Navrant, navrant!

Pour faire suite à l’article intitulé « Biennale d’hiver, à l’accent britannique », paru dans Le Devoir du 13 février 2019, permettez-moi de relever une phrase du commissaire de l’événement Manif d’art 9, M. Jonathan Watkins, et citée par M. Jérôme Delgado, collaborateur au Devoir ; laissez-moi vous dire mon grand étonnement.

« C’est plus intéressant une chute [d’eau], dit-il en utilisant le mot en français, que de regarder de l’art. Je veux souligner que l’art n’a pas le monopole de la beauté »… Mais avec des gens comme ce monsieur, l’art se réduirait-il, hélas, comme une peau de chagrin ? Ce monsieur Watkins apprécie-t-il vraiment les modes d’expression d’art visuel, leur valeur intrinsèque, leurs qualités, leur pertinence, puisqu’il semble vouloir s’en distancier ouvertement ? Les comprend-il véritablement ? Pourquoi cette distance ? Ce commissaire vient diriger une biennale d’art alors qu’il dévoile sans hésitation son intérêt pour une chute d’eau qu’il qualifie de plus intéressante que l’art. Aberrant ! Quel égarement pourrais-je dire ? Désolée, mais ne serions-nous pas près d’un « sophisme » mis en avant maladroitement en mettant sur le même plan un objet relevant de la nature et une oeuvre d’art, fruit de la main de l’homme, de son cerveau et d’un quelconque support pictural ?


 
1 commentaire
  • Jean-Charles Morin - Abonné 17 février 2019 11 h 29

    On a tendance à oublier que la nature a toujours été un grand artiste

    En le relisant tout en mettant de côté nos préjugés faciles, Monsieur Watkins voulait sans doute dire que la beauté aléatoire produite sans effort apparent par la nature vaut souvent bien mieux que celle fabriquée laborieusement par l'être humain. Ce dernier ne se révèle la plupart du temps que comme un mauvais imitateur.

    Au contraire, il me rassure beaucoup plus qu'il ne m'inquiète de voir qu'une manifestation culturelle ait un commissaire doté à la fois du sens de l'observation et du sens critique.