Afficher ses croyances sans contrainte

Que la personne qui est devant moi soit catho, juive ou musulmane m’importe peu pourvu qu’elle fasse bien son travail. J’aime bien, malgré tout, savoir à qui j’ai affaire et, si une personne affiche ses croyances, je me dis : « Tant mieux ! Je sais ce que je dois et ne dois pas dire ou faire en sa présence. » J’aime mieux, d’ailleurs, avoir affaire à une personne qui affiche ses croyances plutôt qu’à une autre qui les dissimule sous quelque prétexte que ce soit.

Ce qui me choque, c’est que des hommes (des mâles nombreux, grands, intelligents et forts) s’inquiètent et s’insurgent parce que quelques femmes portent des vêtements qui les dissimulent plus que moins. Ces mêmes hommes, libéraux, péquistes, caquistes, n’ont pas le courage de faire enlever ce symbole carrément offusquant pour une partie de la population qu’est le crucifix à l’Assemblée nationale. Ils préfèrent s’attaquer à cette centaine de femmes qui ont le malheur de porter des vêtements ou des signes peut-être religieux. Bravo pour votre courage, messieurs dames de l’Assemblée nationale. Bravo de prôner la dissimulation des croyances tout en affichant carrément les vôtres sous le premier prétexte venu.

On ne choisit pas ses croyances. Elles nous sont imposées dès notre enfance par nos parents, notre famille, notre milieu. Ce n’est que peu à peu qu’on finit, si on l’ose, par remettre en question ces génuflexions, ces agenouillements, ces à-plat-ventrismes, ces simagrées que Dieu nous demanderait de faire. Dieu, s’Il existe, est infiniment au-dessus de tout ça qui n’a de sens que pour ces animaux que sont les êtres humains. On souhaite que nos gouvernants le comprennent et ne viennent pas compliquer inutilement la vie de ces croyants qui sont de bonne foi même s’ils ne savent pas ce qu’ils font.

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

63 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 6 février 2019 09 h 52

    Franchement !

    « …si une personne affiche ses croyances, je me dis : « Tant mieux ! Je sais ce que je dois et ne dois pas dire ou faire en sa présence. »

    Pourquoi? Pourquoi doit-on en terrain neutre comme le milieu du travail, faire attention à ne pas blesser les croyances personnelles de certains? Il nous semble que cela va de pair d’être professionnel en milieu de travail afin de ne pas heurter qui que ce soit, religieux ou non. Ici, la neutralité a bien meilleur goût. Ce qui veut dire que ceux qui nous braquent leur carte de visite de leur ami imaginaire préféré au visage, on pense qu’ils ne contribuent pas tellement à une bonne atmosphère au travail. Dans le cas de la salle de classe, c’est tout simplement du prosélytisme.

    « On souhaite que nos gouvernants le comprennent et ne viennent pas compliquer inutilement la vie de ces croyants qui sont de bonne foi même s’ils ne savent pas ce qu’ils font. »

    Cette phrase est dénuée de sens. Il nous semble encore une fois, que c’est à ceux qui ont des croyances personnelles diverses à ne pas venir compliquer inutilement la vie des gens dans la sphère étatique qui comprend l’école publique. Si ceux-ci ont été endoctrinés dès l’enfance (filiation), prêter jeu à cette manigance politico-religieuse n’aide personne, surtout ceux concernés. Et s’ils ne savent pas ce qu’ils font, pourquoi l’imposent-ils aux autres?

    Oui, le crucifix doit être décroché et remis ailleurs. C’est un artefact culturel pour les Québécois. Mais ils semblent que c’est la société d’accueil qui doit toujours faire tous les sacrifices pour accommoder les caprices religieux des uns dans une société qui se veut laïque.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 16 h 08

      « de leur ami imaginaire préféré » la différence entre ce genre de déclaration et d'autres professions de foi, c'est que celui-ci ne se borne pas à témoigner d'une conviction, mais qu'il le fait de façon agressive et méprisante. Peut-être y a-t-il une part de projection dans l'inquiétude que peut vous inspirer les signes religieux. Je la partagerais.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 février 2019 17 h 44

      La journée où vous pourrez prouver M. Desjardins, et ceci sans l'ombre d'un doute, en faisant l’acquisition de connaissances reconnues comme scientifiques par observation, expérimentation, vérification, théorisation et surtout, par reproduction d’un phénomène que vous appelez dieu ou son existence, là je vous suivrez. Entre temps, ceux qui font des professions de foi basées sur des amis imaginaires, magiques, et extraterrestres de l’éther sidéral, ils peuvent passer leur chemin et n’ont pas leur place dans le royaume des adultes.

