Le trafic induit de la caféine

Le trafic induit désigne le volume de trafic supplémentaire généré par la création ou l’amélioration d’une infrastructure de transport (merci Wiki).

Je m’appelle Emilie Coulombe et je suis membre du collectif J’y vais en métro, un regroupement citoyen en faveur d’un métro à Québec. Je suis convaincue que, malgré son prix plus élevé par kilomètre, le métro est la meilleure option environnementale et économique pour la ville de Québec. Je vais vous raconter l’histoire de ma machine à café.

Il y a une dizaine d’années, je buvais très peu de café. Les vendredis midi, j’allais dîner avec mes collègues de l’époque dans un café italien de Montréal et y buvais un délectable latté (c’était au Café Milano sur Jarry, si jamais vous avez envie d’y mettre les pieds). Un jour, je suis tombée amoureuse de la machine à café de mes rêves : Oscar, de Nuova Simonelli. Le petit pépin, c’est qu’elle coûtait 1200 $. Tout le monde me disait : « C’est ben trop cher, t’as pas besoin de ça. Tu bois pas assez de café pour ça ! Achète-toi une Breville pour commencer, ça va faire la job et après tu verras. » Je me souviens d’avoir répondu à un de mes meilleurs amis : « J’aime mieux être satisfaite de mon café à 100 % une fois par semaine qu’à 50 % tous les jours. » Quand j’achète quelque chose, je veux que ce soit de qualité et que ça dure. Pendant près de deux ans, j’ai ramassé mon argent. Je me suis finalement procuré ladite machine à café. C’était en 2012. Fidèle au poste, elle me fait encore aujourd’hui des cafés parfaits. Les lattés hebdomadaires ont fait place aux doubles expressos quotidiens. On prend goût aux bonnes choses ! Entre-temps, l’ami qui me trouvait si cinglée de faire cet achat extravagant jadis est finalement rendu à sa troisième machine d’entrée de gamme… Au final, qui a fait un choix judicieux ? Québec, choisissons Oscar : construisons un métro !

5 commentaires
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 31 janvier 2019 09 h 28

    Trainsparence

    Je me suis informé sur la question du REM auprès du groupe qui le conteste, Trainsparence. Une des activités que le groupe a organisée a été le visionnement du film IMAX Tramway, de Stepĥen Low, avec discussion. Ce fut éclairant de comprendre les nombreux avantages du tramway, incluant son rôle pour enlever les autos des villes. Je pense que le tramway est une alternative plus écologique et meilleure financièrement que le métro, depuis avoir vu le film. Mais le débat est ouvert!

  • Jean Richard - Abonné 31 janvier 2019 10 h 30

    Mobilité et aménagement du territoire

    Métro (souterrain) ou tramway ? La question est inutile aussi longtemps qu'on n'a pas encore bien compris et défini ce qu'on appelle la mobilité et l'aménagement du territoire.
    Montréal a opté pour le métro, il y a plusieurs années, on pourrait dire un siècle car on en a parlé pendant 50 ans avant que la chose n'aboutisse. Ce métro est très efficace, même si certains médias sensationalistes prétendent qu'il est toujours en retard et en panne (c'est normal, ces médias vivent grâce à la pub des constructeurs automobiles). Il y a pourtant une situation à laquelle le métro n'est pas étranger : c'est que ce métro tout en souterrain a laissé la voie libre à l'automobile en surface. Pire, l'efficacité du métro et la primauté de l'automobile dans les rues ont fait en sorte qu'on a négligé les transports en commun en surface. Le tramway vétuste, on l'a mis au rancart alors qu'on aurait pu le moderniser. On a aussi mis au rancart les trolleybus, plus efficaces que les bus à batteries qu'on veut mettre en service aujourd'hui.
    Ce tout-au-métro pour le collectif et le tout-à-l'auto pour l'individuel, le premier stagnant plus souvent qu'à son tour et le second progressant comme un cancer fulgurant, a fait en sorte que la mobilité n'a cessé de se détériorer. En souterrain, il y a saturation aux heures de pointe, et en surface, c'est la congestion presque 24 heures par jour. Montréal paie très cher d'avoir aussi longtemps négligé son réseau de surface. Les riverains des lignes de métro s'en tirent assez bien malgré la saturation, mais là où le métro ne se rend pas, transport collectif est synonyme de grande lenteur et de fiabilité douteuse. Alors, si on veut un métro à Québec pour refouler les usagers en souterrain afin de ne pas nuire à la circulation automobile, on répète l'erreur montréalaise. Connaissant l'amour des Québécois pour leur char, c'est un risque à ne pas prendre.

