Lettre aux parents d’Alexandre Bissonnette

Comme c’est triste pour les parents d’Alexandre Bissonnette, qui n’ont pas abandonné leur fils et ne l’ont pas renié malgré les atrocités qu’il a commises.

J’aimerais leur écrire une lettre et leur dire : ce n’est pas de votre faute si votre fils a fait ce choix de prendre la vie de ces personnes. Vous avez vu naître votre enfant, vous l’avez vu grandir, vous avez fêté ses 1, 2, 3, 4, 15 ans, etc., vous l’avez consolé, bercé, encouragé, et puis voilà ! Il prend une décision en tant qu’adulte, celle de haïr des êtres humains qui sont de confession musulmane. Il prend une décision que vous n’appuyez pas. Vous avez, au lieu d’un fils, un homme qui, pendant l’espace d’une soirée, s’est transformé en monstre.

Malgré ce geste impardonnable aux yeux des êtres humains et de la Loi, vous l’aimez, vous le voyez toujours comme votre petit garçon candide, enjoué, audacieux, créatif, rempli de potentiel, et je vous comprends. J’espère que vous trouverez la paix et la capacité de vous réinventer malgré ce terrible malheur. Et j’espère que nous aurons tous la force de comprendre à quel point l’amour inconditionnel est puissant. Vous lui avez déjà pardonné. C’est le propre de l’amour inconditionnel. Si dans le geste de votre fils, il n’y avait que haine et ressentiment, dans le vôtre il y a la grandeur de l’amour dans sa plus belle et grandiose expression.

Voilà, c’est ce que j’aimerais leur dire. Bonne journée à toutes et tous.

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12 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 13 février 2019 04 h 12

    L'amour


    Belle lettre. Merci. L'amour doit toujours avoir le dessus.

    M.L.

  • Marc Therrien - Abonné 13 février 2019 07 h 13

    "Ça parle là où Ça souffre"- Jacques Lacan

    Ainsi, Alexandre Bissonnette est entré dans l’histoire à tout jamais. Il nous a aussi marqués et nous ne pourrons pas l’oublier, car c’est un des nôtres qui a commis cette folie meurtrière. On aurait aimé être soulagé qu’il ait été déclaré non criminellement responsable pour cause d’un trouble mental. Le déterminisme multifactoriel des troubles psychiques se confirme de plus en plus et il manque encore une théorie générale des rapports entre troubles mentaux et société. Comme disait Jacques Lacan : «Ça parle là où Ça souffre». Alexandre Bissonnette est le patient (ou fou) désigné de la société, le symptôme exacerbé que «Ça ne va plus». Il a certainement nui à la «cause» aussi légitime soit-elle.

    Marc Therrien

  • Gilles Marleau - Abonné 13 février 2019 07 h 50

    La pointe de l'iceberg!

    Le jeune Bissonnette à mis en oeuvre ce que des milliers de gens ont véhiculé sur les réseaux internet un peu partout : répandre la haine de l'étranger. Ce jeune est également victime.
    Ce qu'il a fait n'est pas le crime d'un seul. Il y a des milliers de coupables .

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 13 février 2019 16 h 14

      « Ce qu'il a fait n'est pas le crime d'un seul. Il y a des milliers de coupables . » (Gilles Marleau)

      Tout en compatissant avec ce qui s’est passé (aux familles éprouvées, autres), il demeure très difficile de se culpabiliser pour un crime qu’on n’a pas commis !

      De plus, lorsqu’une personne meurt de faim à cause de diverses politiques, personne ne semble se sentir coupable pas même un ministre !

      Compatissant ? Oui, mais pas nécessairement affligé de …

      … culpabilité ! - 13 fév 2019 -

  • Daniel Boiteau - Abonné 13 février 2019 08 h 23

    L'amour d'une mère

    ton coeur toujours là à mattendre....indulgent comme une mère de tueur... oh Jenny ma lueur..

    Jenny de Richard Desjardins

  • Daniel Bérubé - Abonné 13 février 2019 13 h 43

    Une médaille a toujours deux faces...

    Nous avons ici un exemple des impacts que les médias sociaux peuvent avoir. Ces médias électroniques ont des possibilités positives très grandes, au sens de multiplier en grand nombre des échanges d'informations vrais, d'avoir la possibilité de faire connaître des faits véridiques et de les partager presqu'à l'infinie, de donner des opinions justes et crédibles. Par contre, un médaille a toujours deux faces, et ici, le jeune Bissonnette a poser son regard sur l'autre face, celle des mensonges et des incitatifs à la brutalité, à l'action négative et au mal. Et il arrive un temps où celui qui fait son choix d'opinion et décide de voir d'un angle négatif une situation, cherchera et... trouvera de quoi nourir et alimenter ses pensés négatives, et souvent sans prendre le temps de s'arrêter et analyser avec froideur la chose, vérifier ces dires, leurs sources, voir même prendre le temps de lire ou écouter celles allant dans le sens contraire de son opinion, pouvant souvent ainsi trouver des raisons, des opinions qui viendront remettre en question sa pensée première. J'ai trouvé des plus intéressante les opinions émises lors d'une rencontre ayant suivi le drame, celle du représentant des victimes, reconnaissant le jeune Bissonnette comme étant lui même "victime" d'un système où tout peut être trouvé, vérités et mensonges, raisons et arguments tentant de justifier, encore là souvent par de fausses justifications, leurs opinions...

    Nous nous dirigeons vers un monde de plus en plus fou, et où ainsi de plus en plus de gens, comme vous et moi, se retrouvent avec des prescription d'anti-dépresseur, de médicaments et drogues modifiant le raisonnement d'une personne. La possibilité donné à tous de donner des opinions, vrais ou fausses, et malheureusement, revues et considérés seulement s'il y a drame... Les médias sociaux demeurent une arme à double tranchant, pouvant nous aider, comme... nous détruire.

    Très beau texte Mme. Fillion.