Sous le signe de la transparence

À peine 24 heures après son entrée en fonction à titre de ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest y est allée d’une déclaration pour le moins percutante, soit que le port obligatoire d’un vêtement dicté par une religion s’identifie à un signe d’oppression. Par contre, Mme Charest a tenu à spécifier qu’elle respecte les personnes qui font le choix de porter tel vêtement.

Il n’en fallait pas davantage pour que les partis d’opposition accusent la ministre de mettre le feu aux poudres dans un débat déjà chaud, accusant la nouvelle ministre d’utiliser des propos maladroits sur un enjeu qui divise, à leurs yeux, la population.

À mon sens, la ministre de la Condition féminine s’est montrée transparente eu égard à sa perception des femmes soumises au port obligatoire du hidjab, une position qui reflète la perception d’une majorité de Québécois, tout en respectant le choix de celles qui le portent librement… Une attitude à la fois franche et respectueuse difficilement contestable !

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9 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 février 2019 06 h 08

    Militons contre la violence vestimentaire

    En 2014, Philippe Couillard déclarait : « Nous considérons que le port de ces trois vêtements (le tchador, le niqab et la burka) par la femme est l’instrumentalisation de la religion pour des fins d’oppression et de soumission. »
    https://www.ledevoir.com/politique/quebec/397904/couillard-prone-l-interdiction-de-la-burqa-du-niqab-et-du-tchador

    Si j’ai bien compris, la différence entre la position de la CAQ et celle du PLQ, c’est que le hijab (le foulard islamique) s’ajoute maintenant aux vêtements oppressifs.

    Nous devrons donc apprendre à distinguer le foulard islamique du foulard porté par les veuves italiennes sur la rue Jean-Talon, celui des Portugaises au sortir de la messe sur la rue Rachel, et celui, identique, porté par beaucoup de femmes d'origine méditerranéenne.

    Oppressif, le foulard islamique s’ajoute donc aux corsets, aux bustiers inconfortables et, de nos jours, à ces petits souliers sexés qui blessent les pieds des femmes, mais qu’elles portent en signe de soumission aux diktats des ayatollahs (masculins) de la mode.

    Monsieur Marineau a raison de féliciter la ministre de la condition féminine pour son combat courageux contre les violences vestimentaires subies par les femmes… tout en respectant le choix de celles qui y consentent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 février 2019 10 h 22

      Vous m'avez inquitété ! Je croyais qu'il avait tenu ces propos alors qu'il était PM. En fait, c'était en janvier 2014 et il était déjà en mode élection. Cela explique qu'il parlait des deux côtés de la bouche. Ainsi, dans le même article :

      « Je répète que, pour nous, l’interdiction du port de signes religieux par les employés de l’État, ça n’a aucun sens. Je répète que je veux qu’il n’y ait personne qui perde sa job au Québec pour une histoire semblable. »

      L'implicite, c'est que ces trois pièces de vêtement ne sont PAS des signes religieux, qui est évidemment piégée.

  • Marc Therrien - Abonné 8 février 2019 07 h 55

    La parole qui libère ou qui enferme, c'est selon et ça dépend


    Si le hijab est un symbole de l'oppression des femmes musulmanes alors celles qui le portent et qui seront obligées de l'enlever seront-elles libérées automatiquement de leur oppression? Et si le hijab est un symbole de l'oppression des femmes et que toutes les femmes qui ne le portent pas savent cela alors quel est le risque réel que les femmes voilées en convertissent d'autres non voilées qui ont en aversion ce symbole d'oppression? Pour le reste, ces 12 dernières années de crêpage de chignon collectif sur l’interdiction du port des signes religieux ont maintes fois permis d’observer qu’un des grands luxes des citoyens vivant dans une démocratie depuis toujours sans avoir expérimenté ce qu’est la dictature, c’est de se moquer des chartes des droits et libertés qui assurent pourtant leur sécurité.

    Marc Therrien

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 8 février 2019 08 h 08

    … HYPOCRISIE !?!

    « À mon sens, la ministre de la Condition féminine s’est montrée transparente » (Henri Marineau)

    Oui, en effet, cette personne s’est montrée de transparence « audacieuse » tant et si bien que le milieu politique, notamment l’adversité, s’est comme senti soudainement attaqué dans ses façons d’aborder les sujets-chauds, et ce semble-t-il ?!?, avec « nuance, corruption » ou …

    … HYPOCRISIE !?! - 8 fév 2019 -

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 février 2019 08 h 33

    La transparence ? Oui !


    Si madame Charest avait parlé en tant que citoyenne, sa prise de parole serait juste venue s'ajouter aux autres prises de positions qui commencent déjà à remonter à la surface en vue du débat public sur le projet de loi à venir. On en aurait acheté des bouts, la totalité ou rien, selon nos propres opinions, en rendant justice à ce qu'elle a voulu dire... ou pas. Il faudrait en tous cas saluer sa sincérité, sa transparence, son engagement... mais pas en contexte, où ces qualités doivent laisser la place à d'autres vertus dont il ne faut pas présumer trop vite qu'elle ne les a pas.

    Pour s'en faire une idée, de ces vertus, il suffit de se rappeler le reproche qu'on adressait régulièrement à l'ancien gouvernement, soit de faire constamment prévaloir une idéologie sur la recherche du bien commun. Il sera facile d'objecter que dans leur cas, c'était de l'idéologie alors que dans le cas de madame Charest, ce n'est pas le cas. Il faut le reconnaître, mais là n'est pas le problème. Qu'elle soit fondée sur la science ou sur l'idéologie, une conviction personnelle reste un point de vue particulier que les ministres doivent mettre de côté en tant que membres d'un exécutif dont la première fonction est de porter les consensus réalisés en parlement par le législateur. Dans le cas qui nous occupe, la CAQ a obtenu la permission de soumettre son projet de loi sur le port des signes à l'examen du parlement, mais pas de faire comme si la cause était entendue. Sinon, on ferme l'Assemblée et on laisse tout se décider au bureau du Premier ministre et au Conseil des ministres.

    Depuis trop longtemps déjà, le Conseil a élargi ses prérogatives aux dépends de l'Assemblée, lieu des débats. On s'en est plaint à raison, surtout depuis 2014. Il conviendrait qu'on retienne la leçon. Sans méchanceté, il faudra en effet que les ministres et le premier ministre apprennent à se faire un peu plus transparents, histoire de favoriser le débat au lieu d'en anticiper les conclusions.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 8 février 2019 08 h 46

    Dicté

    Je viens de prendre conscience que ce vêtement est dicté par la religion. DICTÉ. Ça m'aide à comprendre pourquoi les gens le portent, même en migrant ailleurs; difficile , même en déménageant d'arrêter une religion pour mieux s'adapter au pays d'adoption, d'autant plus qu'il y a -peut-être, je ne suis pas certain- des pénalités si cela se fait. Cela n'enlève pas la crainte que si le pays d'accueil laisse être sans restriction, que la dite religion finisse par devenir dominante... et retour à la case départ du contrôle de la population de type catholique radical qu'on a connu.