      Les signes religieux ne sont que les porte-paroles des idéologies politico-religieuses créationnistes (selon leurs livres de l’âge de bronze, la Terre est vieille de 6 000 ans) qui souvent, penchent vers un fascisme qui n’a plus sa place en 2019. Vous connaissez les guerres entre les sunnites et les chiites (Irak, Syrie, Yémen et j’en passe)? Vous êtes probablement un de ceux qui pense que les objets tombent à cause qu’il y a un homme avec une longue barbe blanche dans le ciel qui les fait tomber. Nous, on appelle cela, la gravité. Cessez d’humaniser les atomes; rien n’existe à part ceux-ci et le vide. Peut-être que vous n’existez même pas et vous ne le savez pas. Les religions, avec leurs dieux créés de toute pièce par les hommes, sont proportionnels aux délires de l’humain et inversement proportionnels à la réalité dans un univers, qui, à la limite de la vitesse de la lumière, contient plus de 2 000 000 000 de galaxies et que chaque galaxie contient plus de 200 milliards d’étoiles.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 19 h 46

      Oups ! Je vois ...

    • Christian Roy - Abonné 6 février 2019 20 h 51

      "Peut-être que vous n’existez même pas et vous ne le savez pas." - Cyril Dionne

      - Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 février 2019 22 h 00

      "Peut-être que vous n’existez même pas et vous ne le savez pas." - Cyril Dionne
      "Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal." CR

      Une chose est certaine: les personnes qui n'existent pas ne sont pas conscientes de leur non-existence :0).

    • Cyril Dionne - Abonné 6 février 2019 22 h 29

      Chers MM. Desjardins et Roy,

      Vous ne pouvez pas dialoguer avec ceux qui ont un besoin inné de croire. Avec vous autres, on serait encore autour du feu dans une caverne quelconque à s'obstiner qui devrait être le plus proche des flammes parce que les amis magiques les ont favorisés. Misère.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 7 février 2019 07 h 38

      C'est comme dieu, tiens : il peut bien prétendre qu'il existe si ça lui chante, mais on n'est pas obligé de le croire. Des fois, je me demande même s'il a toute sa tête.

  • Yves Laframboise - Abonné 6 février 2019 10 h 03

    MÉLANGE DES GENRES

    Vous pratiquez le mélange des genres et l'alimentez par l'émotion.

    Une société, pour bien fonctionner, a besoin de règles communes pour assurer un minimum d'harmonie.

    La laïcité, que vous semblez viser sans la nommer, propose de régir les relations entre individus dans l'espace institutionnel étatique, ce qui n'a rien à voir avec le sentiments que l'on peut éprouver face à une personne qui afffiche des signes ostentatoires sur la rue. Il ne faut pas tout mêler. Croyances personnelles et laïcité comme régime juridique appliqué à une société sont deux choses différentes.

    La mie en place de ce régime se fait graduellement au Québec et constitue un parcours du combattant dans lequel, oui, il peut arriver que la parfaite cohérence ne soit pas encore atteinte à touts les étapes. Notre histoire en fait la démonstration depuis fort longtemps.

  • Nadia Alexan - Abonnée 6 février 2019 10 h 21

    Les signes religieux ostentatoires témoignent d'un prosélytisme silencieux.

    À monsieur Claude Guay:
    Je suis d'accord avec vous que la croix, un symbole religieux ostentatoire, n'a pas de place dans l'Assemblée nationale.
    Par contre, je ne suis pas d'accord avec vous que les croyants se permettent d'afficher leur appartenance religieuse au seine de la fonction publique. Les agents de l'État doivent garder une réserve de l'affichage politique ou religieux pour sauvegarder la neutralité de l'État.
    Vous n'avez pas compris encore que l'affichage de signes religieux n'a rien à faire avec la foi, mais beaucoup à faire avec un moyen de prosélytisme silencieux.