    • Émilie Coulombe - Abonnée 31 janvier 2019 12 h 41

      Bonjour M. Richard,

      Si je veux un métro à Québec, ce n'est pas pour «refouler les usagers en souterrain». J'ai habité Montréal plusieurs années et j'ai adoré prendre le métro. C'est rapide, confortable et très fiable. Je prends l'autobus presque tous les jours à Québec et je peux vous dire que je m'ennuie terriblement du métro : il fait froid, il vente, il neige, il pleut et la saturation du Métrobus près de la colline parlementaire a des allures de sardine de la ligne orange montréalaise.

      Il est très possible d'aménager la surface de façon intelligente en intégrant des pistes cyclables permanentes et de l'aménagement urbain et vert digne de ce nom.

      Vous dites que les Québécois sont amoureux de leur char? Attendre dehors au froid sans gain de temps majeur n'est pas un très grand incitatif. Si vous voulez mon humble avis, un changement d'habitude est beaucoup plus durable s'il est fait par choix et non par obligation : il faut y aller all-in et opter pour le métro.

      Bonne journée :)

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 31 janvier 2019 10 h 53

    Roues

    Une information qui m'a surpris dans le film Tramway de Stephen Low c'est les roues en métal versus les pneus du métro. Je croyais que les roues du métro étaient une super idée jusqu'à ce que j'apprenne que celles en métal sont beaucoup plus économes en énergie, moins de frottement, moins de résistance, moins d'électricité. Ce serait par design, pour faire dépenser plus d'électricité que le choix du pneu a été fait! Zut, Hydro -Québec!

    • Jean Richard - Abonné 31 janvier 2019 11 h 15

      Si on compare le chemin de fer à la route, on aurait calculé que le transport de marchandises par train consommerait jusqu'à trois fois moins d'énergie que celui par camion. Mais dans le cas du métro, la donne serait différente. La conception des entre-stations en dépression minimise les pertes d'énergie. De plus, à l'exception des toute premières voitures, la récupération de l'énergie permet de transformer les ralentissements en électricité, laquelle est réinjectée dans le réseau.
      Par ailleurs, on ne peut comparer les pneus de métro à ceux des camions. Ils sont nettement plus durs et n'ont pas de reliefs transversaux, lesquels permettent aux camions de rouler dans la neige.
      Les pneus ont un grand avantage sur l'acier : beaucoup moins de vibrations sont transmises à l'environnement. J'ai travaillé à Place Bonaventure, sous laquelle et la ligne orange, et les trains allant ou partant de la gare centrale circulent. Nous n'entendions jamais le métro, mais les trains eux se faisaient entendre dans tout l'édifice. À Toronto, bien des riverains du subway se plaignent des vibrations et du bruit causés par les trains du subway.
      J'ai habité à quelques mètres d'une ligne de métro et je n'ai jamais rien entendu.
      Et puis, le métro n'a pas besoin de chauffage. Ce ne sera pas le cas d'un tramway en surface. La consommation d'électricité pour réchauffer l'intérieur des trains n'est pas négligeable.
      Enfin, il exite une propagande pro-tramway qui peut finir par contaminer les projets de transport collectif (un peu comme la propagande des voitures à batteries). Le tramway offre des avantages sur certains types de dessertes mais pas partout. Opposer le tramway au métro en dénigrant ce dernier n'aide en rien lorsqu'on parle de mobilité urbaine. Idem avec les autobus. Les vendeurs de tramway qui dénigrent l'autobus et le métro ne font que détourner les gens des transports en commun.