L’ONU et les déchets nucléaires

Dimanche, j’ai vu un excellent reportage à l’émission Découverte, de Radio-Canada, qui traitait des tombeaux nucléaires, où seront entreposés les déchets nucléaires. Les recherches canadiennes y étaient comparées à celles réalisées en France.

Au Canada, pour empêcher l’oxydation des « cercueils » en acier contenant les grappes de combustibles radioactifs, on les enduit d’une couche de cuivre, alors que ce n’est pas le cas en France. C’est dire que dans l’Hexagone, les « cercueils » s’oxyderont à la longue et laisseront s’échapper les émanations toxiques. Même s’ils seront profondément enfouis sous terre, en un lieu judicieusement choisi, les risques de contamination seront possibles.

Je m’explique mal pourquoi les pays ne se donnent pas la main pour trouver la meilleure méthode de traitement des déchets radioactifs. Ce mandat devrait être accordé à l’ONU. Les pays devraient aussi se donner la main pour trouver les meilleurs lieux d’enfouissement des déchets nucléaires dans le monde. Que feront les pays qui ne peuvent trouver chez eux un sous-sol sécuritaire comparable au Bouclier canadien ?

12 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 24 janvier 2019 00 h 45

    Les tombeaux nucléaires, c’est de la poudre aux yeux

    Il n’y a aucun sarcophage qui peut garder les déchets radioactifs de haute activité (radiations gamma et beta) pendant des millions, des milliers, des centaines ou même des dizaines d’années. Aucun, même avec des couches de cuivre. En passant, le cuivre s’oxyde (le toit du parlement du Canada était vert avant qu’il soit remplacé) comme la plupart des métaux. Rien ne peut empêcher la radiation des rayons gamma qui passent à travers de plusieurs centimètres de plomb. Il n’y a aucun endroit où il existe aucune humidité même dans le désert du Yucca au Nevada, l’endroit le plus sec de la planète où les Américains avaient tenté de les entreposer. L’énergie nucléaire est une erreur tout simplement.

    Au Canada, ils voulaient entreposer les déchets les plus dangereux dans le nord de l’Ontario. C’est dans la roche du bouclier où il y a encore de vieux puits de mine. Ils n’avaient pas pensé que dans les mines, il y a des fissures dans la roche qui se créaient naturellement et qu’on ne peut pas éviter. La roche bouge. Demander à n’importe quel mineur expérimenté. Et alors, bonjour contamination dans la nappe phréatique.

    Les tombeaux nucléaires, c’est de la poudre aux yeux, Tchernobyl et Fukushima obligent.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 24 janvier 2019 13 h 25

      M. Dionne, que vous le vouliez ou pas, le nucléaire est là pour rester encore un bout. Dans 100 ou 200 ans, nous serons peut-être à même de régler ce problème, mais en attendant la solution tant attendue, il faut s'occuper des déchets le mieux possible.

      La Norvège a trouvé un endroit dans une montagne froide pour entreposer, avec la participation des nations du monde entier, toutes les graines existantes. Pourquoi ne pas envisager quelque chose de semblable pour les déchets nucléaires?

      Du temps de l'Union soviétique, les autorités ont, paraît-il, jeter des barils scellés de déchets nucléaires dans l'océan. Si c'est vrai, nous aurons bientôt de mauvaises surprises.

    • Bernard Terreault - Abonné 24 janvier 2019 14 h 33

      Les rayons gamma issus des combustibles nucéaires ne traversent pas ''plusieurs centimètres de plomb''. Seuls les rayons gamma cosmiques de très très haute énergie issus d'évènements comme les explosions de supernovae, les fusions d'étoiles à neutrons, etc., et contre lesquels on ne peut évidemment rien faire, traversent de telles épaisseurs de plomb. Pour être précis l'énergie des gammas des centrales nucléaires se mesure en ''MeV'' (ou énergie équivalente à celle d'un électron accéléré par une tension d'un million de volt), alors que celle des rayons cosmiques peut être dans les GeV (milliards de volt) ou TeV (mille milliards).

    • Cyril Dionne - Abonné 24 janvier 2019 23 h 01

      Monsieur Terreault, j'ai travaillé dans une centrale nucléaire en Ontario. Il faut environ au moins 5 centimètres d'épaisseur de plomb pour diminuer presque à 0 l'intensité des rayons gammas émanant directement des réacteurs CANDU, le tout dépendant de la distance évidemment. C’est pas tellement le « fun » d’allez vérifier les équipements de contrôle d’un réacteur même si celui n’est pas en opération (shutdown) avec un scaphandre connecté à un tube d’air qui maintient une pression positive à l’intérieur de celui-ci dans un sarcophage de plusieurs mètres d’épaisseur de ciment qui contient le dit réacteur.

      Et M. LeBlanc, la Norvège a faites une erreur d’exploiter ce type d’énergie. Oui, ils ont trouvé des façons de retraiter le combustible nucléaire usé, mais encore, les déchets restent en plus d’autres problèmes qui ont fait surface et que personne n’avait envisagés. C’est impossible de les faire disparaître ou bien de les neutraliser. Et un endroit dans une montagne froide, de grâce, l’eau ou l’humidité sont les ennemis de tous les contenants nucléaires.

      En passant, l’uranium 238 a une demi-vie (le temps mis par la substance pour perdre la moitié de sa radioactivité) de 4 milliards d’années. Les barres de combustible usé des réacteurs CANDU prennent 18 mois à se refroidir et plus de 10 000 ans avant que les radiations qu’ils émanent soient jugées sécuritaires pour les humains. Les résidus miniers d'uranium sont dangereux pour plusieurs millions d’années. Et ici, on ne parlera pas du deutérium ou bien du tritium (le noyau contient un proton et deux neutrons et qui est produit dans les gros réacteurs nucléaires comme le CANDU).