    • Michel Lebel - Abonné 6 février 2019 11 h 10

      @Nadia Alexan,

      Il semble bien qu'aucun juge, policier et gardien de prison ne porte présentement de signes religieux ostentatoires. Donc aucun problème réel dans ces trois cas. Quant aux enseignants, à ce que je sache, il n'y pas eu de plainte, à ce jour, à leur égard, pour un port de signes religieux. Mais alors où est le problème en cas-ci aussi? Serions- nous dans les faits, avec le débat sur les signes religieux, en plein délire idéologique? L'idéologie peut notamment être définie comme un faux rapport au réel. Si tel est la cas, la discussion sereine devient impossible. C'est l'absurde cher au regretté dramaturge Eugène Ionesco qui domine. À suivre.

      M.L.

    • André Joyal - Abonné 6 février 2019 11 h 29

      Mme Alexan: il me semblait bien que vous ne pouviez ne pas répondre à cette lettre. Mais,
      je vous ai devancé en faisant un commentaire à la chronique de Francine Pelletier où j'en profite pour inviter M. Guay à venir une fois à Montréal. Je lui indique où, en moins de 15 minutes, il pourra rencontrer cette «centaine» de femmes voilées qu'il imagine exister en un aussi faible nombre Et je ne lui recommande même pas de s'installer à la station de métro Jean-Talon. c'est tout dire.

    • Nadia Alexan - Abonnée 6 février 2019 13 h 57

      À monsieur Michel Lebel: Malheureusement, vous n'êtes pas au courant, ou vous ne comprenez pas, la mission de l'islam politique qui cherche à se démarquer en utilisant le port du voile islamique comme arme de prosélytisme.

      Voici que l'islamologue, Soheib Bencheikh, l’ancien mufti de Marseille avaient à dire sur cette question épineuse: «Bien sûr, il faut accorder les libertés à tout le monde, notamment s’il s’agit de la liberté de conscience. Mais est-ce que le voile, la burqa, le niqab est un problème de conscience et de spiritualité ? Ne s’agit-il pas plutôt de l’étendard avant-gardiste d’une idéologie conquérante qui utilise les libertés offertes en Occident — laïcité, liberté religieuse, etc. — comme un cheval de Troie pour s’imposer peu à peu ? »

      «Il note que les islamistes ont, à cet égard, enregistré des victoires, notamment la normalisation du hidjab, ce voile soft qui cache seulement les cheveux. « Je me souviens qu’au début des années 1990, on ne parlait que du voile. Aujourd’hui, on parle du niqab et du voile intégral. […] Le voile est passé. Il est banalisé. Il y a même des femmes occidentales épanouies qui en prennent la défense au nom de la liberté. Elles disent “libre à la femme de se voiler, de s’enfermer et de rester arriérée”. C’est contradictoire, comme discours. »

      https://www.ledevoir.com/politique/canada/483568/islam-la-modernite-ou-la-marginalite

    • Pierre Desautels - Abonné 6 février 2019 14 h 33


      @Michel Lebel

      Bien dit. Il s'agit d'un faux problème et il y assurément un délire idéologique qui vient teinter le débat.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 6 février 2019 14 h 57

      Je répondrais à Michel Lebel et à l'auteur de cette lettre de la manière suivante : que pensez-vous d'un prof qui se présente en classe avec un t-shirt (ou un autre vêtement) qui présenterait un logo caractéristique de l'athéisme comme par exemple un homme qui met au poubelle «l'idée de dieu». J'imagine qu'il y a une manière de représenter cette idée par des pictogrammes. Serait-ce approprié?

      Imaginons aussi un prof qu se présente avec un chandail où serait écrite l'inscription «dieu n'existe et il se moque de ceux qui croient en lui du haut de son royaume imaginaire», on peut imaginer pas mal de satire entre cette «profession de foi sincère» et les liens que l'on peut faire entre les religions et la violence, il serait par exemple raisonnable de prendre des citations «Des Religions meurtrières», livre de Eli Barnavi et de les sérigraphier.

