Des valeurs révélatrices chez les jeunes

Bonté, générosité, compassion, bienveillance, considération… Ce sont quelques-unes des valeurs morales nommées spontanément par des étudiantes et des étudiants de 18 à 20 ans dans mes classes de philosophie depuis deux ou trois ans.

Auparavant, ces traits de caractère souhaités chez soi et les autres étaient rarement évoqués. On mentionnait surtout le respect, l’amitié, l’égalité, la liberté, etc.

Pourquoi ces vertus-là prennent-elles davantage d’importance maintenant chez les jeunes ? Est-ce parce qu’elles correspondent à de nouveaux besoins à l’ère des réseaux sociaux ? Est-ce parce qu’il y a peu de personnalités aux comportements exemplaires dans l’espace public ? Est-ce tout simplement parce que leur entourage leur a inculqué ces valeurs récemment ?

Sûrement un peu de tout cela.

Quoi qu’il en soit, ce qui est remarquable chez mes élèves, c’est la cohérence entre leurs propos et leur conduite.

En effet, lorsqu’ils travaillent en équipe ou qu’ils participent à des débats en classe, ils agissent en tenant compte de leurs idéaux moraux. Ils sont polis et courtois pour la très grande majorité. Lorsqu’un camarade de cours s’autorise une incartade, ils lui font comprendre que son indélicatesse est mal venue.

Ils ne se complaisent jamais dans l’indiscipline et le mépris.

Ils ne sont pas à l’abri de soubresauts d’impolitesse, d’impatience et d’écarts de conduite, mais ils se reprennent rapidement et s’excusent de bon coeur, et nous devrions tous les imiter.

En cela, ils peuvent donner l’exemple.

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2 commentaires
  • Gilbert Turp - Abonné 2 février 2019 09 h 27

    Révélateur

    Les anciens mots renvoyaient au politique (liberté, égalité, respect - amitié aussi dans la mesure où l'amitié commande la solidarité) et les nouveaux mots renvoient à la morale sur fond religieux (bonté, compassion, charité, etc...).
    Cela en dit beaucoup sur le fonds de l'ère du temps.

    • Christian Roy - Abonné 2 février 2019 10 h 41

      Il y a du cours ECR en-dessous de ça M. Turp.

      M. Ferland rapporte que: "Quoi qu’il en soit, ce qui est remarquable chez mes élèves, c’est la cohérence entre leurs propos et leur conduite."

      Je suis pessimiste pour l'avenir. ;(

      Plus sérieusement, l'autoflagellation devant un témoignage apportant un peu d'espoir est-il également issu d'un "fond religieux", comme vous dites ?