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 janvier 2019 00 h 26

      M. Leblanc, le projet de "voute de semences" de la Norvège n'a absolument pas la problématique a affronté et pas le même cahier de charge a remplir pour un enfouissement qui se veut stable et sécuritaire pour 25,000 ans...

      Mais comme vous, j'ai bien apprécier cette émission de Découverte. On y comprend qu'on fait "pour le mieux aux meilleurs des connaissances". Et on y comprend aussi par l'explications les défis insurmontables pour garantir la pérennité de ces cercueils pour 25 millénaires que notre époque a bien peu de respect pour l'humanité de ces millénaires a venir.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 25 janvier 2019 08 h 45

      M. Dionne, vous m'avez mal compris au sujet de la Norvège (et son projet de «voûte de semences», comme le précise M. Arès). Les graines n'ont rien à voir avec le nucléaire, mais c'est un exemple de collaboration internationale qui pourrait inspirer les nations relativement aux déchets nucléaires.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 janvier 2019 12 h 50

      Et je m'en excuse M. LeBlanc.

  • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2019 02 h 02

    Sortir le profit de ce secteur névralgique.

    Pour une coopération internationale en matière de déchets nucléaires, il faudrait sortir le commerce et la privatisation de ce secteur dangereux. Le gouvernement fédéral à confié aux Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), un consortium d'entreprises le mandat de se débarrasser de quatre réacteurs nucléaires qui ne sont plus en fonction.
    Des groupes de citoyens et des chefs autochtones craignent que l'absence d'une véritable politique en matière de gestion des déchets nucléaires ne nuise au démantèlement du réacteur Gentilly-1 à Bécancour.
    Un de ces réacteurs est le Whiteshell-1 situé près de la rivière Winnipeg au Manitoba.
    Les LNC proposent maintenant de couler du béton autour du réacteur et de l'enfouir au lieu de procéder au démantèlement et à la démolition comme il était initialement prévu. Cette méthode ne permet pas de contenir les déchets radioactifs de façon sécuritaire à très long terme.
    Les entreprises cherchent toujours à trouver les méthodes les moins sécuritaires pour faire plus de profits.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 janvier 2019 00 h 41

      Il ne faut toucher au réacteur de Bécancour. Juste entretenir pour que le toît ne coule pas... Et laisser la radioactivité décliner pour 50 ou 100 ans. Y toucher présentement c'est chercher du trouble pour donner des contrats juteux...

      Il y a quelques chose qui n'est pas expliquer au sujet de ces réacteurs. Les déchets radioactif ne sont vraiment tous de la même nature, et la très grande part ont des demi-vies de radiocativité d'un ordre d'échelle bien courte que ces 25,000 ans. Ne pas toucher a ces réacteurs qui sont stabilisés permet a cette radioactivité de relative courte vie de "faire son temps", ce qui va simplifier le démentellement. En plus, dans 50 ou 100 ans il y aura plus de connaissances qui se seront ajouter, et on fera mieux.

  • Bernard Terreault - Abonné 24 janvier 2019 08 h 48

    Remarque niaiseuse

    Je fais faire une remarque niaiseuse de la part d'un physicien retraité qui a entre autres touché au nucléaire. J'ai vu ce reportage. On se soucie de ce qui arrivera à ces déchets nucléaires dans ... 100 000 ans ! Puis-je rappeler que notre ère industrielle ne date que de 150 ans, les états organisés et l'écriture de 5000 ans, l'agriculture de moins de 10 000 ans, l'Homo sapiens de peut-être 300 000. Mais dans une centaine d'années ou moins tout peut arriver, notre civilsation aura peut-être été détruite par le changement climatique ou le guerre nuléaire, nos descendants vivront peut-être sous une dictature mondiale menée par quelques Trump, Poutine ou Erdogan, ou peut-être au contraire aura-t-on fait des avances scientifiques, techniques et sociales permettant à 10 milliards d'humains de vivre décemment et démocratiquement -- et entre autres de se débarrasser aisément de ces vieux déchets radioactifs..

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 24 janvier 2019 13 h 15

      Vous n'avez pas tort, mais vaut mieux ne pas prendre de chances. Faisons tout de suite les choses au mieux pour les générations futures. Qui sait si dans 500 000 ans l'homme ne sera pas revenu à l'Âge de pierre. S'il met la main sur une grappe de combustibles radioactifs, il fera le saut. Et si l'homme est disparu, il restera peut-être d'autres animaux. Ne leur laissons pas un cadeau empoisonné.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 24 janvier 2019 15 h 44

    J'ai reçu un courriel de Claudette Jobin, présidente de la Ligue des femmes du Québec

    Elle me réfère à une publicité de la LFQ sur le sujet parue dans «Le Devoir» du samedi 12 novembre 2016, dans le bas de la page C 1 :

    https://www.ledevoir.com/edition-pdf/2016-11-12.pdf

    Je la remercie.

    En partant, le titre de la publicité est discutable: «Depuis 1944, bien pire que le C02: les déchets radioactifs». Je ne suis pas un spécialiste, mais au rythme où la planète se réchauffe, je crois que le dioxyde de carbonne aura notre peau bien avant les déchets nucléaires.

    Le mémoire de la LFQ sur le sujet, qui remonte à 1996, aurait peut-être intérêt à être rafraîchi.