      Je ne vois pas comment on peut éviter ou limiter l'expression de l'athéisme par des signes et en même temps laisser libre l'expression, en classe de signes religieux.

      Un prof peut-il arriver en classe avec un chandail avec le logo de l'anarchisme, voire du « CHE », même si c'est le groupe «Rage agains the Machine»? Si nos parents ont souffert du communisme, avoir prof qui affiche un tel signe, en permanence, c'est problématique et en cas de plainte, le syndicat aura beaucoup de mal défendre ce prof, la direction aura raison de dire que le prof ne doit pas abuser de sa tribune pour propager une doctrine et violer ainsi la liberté de conscience de ses élèves, ça doit être chiant, si on est pas communiste ou révolutionnaire, de devoir assister à un cours de quelqu'un qui porte un symbole que l'on exècre. C'est du «bruit» dans la communication qui entrave la relation pédagogique, je dis ici une évidente.

      Pourquoi en serait-il autrement en matière de religion. Lisez Elie Barnavi, vous m'em parlerez après.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 16 h 35

      Monsieur Gill, que penseriez-vous d'une femme qui se présenterait en classe avec des souliers à talons hauts, les jambes dénudées jusqu'aux genoux (soyons pudiques) et un chandail laissant deviner un peu de poitrine ? Vous ne diriez pas que cette femme affiche ostentatoirement les signes de soumission associés à la prostitution. Vous ne vous autoriseriez même pas à suggérer que cette femme reconduit des standards sexistes. Si l'appareil vestimentaire de la dame introduisait du « bruit » dans la communication, votre premier réflexe serait sans doute de baisser le volume de vos présuppositions et de vous enquérir auprès d'elle de ses motifs. À moins que vous ne jugiez qu'à défaut de signifier que c'est une prostituée, il n'y a pas d'autre signification possible ? Si elle est une de ces femmes équipées d'un minimum de libre arbitre, elle ne vous accordera pas le privilège d'en décider à sa place. Manifestement, les femmes qui portent un voile sont d'emblée suspectées de ne pas compter parmi celles-ci. C'est pourquoi il faut leur imposer d'agir « librement » à défaut d'en avoir le bon sens ou la latitude.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 février 2019 18 h 29

      Cher M. Desjardins,

      Vous devriez vous en tenir à d'autres sujets puisque pour le domaine de l'éducation, vous ne semblez rien y comprendre. Les écoles ont des codes vestimentaires pour les élèves comme pour les enseignants. Vous n'avez jamais mis les pieds dans une école et c'est peut-être pour cela que vous êtes tout mêlé. Et si l'école n'intervient pas, vous pouvez être assuré que certains parents y feront la remarque jusqu'à porter plainte. Pardieu, dans quel monde vivez-vous? Lorsque les apprenants ont atteint l'âge légal, là, c'est une autre paire de manches.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 21 h 12

      Oups ! Je vois. . .

    • Christian Roy - Abonné 6 février 2019 21 h 16

      @ M. Dionne,
      À vous "qui comprenez"...
      Avez-vous des cas de ce genre (celui ici-haut) à relater ?
      Y a-t-il une école qui interdit le port de signes religieux présentement au Québec ?
      Connaissez-vous des parents qui ont fait des plaintes à ce sujet ? Pour quelles raisons précisément ?
      Pourquoi serait-il possible d'accorder à des enseignants de porter des signes religieux dans le réseau privé et pas dans le réseau public ?
      Les élèves du public seraient moins susceptibles d'ëtre influencés ? Ceux du public seraient pour leur part de frèles victimes potentielles ?

      Lorsque le port de signes religieux est clairement expliqué aux enfants qui en font la demande, ils comprennent le sens à lui donner... et ils passent à autre chose. Pas question d'en faire un drame. Enfants du privé comme du public. S.V.P. ne les sous-estimez pas !

