Loyauté vis-à-vis de son employeur ou la loi du silence?

Pierre Trudel, dans sa chronique de cette semaine dans Le Devoir, intitulée « Loyauté déloyale », a traité de l’obligation de loyauté d’un employé vis-à-vis de son employeur et de ses dérives actuelles. Il a parlé du cas de l’enseignante congédiée par sa commission scolaire avant les Fêtes pour avoir dit dans les médias que les ressources n’étaient pas suffisantes pour aider les élèves en difficulté. Je me souviens également il y a plusieurs années du cas d’une employée de l’Assurance-emploi congédiée pour avoir critiqué les services offerts aux prestataires si ma mémoire est bonne. J’ai également été personnellement rappelé à l’ordre l’an dernier par mon employeur, et une personne de mon entourage également.

J’ai été surpris de lire dans la chronique de monsieur Trudel que le Code civil était très précis en exigeant à l’employé non seulement de faire preuve de loyauté vis-à-vis de son employeur, mais également « de ne pas faire usage de l’information à caractère confidentiel qu’il obtient à l’occasion de son travail ». L’interprétation que l’on peut faire de ce dernier aspect est tellement large qu’elle mène aux abus actuels de plusieurs employeurs.

À aucun moment il n’est question de limiter cette exigence de loyauté en relation avec le bien commun, l’intérêt public ou le droit à l’information. Les organisations de toutes sortes deviennent de plus en plus opaques, et souvent même les journalistes ont de plus en plus de difficultés à avoir accès à l’information et doivent utiliser la Loi sur l’accès à l’information pour faire leur travail. Les relationnistes pullulent et les organisations cherchent de plus en plus à contrôler le message. La démocratie en est d’autant plus fragilisée.


 
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