Lettre à mon premier ministre

Monsieur le Premier Ministre François Legault, Monsieur le Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Benoît Charette, ainsi que tous les député(e)s de l’Assemblée nationale du Québec.

Je vous remercie de prendre le temps de me lire aujourd’hui, reconnaissant que la récente reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale ne doit pas être de tout repos.

Au cours de ma longue carrière de plongeur cinéaste, j’ai vu les plus beaux paysages sous-marins à plusieurs endroits autour de la planète. Toutefois, j’ai été également aux premières loges pour voir l’impact des changements climatiques sur ces mêmes écosystèmes marins.

Je suis reconnu pour mes plongées en Arctique, où les changements s’opèrent à pleine vitesse. J’ai également eu l’occasion de plonger tout le long de notre fleuve majestueux, jusqu’à chez nous, aux Îles-de-la-Madeleine, au coeur du golfe du Saint-Laurent. Une bonne partie du Québec est bâtie le long de ce corridor fluvial, ce qui nous rend plus vulnérables à chaque addition de perturbation environnementale. Le moindre changement du niveau, de la température ou de la chimie de l’eau pourrait avoir des impacts importants sur les écosystèmes ou les infrastructures. Par conséquent, ce n’est pas qu’une question théorique, c’est plutôt l’économie de la province, celle-là même qui vous préoccupe, qui va en prendre pour son rhume.

Ceci dit, je n’ai pas besoin de vous rappeler en détail les récents avis scientifiques de grandes organisations mondiales spécialisées en environnement, qui vont tous dans le même sens, à savoir qu’il y a urgence d’agir pour inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard. L’année 2018 est assurément un moment significatif de votre implication politique. Elle a été marquée par l’élection de votre parti ayant à coeur de mener le Québec à un meilleur destin. Malheureusement, on a pu lire dans les médias récemment que 2018 se classe au quatrième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées sur terre.

Le Québec est somme toute un bon élève dans plusieurs sphères écologiques et économiques durables, mais les efforts collectifs et individuels doivent être appuyés par un cadre légal plus contraignant.

Dans ce contexte d’urgence, en mon nom, en celui de mes trois enfants, ainsi qu’en celui de ma petite-fille Estelle et des autres à venir, je vous prie de vous rallier et de promouvoir l’adoption du projet de loi visant à assurer le respect des obligations climatiques pour le Québec. De cette manière, l’ensemble des décisions politiques et économiques du gouvernement actuel et de ceux à venir seront faites en priorisant la protection de l’environnement au bénéfice du bien-être de la population actuelle et future.

Ce geste dans les premiers mois de votre mandat de premier ministre serait reconnu comme étant celui d’un chef d’État courageux et visionnaire. Il importe de faire ce geste fort de sens avant tout pour vos propres enfants et, je le souhaite, pour vos petits-enfants à venir.

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3 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 9 février 2019 13 h 34

    Vous avez raison de dire qu'une bonne partie du Québec est bâtie le long de ce corridor fluvial, qu'est le Saint-Laurent qui débouche sur le Golfe jusqu'aux Îles de la Madeleine.

    Le problème est que le Québec ne contrôle ni le fleuve ni le Golfe, ce que seule la création du pays du Québec permettrait.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 9 février 2019 14 h 24

    Avec le Plan Saint-Laurent

    Avec la plan Saint-Laurent qui est le plan de développement de maritime du Québec prévu par le Premier ministre qui a écrit un livre sur le sujet, seul l'aspect économique du développement est prévu, ce qui n'augure rien de bon pour l'aspect environnemental des regions qui sont sur les rives du fleuve. Même si le Québec n'as pas la totalité des pouvoirs sur cette emprise maritime, il pourrait mettre en place certaines mesures environnementales dès maintenant.

  • Mario Gaudette - Abonné 9 février 2019 18 h 51

    Prêcher par l'exemple

    Est-ce que monsieur est prêt de joindre personnellement le geste à la parole en réduisant la trace environnementale de lui et sa famille ?