      Le fait de pouvoir donner ces explications dans un cadre scolaire est un avantage qui les dégage justement du prosélytisme dont vous vous méfiez et qu'ils rencontreront sur la place publique tout au cours de leur vie. D'autre part, la familiarité qu'ils développeront envers les croyants de toute obédience les rendront moins radicaux dans leurs jugements et de meilleure compagnie en contexte pluraliste.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 février 2019 08 h 20

      M. Maltais Desjardins!
      Vous nous refaites ENCORE le coup de l'apparence?

      Mêler mode et signes religieux est tendancieux et je suis écoeuré de devoir vous le répéter indéfiniment.
      Cette dame "habillée comme une prostituée", (je ne vois aucune différence avec des starlettes d'Hollywood), je vous prie instamment de trouver quelle organisation aux visées de pouvoir politique elle représente.

      Il a été dit que si une personne "racisée" se sent mal à l'aise de certains propos, ceux-ci sont racistes QUELLE QUE SOIT l'intention du locuteur.
      À plus forte raison pour les signes religieux, étant donné que ce n'est pas n'importe qui qui juge ces signes mais bien des membres de la même communauté religieuse.

      Il est indiscutable que l'autorité du prof est prépondérante chez ses élèves.

      Les monothéismes sont basés sur une seule raison qui GOUVERNE l'univers.
      "Tous les cheveux de votre tête sont comptés..." -Matthieu 10
      ...est-il assez intrusif pour vous ? Violent ?

      Ils visent un comportement "idéal" de tout individu, pour des motifs "idéaux" dans un état d'esprit "idéal".
      Zéro importance est donnée à la souffrance physique ou morale. Quant à la mort, elle est le moment où l'esprit se libère des contingences de l'existence. C'est la mort qui donne un sens à la vie.
      Applicable à tout humain par tout monothéisme.

      Aucun ne répugne à s'imposer par tous les moyens, aucun n'est non-violent sauf quant au comportement individuel. Ce "sauf" n'a rien d'innocent.
      Je répète, tous les monothéismes sont foncièrement politiques et pas non-violents.

      La confusion entre foi et religion est entretenue par le seul parti non cité ici, QS, pour des raisons bassement électoralistes.
      La preuve en est qu'on a décidé de discuter du sujet à huis-clos : il s'agissait d'établir une stratégie dont le premier élément est une image d'unité pas du tout démocratique.

      Il n'y a pas plus malhonnête que QS dans le paysage politique.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 7 février 2019 10 h 48

      Monsieur Trottier, le ton de votre commentaire me dissuade d'y répondre.

  • Jocelyn Roy - Abonné 6 février 2019 10 h 50

    D'accord...

    ... avec les deux derniers paragraphes de votre intervention où l'essentiel de votre argument est présenté.

  • Michel Lebel - Abonné 6 février 2019 10 h 52

    Je sais ce que je fais!

    Affirmation en fin de texte que je ne partage pas de l'auteur, à savoir '' que les croyants sont de bonne foi, mais ils ne savent pas ce qu'ils font''. Je suis croyant et je sais ce que je fais! Ma croyance est une affaire de coeur et de raison. Bien des personnes connaissent mal les religions et ils véhiculent des préjugés à leur égard. Idéologie, quand tu nous tiens!

    M.L.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 6 février 2019 15 h 11

      Donc vous prétendez avoir le monopole de l'interprétation des religions ou de votre religion? D'où vous viennent vos capacités d'exégèse? En quoi par exemple un fanatique révolutionnaire, membre de la confrérie des Frères musulmans, a-t-il tort dans son interprétation littérale du Coran et dans son désir d'imposer la Charia? Si vous prétendez qu'ils ont tort et que «l'islam est une religion de paix», par quelle autorité faites-vous ce décret? Au contraire, peut-être sont-ils donc orthodoxes.

      En quoi est-ce que je véhicule des préjugés si je crois ces fanatiques dans leur prétention de restaurer ou d'implanter un islam authentique.
      Si j'ai lu le Coran traduit par Sami Aldeeb, que je comprends le principe d'abrogation et donc une partie de la confusion entourant le Coran dont l'ordre de révélation n'est pas chronologique , en quoi est-ce que je connais mal ou que je véhicule des préjugés si je suis inquiets pour le sort des apostats?

      Comme vous je pense que les croyants savent très bien ce qu'ils font et c'est précisément pour cette raison, parce que c'est du militantisme politique et du prosélytisme que de vouloir porter le voile et enseigner.

