L’autre «nous»

On a souvent reproché aux Québécois nationalistes d’exclure les non-nationalistes lorsqu’ils utilisent le mot « nous ».

Mais il y a un autre « nous », dont on n’a pas beaucoup parlé, mais qui commence à se faire entendre. Ce « nous » est celui de militants « diversitaires » qui ne s’expriment pas toujours d’une manière inclusive.

Dans Le Devoir du 10 janvier 2019, la fabuleuse artiste Chloé Sainte-Marie, qui ne peut être accusée de faire de l’exclusion, nous explique son point de vue et son amour des différentes cultures. Elle se demande aussi qui sont les autorités qui décident de la légitimité de l’appropriation.

Je pense que Chloé Sainte-Marie, d’une manière douce et intelligente, remet à sa place tous les professionnels de la susceptibilité, les gourous de la bien-pensance et les curés prêcheurs de ladite appropriation culturelle.

Ces militants de l’appropriation culturelle, selon moi, font le contraire de ce qu’ils prônent : ils tiennent un discours où ils nous disent de ne pas nous mélanger, de ne pas partager, et même de ne pas honorer la culture de l’autre parce qu’elle appartient à l’autre.

On est ici dans une forme d’exclusion qui nous ghettoïse les uns par rapport aux autres.

« Ne touche pas à ma musique, ne touche pas à mes paroles, ne touche pas à mon histoire, ne touche pas à ma culture… »

Voilà le discours qu’on entend et il est temps de le dénoncer, même si ces gens ont le droit de s’exprimer.

Il est temps de constater que les tenants de ces idées font, involontairement ou non, la promotion d’un « nous » exclusif. Ce n’est pas en restant chacun dans son coin et en se claquant la porte au nez que nous allons bien vivre ensemble, et cela s’applique autant aux minorités qu’aux majorités.

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1 commentaire
  • Raynald Rouette - Abonné 15 janvier 2019 07 h 50

    Oui, cette voix qu’il faut entendre


    La voie qu’il faut suivre...