Les oubliés du système hospitalier

J’ai récemment vécu une chirurgie « lourde » pour un cancer très rare. J’ai séjourné pas moins d’une vingtaine de jours à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Vingt jours où la souffrance personnelle côtoie intimement celle de colocataires.

La cohabitation oblige à temporairement se décentrer de soi pour entendre les cris de douleur qui sont ceux des patients recroquevillés, tentant d’apaiser l’inconfort, les doutes, la peur.

L’environnement physique y est hostile et peu hospitalier. L’étroitesse des lieux, l’ameublement défraîchi et la permanence du bruit ne sont en rien des variables contribuant au rétablissement.

Paradoxalement et heureusement, il y a la présence des gens, de ce personnel soignant qui à mes yeux n’obtient pas la reconnaissance méritée. Ces travailleurs qui sont confrontés à la souffrance humaine et qui, au meilleur de leurs compétences, se montrent attentifs, réconfortants, encourageants, et ce, malgré un horaire à l’enseigne de la sursollicitation.

Mon processus de récupération, je le dois aux infirmiers/infirmières, préposées/préposés, résidentes/résidents et médecins spécialistes. De ce passage obligé, je retiens une dette envers chacun d’eux qui m’a donné de son temps, son expertise, ses soins, son attention quand j’ai pleuré de découragement… La position de vulnérabilité du patient le rend peu disponible à la réciprocité relationnelle. Tout se passe de façon unidirectionnelle : du personnel vers le patient. Je profite de mon mieux-être pour vous redonner à mon tour, en soulignant mon admiration et en espérant être la voix de ceux qui n’ont ni le temps ni les mots pour exprimer leur gratitude.
 

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1 commentaire
  • Claude Saint-Jarre - Abonné 22 janvier 2019 06 h 02

    Bravo.

    J'appuie ce commentaire. Merci aussi.