C’est quoi le problème?

On se souviendra qu’en campagne électorale, la Coalition avenir Québec avait pris comme engagement d’interdire les signes religieux ostentatoires à tout fonctionnaire de l’État en ligne d’autorité, y compris les enseignants.

Or, récemment, le gouvernement Legault a fait parvenir une lettre à trois commissions scolaires de la région de Montréal invitant les directions d’écoles à lui fournir le nombre d’enseignants arborant un signe religieux.

Une missive qui a créé, à raison, tout un émoi au sein des directions d’écoles qui ne voyaient pas l’intention du gouvernement dans cette directive qui sortait de nulle part. En effet, en quoi le nombre d’enseignants portant un signe religieux a-t-il quelque importance puisque l’interdiction de le porter s’applique à tous ceux qui dérogeront à la future loi, et ce, peu importe leur nombre, ne fût-ce qu’un seul.

À mon point de vue, le gouvernement erre complètement dans son approche que je qualifierais d’inappropriée, voire d’incohérente. En fait, comme dirait l’autre, c’est quoi le problème ?

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7 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 31 janvier 2019 09 h 26

    Un réel problème?


    La question se pose toujours: y a-t-il vraiment nécessité d'une loi sur le port des signes religieux? Le sujet pose-t-il vraiment problème? Ou est-ce une affaire sur-gonflée par les médias et les réseaux sociaux? Mais cela semble trop tard pour changer le cap. Le navire est lancé. Mais subira-t-il le sort du Titanic?

    M.L.

  • David Cormier - Abonné 31 janvier 2019 09 h 38

    C'est quoi le problème?

    Oui, en effet, c'est quoi le problème? C'est quoi le problème de vouloir connaître le nombre d'employés qui seront touchées par les mesures à venir? On reproche pourtant souvent aux tenants de l'interdiction de signes religieux aux personnes en autorité d'ignorer quel est le nombre de personnes qui seront touchées. Quand les partisan de la laïcité tentent d'établir des statistiques sur la question, on leur reproche d'entreprendre des mesures odieuses. Faudrait se décider!

    • Marc Therrien - Abonné 31 janvier 2019 12 h 28

      Le problème, c'est que pour connaître le nombre d'employés qui seront touchés par la loi interdisant le port de signes religieux au travail, il faut d'abord les avoir identifiés. Je ne suis pas certain si la loi sur la protection des renseignements personnels et de la vie privée au travail permet qu'un employeur recueille ce renseignement et l'inscrive au dossier d'un employé. De toute façon, si le gouvernement Legault veut adopter cette loi sur le principe d'avancement de la laïcité, il peut se passer de connaître l'étendue du «problème» réel.

      Un autre problème en est un de perception. Quand le ministre Jolin-Barrette s'évertue à répéter qu'il n'a pas demandé un recensement, mais seulement si l'information était disponible sans pour autant expliquer ce qu'il veut faire avec cette information, ça sonne comme: Dis-moi ce que je veux savoir, mais ne me demande pas pourquoi je veux le savoir. Ce manque de transparence dans la communication des intentions n'aide pas à susciter la confiance des «collaborateurs».

      Marc Therrien

    • François Beaulne - Abonné 31 janvier 2019 13 h 29

      La démarche du gouvernement est d'autant plus pertinente que certains préconisent l'enchassement dans la future loi sur la laicité d'une clause "grand-père", c'est à dire que les dispositions de la nouvelle loi ne s'appliqueraient pas à ceux qui portent déjà des signes religieux. Raison de plus de savoir, ne serait-ce qu'approximativement, qui bénéficierait de cette clause puis qu'il en découle des conséquences financières, contractuelles et légales en fonction des Charte des droits, advenant le recours à la clause dérogatoire pour l'appliquer. Autre précision: ce qui est en jeu ici ce sont les signes religieux <ostentatoires> et non les petites croix ou autres signes religieux que les enseignants et enseignantes pourraient porter en dessous de leur chemise, et que plusieurs portent déjà. Il ne s'agit pas de <déchirer> la chemise des enseignants comme le laissait entendre dernièrement dans sa déclaration démagogique la présidente de la Commisssion scolaire de Montréal, Mme Bourdon-Harel, pour dénombrer ceux qui portent des signes religieux. Pour un débat serein, encore faut'il user d'un langage serein. Et ça implique aussi les autorités scolaires elles-mêmes..

  • Pierre Bernier - Abonné 31 janvier 2019 11 h 08

    Hum !

    Voilà une réflexion un peu courte... lorsqu’il s’agit de légiférer en régime démocratique ?

  • Jean-Charles Morin - Abonné 31 janvier 2019 13 h 07

    L’art de poser une question qui ne peut avoir de réponse.

    La question que le gouvernement s’est risqué à poser aux commissions scolaires est fort malhabile de sa part.

    D'une part, une telle démarche trahit son désarroi et sa faiblesse en laissant supposer que son adoption pourrait éventuellement dépendre du nombre appréhendé de victimes potentielles (autrement dit des candidates au renvoi). Quel serait le seuil de congédiement jugé tolérable au-delà duquel le projet de laïcité de la CAQ demeurera sans doute lettre morte? Personne n'en sait rien.

    D'autre part, il était à prévoir que les commissions scolaires seraient incapables de répondre à une telle question du fait de l'inexistence prévisible de telles statistiques. Toutefois, en invoquant cette raison bien compréhensible, les commissions scolaires ont choisi également, d'une manière tout à fait gratuite, d'y ajouter l'injure en précisant que même si ces données existaient, elles ne les transmettraient pas. Bel exemple de coopération para-gouvernementale qui illustre l'écart idéologique abyssal existant entre les parties en présence.

    C'est à se demander si au fond le faux-pas du gouvernement était sciemment programmé depuis le départ pour apporter une justification de plus à l'abolition future des dites commissions.

  • Serge Lamarche - Abonné 1 février 2019 02 h 14

    Bonne question

    Se faire répondre que la réponse est inconnue expose le fait que les gens ne portent pas attention à ce détail. C'est effectivement ridicule de légiférer dans la matière. Même un musulman enseignant l'histoire de la religion protestante peut être compétent.