Islamophobie: et si on s’attardait à la cause…

Le fait d’institutionnaliser une journée contre l’islamophobie ne règle en rien le problème. Au contraire, cela risque de l’aggraver et de créer un préjudice et un climat de frustration, de méfiance et de vengeance. Il lancerait comme message que tous les Québécois sont islamophobes, alors que c’est loin d’être le cas.

Cependant, cela risque de le devenir à cause des agissements de certains groupes et de certaines décisions politiques qui se prennent par peur, par pression ou à cause de l’incapacité de certains politiciens de dire non.

Si une journée est dédiée à l’islamophobie, il faudrait par souci d’équité en faire une aussi pour la christianophobie, pour la judéophobie pour « l’autochtophobie », pour la francophobie et la québecophobie.

Oui, l’hostilité envers tous ces groupes existe aussi, mais de façon plus subtile et moins apparente.

Ces groupes, même s’ils ne font pas pression, ont besoin aussi d’être reconnus par le gouvernement, sinon ce serait de l’ordre de la discrimination et du favoritisme de ne pas les traiter comme ceux qui crient à voix haute.

Et si nous nous attardions un peu aux moyens pour favoriser l’inclusion des nouveaux venus dans un pays adoptif et ne pas inciter la population à éprouver de la peur ou de la haine envers un certain groupe d’individus.

En tant qu’émigrants et réfugiés, il est normal de reconnaître que nous avons des droits à protéger et à défendre, mais nous avons aussi des devoirs, et ce, en guise de remerciement au pays qui nous reçoit. Par exemple, n’est-il pas normal :

de respecter la culture, les moeurs et les coutumes du pays d’accueil, sans toutefois lui imposer les nôtres et surtout ne pas revendiquer constamment des faveurs et des accommodements ;

de se dissocier publiquement et rapidement des actes terroristes commis par certains membres du même groupe afin de rassurer la population sur le fait que tous ceux qui sont de la même croyance n’ont pas nécessairement les mêmes valeurs.

Quant au gouvernement en place, ne devrait-il pas :

maintenir les droits existants sans essayer de les affaiblir ou les restreindre (ex. la liberté d’expression qui caractérise le pays et qui a été pour plusieurs immigrants la raison du choix du Canada et du Québec comme pays adoptif) ;

arrêter de prendre des décisions par peur ou pour faire plaisir à certains groupes qui font pression en pensant acheter leurs votes ;

être capable de dire non à certaines demandes qui peuvent avoir des répercussions sur le reste de la population.

Le gouvernement en place n’a-t-il pas le devoir de sécuriser et de protéger toute la population en établissant des lois communes et équitables visant l’intérêt général de façon inclusive et d’unir tout le peuple autour d’un idéal commun, d’un projet national dans l’égalité ?

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35 commentaires
  • Raynald Rouette - Inscrit 4 février 2019 08 h 03

    L’islamisme prosélyte n’a pas sa place au Québec


    L’islam modéré oui!

    Depuis les touts débuts de la crise des accommodements religieux, il est permis de penser que les politiciens à tous les niveaux, n’ont pas été à la hauteur des attentes de la société d’accueil, de là à parler de trahison, il n’y a qu’un pas à faire...

    Démocratie et théocratie ne vont pas de pair, tandis que ploutocratie et théocratie semble bien s’entendre...

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 février 2019 09 h 23

      Vous avez raison, monsieur Rouette. Il n'y a pas de place au prosélytisme religieux dans une société dite laïque. Il ne faut pas céder au chantage de groupuscules religieux qui revendiquent des droits supplémentaires et qui ne respectent pas la neutralité de l'état.
      En effet, les nouveaux arrivés ont le devoir de réserve en guise de remerciement à la société d'accueil. Il faut privilégier la cohésion citoyenne au lieu du communautarisme.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 4 février 2019 09 h 23

      Ce que vous dites, monsieur, c'est qu'il n'y a pas de « place » pour la liberté d'expression quand elle ne s'accorde pas à vos convictions, dont vous voudriez faire la norme. A vos yeux, le seul fait d'exister, pour les les « islamistes », cela constitue déjà une forme de prosélytisme. Ce que vous désignez comme « islam modéré », c'est celui que vous voudriez circonscrire dans les marges de votre tolérance. C'est cela qui n'a pas sa place, monsieur. Les musulmans n'ont pas de compte à rendre de la manière dont ils pratiquent leur foi. Ils n'ont ni plus ni moins d'obligations et de droits que vous et moi et c'est à cette seule aune qu'il convient de juger de la légitimité des demandes d'accommodements. Votre suspicion à l'endroit des « islamistes » n'est pas un motif raisonnable d'accommoder votre désir de faire taire ce qui vous déplait chez ces gens qui ne sont pas « accueillis » ici mais ont part à la même citoyenneté que vous et moi.