      Il importe d'expliquer que le consensus, par rapport à la religion, c'est que le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel sont séparés en Occident, particulièrement au Québec. Pour cette raison, nous reconnaissons, au Québec, la puissance de la religion et nous ne permettons pas qu'elle se mélange avec l'éducation.

      En fait la situation actuelle est floue, le voile pourrait être toléré alors qu'il est un signe autant politique que religieux et tant que les tribunaux ne s'en sont pas saisi, il y aurait un état de tolérance implicite, laquelle demeure problématique. Mieux vaut la même règle pour tous : pas de signes politiques en classe et donc pas de signes religieux non plus. Si des gens ne peuvent pas comprendre cette exigence minimale, peut-être seront-ils plus heureux en Ontario, la loi clarifiera les chose

    • Paul-Marie Bernard - Abonné 6 février 2019 15 h 31

      Monsieur Lebel,
      En distinguant la pensée de la foi ou la philosophie (raison) de la théologie, Spinoza suggère que «l’une et l’autre ont leurs royaumes propres: la raison celui de la vérité et de la sagesse, la théologie celui de la ferveur croyante et de la soumission.» En actualisant ces énoncés dans une terminologie plus moderne, on peut facilement associer la philosophie à la démarche scientifique pour l'acquisition des connasisances et le développement de la raison ou esprit critique dans la recherche de la vérité.
      Ces quelques propos sont tirés de l'intéressant volume de Frédéric Lenoir, **Le Miracle Spinoza**. Je vous en suggère la lecture pour nourrir votre réflexion.
      Paul-Marie Bernard

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 16 h 45

      Monsieur Gill, les croyants savent ce qu'ils font, mais ce qu'ils savent n'est pas ce qu'ils prétendent savoir, si je vous suis bien. Vous confondez allègrement deux registres de connaissance : l'un portant sur le contenu des énoncés centraux de la religion (que vous dites maîtriser bien et on vous croit), l'autre sur la valeur de vérité de ces énoncés. Ce que le croyant « sait », ce n'est pas que ses croyances sont vraies, mais qu'elles fondent pour lui ou elle son existence. Il faudrait s'autoaveugler d'aplomb pour prétendre que tous les pratiquants des religions font ces nuances, mais cela vaut tout autant pour n'importe quel réseau de croyances, religieuses ou pas au coeur de la vie de tout le monde. Il y a des fervents. Il y a des dogmatiques. Ce ne sont pas toujours les mêmes. La différence entre les deux me semble recouper celle entre témoignage et prosélytisme.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 16 h 53

      « pas de signes politiques en classe et donc pas de signes religieux non plus » Pas de signes politiques partisans. Un CHE n'est pas partisan parce qu'il ne signale pas le projet de porter un programme de parti au pouvoir comme la face de Manon le ferait. Le devoir de réserve n'est pas clairement compromis dans ce cas et, si la vigilance est de mise, elle sera en tous cas plus utile que de maladroites exclusions fondées sur une sorte de principe de précaution. En revanche, si un groupe de musulmans formait un parti politique provincial où telle couleur de voile serait un signe clair d'adhésion, il devrait évidemment être interdit, mais pour cela, les lois existantes suffisent déjà largement.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 6 février 2019 16 h 57

      Monsieur Bernard, Spinoza est un philosophe tout à fait respectable, mais l'opposition entre une Raison qui conduit au Vrai et une foi qui conduite à la soumission est plutôt grossière, pour autant d'ailleurs qu'il faille la lui attribuer et non à cet auteur.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 février 2019 18 h 42

      Ah! M. Lebel. Vous avez non seulement mis les pieds, mais tout votre être. ;-)

      Les religions vous vendent un produit imaginaire et vous achetez parce que vous avez la foi. Ah ! ben. Les religions sont tous des sectes qui ont réussi. Moi, je me demande pourquoi les gens ont tellement peur de la mort quitte à payer des indulgences pour atterrir dans un paradis magique qui est le produit de plusieurs imaginations fructueuses. Il n’y a pas si longtemps, les hommes se prosternaient aussi devant le soleil. Et demandez-vous, lorsque notre étoile, le soleil, aura atteint son apogée et implosera, est-ce que les dieux que les hommes ont créés disparaîtront avec lui?

      C’est « ben » pour dire.

