Port de signes religieux: agir avec logique

Je suis parfaitement d’accord avec la volonté du gouvernement de François Legault d’interdire le port de signes religieux par les enseignants, les policiers, les gardiens de sécurité, les juges ainsi que toute personne offrant des services au nom de l’État. J’ai de la difficulté à croire qu’il soit si difficile pour certains de laisser leur religion au vestiaire quelques heures par jour. Toutefois, le gouvernement Legault devra faire preuve de logique et d’équité en retirant du même coup le crucifix à l’Assemblée nationale. Si ce symbole de la chrétienté faisait matériellement partie du mur, sous forme de sculpture ou de moulage en plâtre, on n’aurait d’autre choix que de le laisser, mais dans le cas présent, le crucifix n’est que suspendu. Il pourrait sans doute être relocalisé avantageusement à l’extérieur de l’Assemblée nationale, près d’un tableau représentant l’ancien premier ministre Maurice Duplessis. Son gouvernement en fit cadeau en 1936 à l’Assemblée législative, ainsi qu’on la nommait à l’époque, pour symboliser les liens entre l’Église, ses principes catholiques et l’État.

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7 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 8 février 2019 00 h 30

    Logique?

    La logique est un processus qui s'applique en fonction des prémisses, qui sont ici des valeurs. Les humains n'ayant pas tous et toutes les mêmes valeurs, leurs prémisses varient et la logique appliquée à ces prémisses donne des résultats différents. C'est là que le débat de société commence!

    • Gilbert Turp - Abonné 8 février 2019 07 h 44

      Vous confondez valeur et sentiment, je crois. Une valeur est un universel immuable, un concept : la Justice, par exemple. Tout être humain, où qu'il soit, porte en lui ou elle une Valeur Justice, qui transcende sa culture propre.
      Mais nos sentiments de justice, eux, sont variables, transitoires, flottants, parce que culturels. Ce qui heurte l'un peut paraître normal à l'autre.
      Ainsi, ce qui nous semblait juste hier (la peine de mort, par exemple) peut nous sembler injuste aujourd'hui, au nom même de la valeur Justice.

      Bref, je crois que si on veut se comprendre et s'entendre sur une base commune, il vaut mieux exprimer nos sentiments que brandir des valeurs.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 février 2019 08 h 37

      Oui, vous avez raison M. Jodouin. Tous n’ont pas les mêmes valeurs et dieu merci. Si on prend les valeurs religieuses que défend bec et ongles une certaine gauche déconnectée, les apologistes du communautarisme idéologique, celles-ci sont porteuses d’un dogmatisme inadmissible alimentant l’obscurantisme qui refuse l’évolution des mœurs parce qu’elles contredissent leur conception du monde et de l’homme tout en les réprimant. Ces mêmes valeurs religieuses ne sont pas des facteurs de lien social, de pacification, voire de solidarité collective ou de communion sociétale. Elles sont tout le contraire.

      Pardieu, il ne peut y avoir de logique humaniste ou de débat de société dans des valeurs qui nie l’humanité des uns et des autres. Il n’y a pas de débat dans l’obscurantisme car c’est l’homme qui créé les religions et non l’inverse. Alors pour les signes religieux, on passe à un autre appel car il y a longtemps que la société québécoise est ailleurs.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 8 février 2019 08 h 42

    … « CROIRE » ?!?

    « J’ai de la difficulté à croire qu’il soit si difficile pour certains de laisser leur religion au vestiaire quelques heures par jour. Toutefois, le gouvernement Legault devra faire preuve de logique et d’équité en retirant du même coup le crucifix à l’Assemblée nationale. » (Louis-Philippe Lamy)

    Bien qu’il soit comme « difficile à croire » (théma issu du mot « religion-religiosité » ?!?) que « certains », il apparaît comme illogique de « croire » à la disparition du crucifix à l’ANQ tout comme celle des symboles monarchiques et anglicans, encore présents !

    De ce qui précède, une question :

    D’où vient ce genre de difficulté ?

    Du …

    … « CROIRE » ?!? - 8 fév 2019 -

  • Michel Lebel - Abonné 8 février 2019 09 h 24

    La politique...

    Depuis quand la politique est affaire de logique! C'est le lieu par excellence des contradictions et des compromis. Ainsi va la vie dans la Cité. Depuis toujours, et les humains n'ont rien inventé de mieux!

    M.L.

    • Christian Roy - Abonné 8 février 2019 12 h 27

      Bien d'accord avec vous M. Lebel. La politique, c'est la politique... et plusieurs aspects irrationnels et contradictoires peuvent s'y retrouver.

      Par ailleurs, je crois que M. Lamy fait appel à la "logique" en dans le sens de ne pas privilégier une religion par rapport aux autres dans sa vison qui me semble inspirée du laïcisme. Il ajoute le terme "équité" pour préciser son argumentaire.
      Cela m'amène à penser que la vision laïciste (si elle est adoptée par le gouvernement Legault suite au recours à la clause dérogatoire) amènera éventuellement le Québec à ranger au placard (ou au musée) la religion catholique qui fut à une époque un marqueur identitaire fondamental de notre peuple.
      Sommes-nous collectivement rendus à cette étape ? Probablement.
      Reste la langue commune; le français (en péril ?). Quoi d'autre de vraiment distinctif ?
      Cela explique le rêve de certains d'entre nous d'importer le modèle républicain...pour combler le vide et prendre sa revanche sur les défaites de l'histoire.
      Un bien grand tournant à prendre alors que le planète brûle.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 février 2019 16 h 38

      M. Roy,

      Qu'on mette toutes les idéologies politico-religieuses (religions) au rancart ou à l'index dans la sphère publique et étatique puisque le phénomène de la spiritualité se passe entre les deux oreilles. Nous sommes bien en 2019? Ceci inclut la religion catholique comme les autres qui sont plus juvéniles et nocives dans leur démonstration publique. Alors pour les accommodements religieux, on passe à un autre appel puisqu’ils n’ont rien à voir avec les droits fondamentaux et inaliénables basés sur la race, l’ethnie, la couleur, le sexe ou bien l’âge.

      Ceci n'a rien à voir avec l'aménagement culturel et linguistique de la société d'accueil. Bien au contraire, la laïcité servira à renforcer les liens qui font une nation, une nation. Et ceci n'a certainement rien à voir avec revanche historique ou culturelle ou un supposé vide qu'on doit combler. Fini les béquilles psychologiques; on peut se tenir debout sur nos jambes sans avoir recourt à des amis imaginaires, magiques et extraterrestres.

      En passant, la planète brûle en partie à cause de la surpopulation engendrée par les certitudes, dogmes et doctrines des religions monothéistes. Vous vous en rappelez, le « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. » des livres qui datent de l’âge de bronze? C’est ce qu’ils ont fait et maintenant la planète, comme vous dites, brûle.

      Et vive la république!