    • Jean-François Trottier - Abonné 4 février 2019 11 h 56

      M. Maltais Desjardins,

      avant de juger M. Rouette aussi sèchement, vous devriez demander un supplément d'information. Sinon, vous roulez plein gaz dans le sillon de préjugés gros comme le bras : le beauf', le mononc', mots usés à la corde pour ressortir de vieilles jokes de Newfie.

      L'islamisme EST un courant politique basé sur un prosélytisme souvent violent. Lisez le dictionnaire.

      Je suis personnellement contre ce mouvement, tout comme je suis contre le libéralisme à outrance (ce cher "néo") ou le socialisme idiot assez fréquent ces jours-ci.
      Ma suspicion envers les islamistes dépasse même celle des faux prophètes du jugement moral qui pullulent dans les rangs d'un certain parti. Vous savez, les rois de la généralisation vaseuse qui discutent de cravates ? Oui, ceux-là.

      Je n'aime pas le court texte de M. Rouette parce qu'il ne va ni au bout ni aux origines de sa pensée. Difficile de critiquer un texte ainsi bâclé.

      Vous devez, ici et maintenant, prouver que vous acceptez facilement ce qui dépasse les marges de votre propre tolérance.
      Hé! Vous l'exigez des autres, alors...

      Il est dans la nature des monothéismes de déborder sur la politique comme sur tout. Leur code de vie se veut universel avec l'exception du judaïsme, par essence élitiste, qui ne vise que quelque-uns tout en jugeant tout le monde.
      On doit inclure l'hindouisme et le sikhisme.

      Je vous prie de réfléchir au fait que, si nous tenons à mettre à l'aise des immigrants y compris leurs limites de tolérance, nous devons respecter celles des gens qui vivent déjà ici, qui s'y sentent bien, et qui ne voient pas pourquoi quoi que ce soit devrait changer... à moins que vous ne soyez partisan de la "conscientisation des masses", incluant le youpi et la condescendance des "penseurs" en mal d'identification?
      Le respect, tout le monde y a droit me semble-t-il.

      Vous démontrez un manque d'écoute qui suscitera des préjugés... à votre endroit, et avec raison. You bet.

  • Clermont Domingue - Abonné 4 février 2019 08 h 49

    Vivre ensemble.

    Chère Québécoise de coeur, j'aime votre intervention.Que des Juifs à boudins, des femmes voilées ou des hommes portant turbans se promènent dans nos rues; ça me va très bien. J'ai porté un béret blanc quand j'étais ado...

    Je pense que la loi sur la laĩcité de l'État va nous aider à vivre ensemble.Mon béret disait que j'étais créditiste.C'était mon message, ma liberté d'expression qui souhaitait influencer les autres.

    Mon béret n"aurait pas eu sa place dans ma classe quand j'étais emseignant.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 4 février 2019 10 h 22

      Ce qui n'a pas de place dans une classe, c'est le prosélytisme. Ce qui en préserve les élèves, ce n'est pas ce qu'il y a sur la tête mais ce qu'il y a dedans et ils doivent apprendre à aller au-delà des apparences pour s'enquérir de ce qu'il en est. Pour le voile, la façon la plus simple de décider de ce qu'il en est, c'est évidemment de le demander aux laïcistes. Une fois leur décret prononcé, les femmes musulmanes n'ont plus à se poser la question. Elles sont libres d'obéir.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 février 2019 12 h 17

      Comme c'est évident que vous n'avez jamais mis les pieds dans une salle de classe en tant que pédagogue. Le prosélytisme involontaire se concrétise chez une clientèle qui absorbe tout ce qu'elle voit et entend. Cher M. Desjardins, le mode privilégié pour apprendre dans une salle de classe du primaire est le visuel (70%). Non seulement, les enfants apprennent mieux et plus vite en utilisant ce mode sensoriel, mais ils retiennent beaucoup plus longtemps l’information.

      Et entre vous et moi, si quelqu’un ne peut pas enlever sa carte de visite d’idéologie religieuse sur sa tête ou autour du cou, c’est qu’il planifie quelque chose d’autre. Les enseignants sont au service de la clientèle qu’ils desservent et non pas le contraire.

      En passant, combien de gens revêtus avec des symboles ostentatoires personnels dans le secteur privé et public s’occupent de la clientèle? Pas beaucoup. Jagmeet Singh est en train de détruire le NPD, non pas à cause de son origine ethnique, mais bien à cause de son accoutrement religieux. Dommage.

    • Jean-François Trottier - Abonné 4 février 2019 12 h 48

      Une personne qui refuse de retirer des attributs clairement religieux annonce qu'elle considère sa religion, i.e. groupe de personnes suivant un code selon des règles reconnues communes sous l'égide de certaines personnes, comme supérieure aux directives auxquelles on demande qu'elle souscrive.

      Si une telle personne n'est pas prosélyte, elle n'a aucune raison d'afficher qu'elle considère sa religion supérieure à ses devoirs de professeur.
      Elle peut le penser mais...
      Si elle l'affime ou l'affiche devant une trentaine de personnes, par exemple ses élèves, elle nie elle-même sa neutralité.

