Maternelles 4 ans: le moyen pour la fin

Comment expliquer que le gouvernement Legault fonce à toute allure vers l’implantation de maternelles 4 ans « mur à mur » ? Hypothèse. Les campagnes électorales relativement courtes et les réseaux sociaux, qui imposent des formules de communication simplifiées (lire : simplistes), forcent les partis politiques à ramener leurs programmes électoraux à quelques cris de ralliement. Mais derrière les slogans, il y a des motivations ; dans le cas des « maternelles 4 ans » : dépister les problèmes d’apprentissage le plus tôt possible. Comme citoyens qui votent, on peut bien évidemment adhérer pleinement à cet objectif de dépistage. Comme citoyens gouvernés, on compte toutefois que le parti élu fera preuve de discernement et qu’il sera capable de choisir, parmi les moyens à sa disposition, ceux qui permettront d’atteindre réellement l’essentiel de l’objectif visé plutôt que de ressasser obstinément le slogan qui l’annonçait. Ce qui vaut pour les maternelles 4 ans vaut aussi, mutatis mutandis, pour l’immigration et la laïcité, notamment. Merci, Monsieur le Premier Ministre François Legault, de retourner à l’écoute attentive de vos concitoyens et, surtout, de ne pas oublier les véritables motifs qui sont, qui devraient être, à la source de votre action politique. Il faut distinguer les slogans de campagne électorale des éléments fondamentaux d’un véritable programme de gouvernement.

6 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 19 février 2019 08 h 52

    Fixation et populisme


    Les populistes ont toujours des fixations électoralistes simplistes; Trump veut son mur. Legault, ses maternelles 4 ans. C'est ainsi. Mais contrairement à l'immigration, les obstacles ne viendront pas ici du méchant fédéral, mais de l'interne, du bon peuple pour qui veut parler le gouvernement caquiste! À suivre pour plus.

    M.L.

    • Claude Bariteau - Abonné 19 février 2019 12 h 09

      D'accord sur la fixation du PM Legault. Elle lui permet d'éviter l'essentiel, qui est la formation des enseignants pour mieux former les étudiant/e/s, hausser la diplomation et permettre aux diplômé/e/s de relever les défis qui s'annoncent.

      Pour y arriver, il faut aborder ce dossier en priorité et recourir aux services actuels offerts dans les CPE pour assouvir la fixation du PM Legault.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 19 février 2019 13 h 25

      Incroyablement ridicule, monsieur Lebel, que de comparer le mur de Trump aux objectifs de la maternelle pour les tout-petits de 4 ans.

      La maternelle en bas âge est un sujet qui fait étude depuis plus de 20 ans a l'OCDE, et dans plusieurs de ses pays. La chose est pratiquée dans de nombreux endroits, et les résultats sont au rendez-vous.

      Et vous faite erreur m. Bariteau. Les CPE ne sont qu'un des services de garde disponible, et ce n'est qu'une partie des enfants qui les fréquentent ( ̴33%).

      Même qu'environ 30% des enfants ne fréquente aucun service de garde.

      C'est donc par l'école, d'utilisation bien plus universel, que l'on atteint la plus large part d'enfants ciblés.

      En plus les enseignants ont une formation bien plus adéquate pour faire ce travail. Et en plus le milieu scolaire a déjà les professionnelles requis en aide a ces classe spécifiques.

  • André Labelle - Abonné 19 février 2019 13 h 26

    ENTÊTEMENT ABSURDE

    On observe dans ce dossier un manichéisme absurde chez M. Legault. Plus il s'entête moins il se donne la possibilité de décider avec sagesse et compétence.
    CPE et maternelles 4 ans ne sont pas en opposition. Ils sont en complémenrité. On dirait qu'il y a juste M. Legault et la CAQ qui ne s'en rendent pas compte. Pourquoi cet entêtement ? M. Legault est en train de brûler des cartouches qui lui seront bien utiles dans d'autres dossiers.

    «L'honneur est comme les allumettes : ça ne sert qu'une fois.»
    [Marcel Pagnol]

    • Jean-Yves Arès - Abonné 19 février 2019 18 h 45

      Ce que l'on observe surtout c'est que les CPE comptent bien sur de ce nouveau programme dédié aux enfants de 4 ans pour en faire un tremplin qui augmentera leur part de business.
      -
      Je disais plus haut que les enfants ne vont pas tous en CPE, c'est le moins qu'on puisse dire. Plus de 42% des enfants de 5 ans et moins qui ne fréquentent aucun services de garde régis en 2015. Alors que la part de fréquentation des CPE était sous les 20%...

      Tous les enfants passent par l'école, L'école est un véritable lieu repère pour TOUS les parents. Les chances de rejoindre le plus grand nombre d'enfants par l'intégration de cette offre de service passe par les écoles.
      Et en plus c'est là qu'on retrouve le plus de compétences pour le faire.

  • Francine Duperré - Abonnée 19 février 2019 15 h 57

    Répondre aux besoins de nos tout-petits en très bas âge

    Intervenir le plus tôt possible est la clef pour répondre aux besoins de nos tout-petits, ce pourquoi le réseau de services de garde de qualité des CPE constitue une grande richesse à élargir. À 4 ans, c’est déjà un peu tard. En consultant le programme collégial de techniques d’éducation à l’enfance, on constate rapidement que le diplôme se révèle d’une très grande valeur, tout comme celui de nos infirmières d’ailleurs.

    Il importe aussi d’agir sur les conditions de vie des tout-petits, leur milieu socioéconomique ayant un impact majeur sur leur développement. Un article de Pauline Gravel paru dans le Devoir est très éloquent à ce sujet, ainsi que la recherche dont elle fait mention:
    https://www.ledevoir.com/societe/science/544361/science-tout-se-jouerait-avant-5-ans

    Le Premier Ministre et son gouvernement devraient faire preuve d’une plus grande ouverture et considérer les services à la petite enfance dans une perspective de complémentarité, pour le meilleur épanouissement de nos tout-petits.

    Francine Duperré