    • Christian Roy - Abonné 6 février 2019 21 h 29

      @ M. Gill,

      Vous écrivez plus haut... "Pour cette raison, nous reconnaissons, au Québec, la puissance de la religion et nous ne permettons pas qu'elle se mélange avec l'éducation."

      - Comment pouvez-vous être si sûr qu'en enlevant de la vue les signes religieux à l'école que le prosélytisme disparaîtra ? Tour de magie à la Luc Langevin ? J'aimerais bien savoir sur quelles évidences vous vous basez.
      Un prosélytisme latent (qu'il soit islamiste, évangéliste ou scientiste, etc.) n'est-il pas toujours possible ? Comment s'en prémunir ?

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 février 2019 09 h 04

      M. Maltais Desjardins,

      Vous cultivez la confusion comme d'autres le chiendent... et je ne m'épuiserai pas de relever vos entorses à l'honnêteté intellectuelle malgré tous vos efforts.

      Vous parlez à M. Bernard de foi qui conduit à la soumission, arguant que cet argument est grossier. Wow!

      De un M. Bernard ne PARLE PAS DE FOI. Arrêtez de mêler la foi dans le débat, c'est ça qui est grossier.
      Aucune religion n'est une foi, Les religions sont des faits sociaux et rien de rien de RIEN d'autre. On peut approfondir ces faits sociaux mais pas leur donner une dimension spirituelle qui ne concerne que les individus, un point c'est tout.
      Biffez la foi de vos arguments bidon.
      Ou bien avouez votre ignorance, qu'on passe à autre chose. Ou bien... est-elle voulue ?

      Vous collez le mot "opposition" à ce que dit M. Bernard. Il ne parle pas d'opposition mais bien d'apposition, c'est pourtant évident. Des démarches différentes ne signifie pas des démarches opposées.

      Un des buts des religions est justement d'opposer une vérité "universelle" au réel, et même de remplacer le second par le premier. Votre discours est en soi éminemment religieux.

      Une religion est un fait social. Plusieurs personnes, pour raisons diverses, s'accordent à donner de l'autorité sur l'ENSEMBLE de leur personne (chair, comportements, opinions, famille, procréation, volonté...) à d'autres personnes. C'est ÇA, la définition de la soumission!

      "Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui ne rassemble pas avec moi disperse", Mathieu 12:30
      Aux deux sens y présents, celui qui touche la religion est aussi tranchant qu'une hache et ne laisse aucun espace à la libre-pensée, encore moins à une quelconque diversité.

      Le décalage entre la pauvreté torve de votre raisonnement et la richesse de votre vocabulaire m'incite (m'invite) à croire que vous prenez les gens pour des imbéciles. Ou bien...

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 février 2019 09 h 21

      M. Roy, il y aura toujours des prosélytismes, latents ou pas.

      C'est justement pourquoi il est nécessaire de rester sensible à tout ce qui peur pervertir une vraie démocratie balancée dans un état de droit.

      Il n'y a aucune magie dans ça, contrairement auxc idées que veulent imposer certaines religions.
      À chaque perversion politique nous devons poser des limites raisonnables et claires, qui ne brimeront que les idées et pas les gens, sauf s'ils sont violents.

      Étant entendu qu'un symbole qui se veut religieux ne concerne pas l'individu mais quelque chose qu'il admet le dépasser, nous voilà dans le vif du débat.

      Maintenant, si vous croyez que le fait de démissionner devant des gens qui veulent asséner leur unique vérité à tous peut aider à rendre tout le monde gentil et beau et pacifique et tendre, bon vivant et heureux et débonnaire, une bonne fois pour toutes, ben.... que puis-je vous dire pour vous ramener à la réalité ?

      Je regrette de devoir vous dire cette évidence, mais les religions, elles, exigent qu'on fasse un choix. Elles le disent toutes très clairement.

      C'est pure lâcheté de ne pas choisir. Tout comme ce serait lâcheté de baisser les bras devant toute injustice, surtout en disant qu'il y en aura encore après.

      Lâcheté... Tiens, je recommence à penser à QS. Ben coudon.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 7 février 2019 10 h 52

      Monsieur Trottier, le ton de votre commentaire me persuade de ne pas y répondre.