Un choix déconcertant du ministre de l’Education

Bien qu’il faille saluer les bonnes intentions du ministre Roberge dans différents dossiers touchant l’école publique, son choix de l’école privée pour ses enfants suscite un questionnement légitime. Vous me direz sans doute que c’est son droit, comme parent, d’opter pour une institution privée et qu’il n’est pas le premier titulaire de l’Éducation à le faire.

À cet égard, j’ai toujours eu de la considération pour Pauline Marois et d’autres ministres qui ont fait le choix de la cohérence et donc de l’école publique pour leurs enfants.

M. Roberge n’est pas un parent comme les autres car, compte tenu du poste qu’il occupe, il devrait être par-dessus tout le porte-étendard de l’école publique et son premier défenseur. Son choix induit auprès des parents un renforcement de l´image de supériorité de l’école privée.

Ayant enseigné 35 ans au secteur secondaire public, j’ai toujours trouvé affligeant que certains de mes collègues fassent le même choix que l’actuel ministre de l’Éducation. D’ailleurs, que dirait-on d’un président de Coca-Cola qui annoncerait candidement qu’il préfère le Pepsi ?

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12 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 6 février 2019 04 h 51

    « M. Roberge n’est pas un parent comme les autres car, compte tenu du poste qu’il occupe» (Marcel Perron)

    C'est justement en raison du poste de ministre qu'il occupe, que ses enfants n'ont pas un père comme les parents de leurs camarades;

    À l'époque, j'ai connu un neveu de Jean Chrétien qui a été marqué par l'ostracisme dont il a souffert à l'école durant son adolescence; certains lui reprochait d'être le neveu de Jean Chrétien…

    Compte tenu du contexte social et de la fonction de leur père, ces enfants-là doivent pouvoir fréquenter un établissement où ils pourront s'épanouir en toute quiétude.

    • Christiane Gervais - Abonnée 6 février 2019 10 h 11

      Et il est bien connu que les enfants des écoles privées ne taquinent, dérangent ou harcèlent jamais leurs petits camarades, bienvenue dans le monde parfait de l'école privée!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 6 février 2019 06 h 52

    Où est le problème ?

    « … j’ai toujours trouvé affligeant que certains de mes collègues fassent le même choix que l’actuel ministre de l’Éducation. D’ailleurs, que dirait-on d’un président de Coca-Cola qui annoncerait candidement qu’il préfère le Pepsi ? » (Marcel Perron)

    Bien que l’exemple de la présidence de CC donne à sourire, il demeure qu’il diffère de tout rôle ministériel qui, ce dernier, relève d’un quelconque ministère, appelé à servir ses commettants-citoyens, plutôt que d’une compagnie XYZ !

    De ce point de vue, et compte tenu que le MÉESQ portent un regard multisectoriel (Écoles privées, publiques, Options autres … .), le titulaire de ce ministère, représentant élu, peut boire tout autant du CC que du P, et ce, sans concurrence d’autorités et marchés !

    Qu’ajouter ?

    Une présidence de cie assume son mandat et son produit tandis qu’un ministre assume tout autant son mandat que son produit !

    Où est le problème ? - 6 fév 2019 -

  • Claude Rhéaume - Inscrit 6 février 2019 07 h 54

    Choix déconcertant du ministre??

    Le ministre a tout à fait la légitimité d’envoyer ses enfants à l’école privée. Les écoles publiques et privées sont deux systèmes accessibles au Québec, et tout à fait légitimes et encadrés. C’est son droit de choisir l’environnement qu’il désire pour ses enfants.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 6 février 2019 08 h 33

    « M. Roberge n’est pas un parent comme les autres car, compte tenu du poste qu’il occupe» (Marcel Perron)



    C'est justement en raison du poste de ministre qu'il occupe, que ses enfants n'ont pas un père comme les parents de leurs camarades;

    À l'époque, j'ai connu un neveu de Jean Chrétien qui a été marqué par l'ostracisme dont il a souffert à l'école durant son adolescence; certains lui reprochait d'être le neveu de Jean Chrétien…

    Compte tenu du contexte social et de la fonction de leur père, ces enfants-là doivent pouvoir fréquenter un établissement où ils pourront s'épanouir en toute quiétude.

    Je suis contre l'école privée, toutefois il y a des cas d'espèce qui imposent des mesures particulières.

    • Fréchette Gilles - Abonné 6 février 2019 10 h 59

      Vous avez raison, ce neveu n'était nullement responsable du fait que son célèbre oncle vomissait sur les québécois. Monsieur préférait garder son 'flag' sur le 'hood' de son 'char'.
      Bref, disons que nous sommes devant un ministre de l'éducation qui veut abolir les commissions scolaires, mais trouve normal de subventionner des écoles privés qui profitent aux plus riches. Ce qui permet à ces écoles et collèges d'avoir des laboratoires ultra-moderrnes, des piscines et même des arénas.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 6 février 2019 11 h 23

    « bienvenue dans le monde parfait de l'école privée!» (Christiane Gervais)

    Vous extrapolez. Je n'ai pas vanté les mérites de l'école privée ni dénoncé ses travers. J'ai simplement songé qu'il y a des cas d'espèce qui imposent des mesures particulières. Par exemple, devrait-on s'étonner si les enfants d'un diplomate sont scolarisés dans une école privée?

    J'ignore pour quelle raison les enfants du ministre fréquentent l'école privée. Je songeais simplement qu'il y a lieu aujourd'hui de protéger les enfants d'un ministre, dont le parti est l'objet de controverses ethnique et religieuse. Au-delà des taquineries et des vexations, compte tenu du contexte social, ce qui importe c'est la sécurité de ces enfants-là. J'imagine que cette sécurité s'exerce plus facilement dans un cadre privé qu'à l'intérieur d'un établissement public.