Hôpital de Lachute: dissidence d’un défenseur de la langue française

Nous apprenons que l’hôpital de Lachute, qui a été rappelé à l’ordre par l’Office de la langue française avec l’appui du premier ministre François Legault, va obtempérer et masquer l’affichage en anglais dans son établissement. Je suis personnellement un grand défenseur de la langue française au Québec et un indépendantiste à la vie à la mort, mais je m’oppose à cette décision. Argenteuil est le coin de mon enfance, car mon grand-père avait un chalet à Carillon et sa maison à Saint-Philippe. C’est une région où 20 % de la population est d’origine anglophone britannique. J’aime y retourner régulièrement y réaliser une forme de pèlerinage à mon enfance. Je pense aux maisons anglaises en brique rouge et à la petite église sans doute protestante sur la route 144 au bord de la Rivière des Outaouais entre Carillon et Grenville-sur-la-Rouge. Je pense aussi aux coins bucoliques au nord de Lachute entre l’Outaouais et les Laurentides, de beaux coins comme Brownsburg, Wentworth ou Gore. La population britannique du coin contribue grandement au cachet de la région depuis des lunes. Cette population, souvent modeste, mérite notre respect et un affichage en anglais plus petit qu’en français dans son hôpital. Le français est loin d’être en péril à Lachute. Occupons-nous donc de Montréal, où la langue française est en péril plutôt que de harceler les gens d’Argenteuil. Et surtout, ne visons pas à effacer l’histoire au nom d’une pureté retrouvée et à faire de simples citoyens des boucs émissaires de notre frustration linguistique.

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