne trouve le courage de se séparer. Justin s'en occupe: 24/7; laissons le faire... Là-dessus, il a ma pleine confiance.

  • Jean Lacoursière - Abonné 25 février 2019 08 h 00

    Erreur dans le deuxième paragraphe (on entend les fédéralistes rire...)


    Le deuxième paragraphe contient une erreur étonnante vu le nombre de fois que le prix de ce pipeline a été mentionné dans les médias :

    "Investir notre argent dans les énergies vertes et renouvelables ? On prendra plutôt près de 4 milliards de la poche des contribuables québécois pour acheter et agrandir un oléoduc de pétrole dans l’Ouest canadien, tranche Ottawa."

    Or, Ottawa a payé le pipeline 4,5 milliards :

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1150195/ottawa-prix-pipeline-trans-mountain

    Ce 4,5 milliards est pris dans la poche de tous les Canadiens, pas seulement des Québécois.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 25 février 2019 09 h 15

      Monsieur Lacoursiere,

      Vous et les signataires de cette lettre parlez de deux choses différentes ; l’achat du vieux stock de Trans Mountain (4,5 milliards$) et l’amélioration de sa capacité (au moins 9 milliards$). Or les auteurs parlent du coût d’acheter et _agrandir_ ce pipeline.

      Avec les dépassements de coûts, on peut s’attendre à payer au-delà de quatre milliard$.

      Cette somme doit être considérée à la lumière du refus systématique de donner au Québec sa juste part des dépenses fédérales. À ce sujet, je vous réfère à mon texte ‘Le colonialisme économique canadian’.

    • Hermel Cyr - Inscrit 25 février 2019 10 h 47

      Les fédéralistes Canadiens ont en effet raison de rire ! Mais pas les fédéralistes Québécois !

      Pour seulement 3 postes budgétaires canadiens, avec ,22 (22%) sur la part de la dette fédérale, les Québécois devront payer.
      - Contrats de la marine canadienne, 40 milliards et peut-être plus 0$ de retombé pour le Québec. La part du Québec = 8,8 milliards $ + les intérêts.
      - Le fiasco de Muskrat Falls (coût total, 12,7 milliards, deux fois les coûts de La Romaine pour la moitié moins d’énergie produite) dont le seul objectif est de concurrencer le Québec en Nouvelle-Angleterre. Le fédéral y a englouti 8 milliards. La part du Québec : 1,8$ milliards + les intérêts.
      - Le pipeline de l’Ouest, 0$ de retombé : coût = 4,5 milliards. La part du Québec 1 milliard de $ + les intérêts.

      Au total, pour ces seuls trois postes budgétaires, les Québécois héritent de près de 12 milliards + les intérêts de la dette canadienne.

      Il y a en plus… le manque à gagner pour les traités de libre-échange avec l’Europe et les États-Unis, qui touche principalement les agriculteurs du Québec (combien de millions?); les ventes d’armes à l’Arabie saoudite (15 milliards pour l’Ontario, 0$ de retombée), les subventions à l’industrie de l’auto de l’Ontario, les subventions aux pétrolières de l’Ouest (encore, combien de centaines de millions ?) … et encore … et encore …

    • André Joyal - Inscrit 25 février 2019 11 h 17

      M.Lacoursière : le ministre des Finances quant à lui évoque 4.1M$ Enfin, est ce qu'ily a matière à rigoler quand on nage dans les 4 milliards$ ?

    • Raymond Labelle - Abonné 25 février 2019 11 h 20

      "Ce 4,5 milliards est pris dans la poche de tous les Canadiens, pas seulement des Québécois." JL

      En effet. Et il ne s'agit pas d'une perte sèche. Voire, il n'est pas impossible que le projet, par lui-même, devienne rentable. Même sinon, il y aura au moins un minimum de retour sur l'investissement. Ça c'est pour la propriété de Trans Mountain même seulement.

      De plus, il faut considérer les rentrées fiscales des emplois qui seront gagnés, ou qui ne seront pas perdus.

      On peut être contre ce projet pour des raisons écologiques, mais rectifions les faits.

      Et quoiqu'il en soit, un Québec indépendant n'aura rien à dire sur ce projet de toute façon.

      Pour un point de vue plus rationnel et nuancé sur cette question, voir cet article qui rapporte l'examen qu'en a fait le directeur parlementaire du budget: https://www.ledevoir.com/politique/canada/546770/achat-de-trans-mountain-un-peu-cher-mais-peut-etre-benefique-pour-l-economie-selon-le-dpb

    • Jean Lacoursière - Abonné 25 février 2019 13 h 16

      Merci monsieur Martel de la précision, mes yeux étaient passé trop vite sur le verbe "agrandir". Néanmoins :

      4,5 + 9,0 = 13,5 milliards ;
      13,5 milliards x 22 % = 3 milliards.

      Ça ne fait pas "près de 4 milliards". Et une lettre ne peut pas lancer des chiffres en se basant, sans le dire, sur des dépassements de cout potentiels.

      Auriez-vous svp une source pour le cout de 9 milliards pour l'agrandissement ?

      Merci !

    • Jean Lacoursière - Abonné 25 février 2019 13 h 24

      Monsieur Joyal,

      Je voulais dire que chaque fois que les souverainistes manquent de rigueur, les fédéralistes se tapent les mains sur les cuisses. On sait ben, la rigueur et le pragmatisme sont des attitudes propres aux fédéralistes, tandis que les indépendantistes sont des rêveurs.

      JL

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 25 février 2019 19 h 04

      Jean Lacoursiere écrit : « Auriez-vous svp une source pour le cout de 9 milliards pour l'agrandissement ? »

      En août 2018, Kinder Morgan Canada estimait que l’expansion de l’oléoduc Trans-Mountain se chiffrerait à 9,3 milliards $.

      Puisque la pétrolière a renoncé, le fédéral a payé 4,5 milliards$ pour acheter le vieux stock de la compagnie. Ottawa doit maintenant payer pour son expansion.

      Et on en paiera une part. C’est ça, appartenir à un État pétrolier.

      Référence :
      https://www.journaldemontreal.com/2018/08/07/2-milliards--de-plus-que-prevu-pour-la-construction-de-trans-mountain-1

    • Jean Lacoursière - Abonné 26 février 2019 07 h 49

      Merci M. Martel !

  • Germain Dallaire - Abonné 25 février 2019 08 h 21

    Tout à fait d'accord!

    "Il est urgent de pouvoir compter sur une formation politique faisant de l’indépendance du Québec la priorité absolue", voilà la phrase clé de votre texte. Depuis bien trop longtemps, les hommes et les femmes politiques sont comme des poules pas de tête évoluant au rythme des sondages. Ils définissent leurs positions non sur ce qu'ils pensent mais plutôt sur ce qu'ils pensent que pensent les autres. Or, l'opinion publique est un peu comme la surface de la mer, elle se transforme au gré des éléments et peut passer très rapidement d'un extrême à l'autre. Il faut des hommes et des femmes politiques prêts à mettre leur tête sur le billot et se faire les messagers d'une mission si naturelle, simple et claire que, comme vous le dites éloquemment, a été menée à sa fin par près de 200 pays dans le monde.