      Le symbole dépasse de très loin la personne et n'a strictement rien à voir avec sa foi. Votre façon de confondre foi et religion est extrêmement gênant. Pour vous.

      Ce que je constate de plus en plus, M. Maltais Dsjardins, c'est que vous ne connaissez rien au sujet des religions, sauf leur théorie.... et encore.
      Rien de leurs bases sociales, rien de leurs prétentions spirituelles, rien de leur volonté de contrôle sur la personne pour mener (qui?) vers un mieux absolu, rien sur leur éthérité impalpable ni leur besoin de pouvoir très concret, rien sur leur absolutisme pourtant clairement énoncé dans TOUS les cas, ni non plus sur la nécessité pour leurs membres de respecter l'ensemble des dogmes, au moins en apparence, au risque de l'exclusion et surtout de la condamnation tant morale que physique.

      Votre position de base ressemble au "bon sauvage" de Rousseau, perverti par la société. Notion selon moi même pas intéressante sauf pour raisons historiques... et pour s'en prémunir.

      Rousseauiste, et pourtant vous damnez quiconque émarge des limites de votre tolérance (cf plus haut) en vous posant en juge.
      Donc il y a chez vous une touche de More, non? Croyez-vous être l'un des "sages" en comité?
      Avez-vous lu Thomas d'Aquin? Les Testaments ? Les épîtres ? Le Coran ? Lao Tseu?

      La théorie, c'est théorique... Pas la peine de vouer les gens à la Géhenne pour si peu.

  • Pierre Desautels - Abonné 4 février 2019 09 h 52

    Le déni.


    D'accord qu'une journée conre l'islamophobie ne règlerait pas ce problème et pourrait au contraire attiser les tensions, mais quand vous écrivez : "Il lancerait comme message que tous les Québécois sont islamophobes", je n'y crois pas. Personne ne dit ça au Québec quand l'islamophobie est dénoncée. Par contre, oui, il y a une minorité d'islamophobes et de racistes qui nuisent à notre réputation. Ce sont eux qu'il faut dénoncer de toutes nos forces et non pas se camper dans le déni.

  • Paul Gagnon - Inscrit 4 février 2019 10 h 37

    Bravo Richard Maltais Desjardins

    Je trouve que vous livrez plus clairement que d’habitude le fond de votre pensée.

    - "le seul fait d'exister, pour les « islamistes », cela constitue déjà une forme de prosélytisme" : mais tout le monde, sauf vous sait, que c'est ce que sont les "islamistes", des fanatiques (comme une bonne, plutôt mauvaise partie de QS);

    - "« islam modéré », c'est celui que vous voudriez circonscrire dans les marges de votre tolérance" : devrions-nous tolérés les intolérants qui veulent nous détruire et repousser les modérés? Du pur RMD!;

    - "Les musulmans n'ont pas de compte à rendre de la manière dont ils pratiquent leur foi" : bien sûr, dans la mesure où il s'agit de foi et non de politique;

    - "chez ces gens qui ne sont pas « accueillis » ici mais ont part à la même citoyenneté" : avant qu’on (le fédéral) leur accorde la citoyenneté (après quelques formalités et 3 années de « probation/attente »), il a bien fallu les accueillir, leur donner des soins, subvenir à leurs besoins tant qu’ils ne travaillent pas, etc.
    En passant, peut-être faudrait-il être moins généreux avec cette citoyenneté qui a perdu beaucoup de sa valeur : en particulier en ce qui concerne le droit du sol dont on sait qu’on en abuse beaucoup, depuis des années, avec le tourisme obstétrique! Il y aurait encore à dire, mais bon passons pour aujourd’hui.

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 4 février 2019 10 h 48

      Si je devais être félicité, ce devrait de vous avoir incité à étaler vos préjugers.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 février 2019 12 h 00

      M. Desjardins, si on vous a bien compris, si on n'est pas d'accord avec vos préjugés, nous sommes dans l'erreur. Ah! ben.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 4 février 2019 13 h 45

      A M. Cyril Dionne : Quoique personnellement je mettrais un léger bémol aux commentaires de M. Paul Gagnon , je suis au moins d’accord avec le vôtre. ll faut voir que le chroniqueur du Devoir Christian Rioux s’est fait accuser très récemment d’avoir un carcan rempli de ‘’petites flèches empoisonnées’’, mais l’auteur du commentaire en ce sens ne s’est pas aperçu à quel point son carcan à lui pouvait contenir de ces ‘’petites flèches empoisonnées'' accompagnées bien sûr de petites morales. Peut-être faudra-t-il s’y faire? Ou encore passer outre aux commentaires émis par certains. A suivre.

    • Clermont Domingue - Abonné 4 février 2019 22 h 07

      A Sylvie. Je crois que vous voulez parler d'un carquois et non d'un carcan...sans rancune.

  • Paul Gagnon - Inscrit 4 février 2019 11 h 45

    @Richard Maltais Desjardins

    Nous n'avons pas les mêmes, cela est sûr et certain et je m'en félicite!