Des Expos au Stade olympique et à leurs frais

Je suis d’accord avec la position de Marc-André Blain exprimée le 20 février dans cette rubrique. Le Stade olympique est bien situé et peut répondre aux les exigences du sport professionnel. Donc, aucune subvention directe ou indirecte ne devrait être accordée aux propriétaires, mais je serais d’accord pour que la Ville et l’État investissent dans le stade lui-même pour le mettre à jour et que les taxes imposées permettent non seulement aux clubs professionnels de survivre, mais au stade de se développer et de devenir un véritable phare du sport montréalais et québécois, comme le recommandait le rapport du comité-conseil de 2012 présidé par Lise Bissonnette. La mise à jour du stade, lancée par la venue éventuelle des Expos, pourrait être cette bougie d’allumage qui permettrait d’attirer d’autres sports professionnels.

Il y a plusieurs années, j’assistais à un match des Expos et le stade m’apparaissait très approprié ; je ne perdais pas la balle de vue… Récemment, j’ai eu honte de parcourir un petit sentier de brousse qui contourne le cinéma et autres bâtiments pour me rendre au stade Saputo assister à un match de l’Impact, à l’ombre du Stade olympique. Sous l’éclairage intense du match, je me surprenais souvent à regarder la structure du Stade olympique enveloppé de noirceur et déplorer cet abandon et laisser-aller coûteux pour tous. Et que dire des investissements dans le stade Molson pour permettre aux Alouettes de jouer dans l’ouest de la ville plutôt qu’au Stade olympique, sous prétexte que les citoyens de l’ouest de la ville n’aiment pas se rendre dans l’est, malgré une sortie de métro dans le stade.

Le sport professionnel est un business. Les propriétaires ne doivent compter que sur eux-mêmes et la qualité de leur produit pour survivre et payer leurs taxes comme les autres. Dans ce cas-ci, si argent public il doit y avoir, ça ne peut être que dans l’infrastructure publique du Stade olympique afin qu’il devienne enfin ce qu’il aurait toujours dû être.

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4 commentaires
  • Bernard Dupuis - Abonné 23 février 2019 10 h 55

    Un Stade amélioré ferait bien l'affaire

    Montréal est-elle une ville si multiculturelle qu’on le dit dans les milieux canadianistes? Il est vrai que plusieurs francophones font beaucoup de compromis pour permettre une vie harmonieuse en compagnie de leurs concitoyens anglophones. La production de spectacles anglophones est présente partout sans que cela offusque les francophones plus qu’il n’en faut.

    Toutefois les concitoyens de l’ouest de l’île (pour ne pas dire les anglophones) n’assistent pratiquement jamais à des spectacles francophones et n’aiment pas se rendre dans l’est. L’utilisation du français est interdite aux arbitres de la LNH au Centre Bell sous toutes sortes de prétextes. Un cinéaste de l’ONF Meilan Lam a fait un documentaire sur Montréal (Les girls) laissant entendre que Montréal était aussi anglaise que les autres grandes villes américaines New York, Chicago, Détroit.

    La communauté anglophone minoritaire fait toujours plus de pression pour faire de Montréal une ville dite « bilingue », mais en fait anglophone. Comment expliquer autrement tout ce dénigrement de la part des anglophones à l’endroit de l’est de Montréal et du Stade olympique?

    J’ai moi-même assisté à des matchs aussi bien au parc Jarry qu’au Stade. Évidemment que cela était différent d’un endroit à l’autre, mais cette différence était-elle si importante qu’il faille absolument boycotter le Stade? Comment se fait-il que les anglophones ne refusaient-ils pas de venir au Parc-Jarry qui n’était pas si à l’ouest que cela?

    Il faudrait que les politiciens cessent de se soumettre aux pressions des « citoyens de l’ouest de l’île » et retrouvent leur fierté à l’égard du Stade situé dans l’est de l’île.

    Bernard Dupuis, 23/02/2019

  • André Labelle - Abonné 23 février 2019 12 h 21

    ET QUOI ENCORE !

    Quand ça fait leur affaire les chevaliers de l'industrie et du commerce exigent que l'État ne se mèle pas de leurs affaires et n'intervienne pas au nom des supposées sacro-saintes règles du marché. Mais ils demandentmaintenant à l'Éta de s'impliquer financièrement, directement ou indirectement dans le retour des Expos à Mtl.
    Si les milliardaires veulent voir les Expos à Mtl, c'est à eux et uniquement à eux d'aller au bâton (!!) et prendre tous les risques inhérents à leurs projets. S'ils veulent impliquer les citoyens ils n'ont qu'à créer une entité legale appropriée pour recueillir le financement nécessaire. S'ils ne le font pas c'est peut-être qu'ils exigent d'avoir le beurre et l'argent du beurre. Nous prendraient-ils pour des idiots ?

    «Le temps ne fait rien à l'affaire ; quand on est con, on est con.»
    [Georges Brassens]

    • Marc Therrien - Abonné 23 février 2019 17 h 34

      Peut-être êtes-vous comme Michel Audiard: "j'ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas."

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 23 février 2019 18 h 29

      Vous avez raison M. Labelle. Plus un sou public investit dans l'éléphant blanc qu'est le stade olympique et si des équipes professionnels veulent s'établir à Montréal, eh bien, qu'ils en fassent les frais. Allumez SVP, le base-ball professionnel est en perte de vitesse et n'intéresse plus beaucoup d'Américains. C'est pour cela qu'il fait des beaux yeux aux Québécois.