Hôpital de Lachute: dissidence d’un défenseur de la langue française

Nous apprenons que l’hôpital de Lachute, qui a été rappelé à l’ordre par l’Office de la langue française avec l’appui du premier ministre François Legault, va obtempérer et masquer l’affichage en anglais dans son établissement. Je suis personnellement un grand défenseur de la langue française au Québec et un indépendantiste à la vie à la mort, mais je m’oppose à cette décision. Argenteuil est le coin de mon enfance, car mon grand-père avait un chalet à Carillon et sa maison à Saint-Philippe. C’est une région où 20 % de la population est d’origine anglophone britannique. J’aime y retourner régulièrement y réaliser une forme de pèlerinage à mon enfance. Je pense aux maisons anglaises en brique rouge et à la petite église sans doute protestante sur la route 144 au bord de la Rivière des Outaouais entre Carillon et Grenville-sur-la-Rouge. Je pense aussi aux coins bucoliques au nord de Lachute entre l’Outaouais et les Laurentides, de beaux coins comme Brownsburg, Wentworth ou Gore. La population britannique du coin contribue grandement au cachet de la région depuis des lunes. Cette population, souvent modeste, mérite notre respect et un affichage en anglais plus petit qu’en français dans son hôpital. Le français est loin d’être en péril à Lachute. Occupons-nous donc de Montréal, où la langue française est en péril plutôt que de harceler les gens d’Argenteuil. Et surtout, ne visons pas à effacer l’histoire au nom d’une pureté retrouvée et à faire de simples citoyens des boucs émissaires de notre frustration linguistique.

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10 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 14 janvier 2019 08 h 10

    Une lettre pertinente

    Oui, mettons fin à la politique de l'autruche et occupons-nous vraiment du problème no 1 : Montréal. Avec la collaboration de Valérie Plante, si cela n'est pas trop lui demander.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 15 janvier 2019 08 h 47

      À lire l'excellente chronique de Michel David sur le sujet:
      https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/545521/un-signal-clair

      Cela réveille.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 15 janvier 2019 15 h 58

      "Avec la collaboration de Valérie Plante..."

      Misère! La bataille est donc perdue d'avance.

  • Daniel Boiteau - Abonné 14 janvier 2019 10 h 33

    Il est où le problème...il est où....

    Oui il est pertinent votre commentaire...le danger est à Montréal. C'est triste mais notre mairesse une fille de l'Abitibi ne nous aide pas.

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 14 janvier 2019 10 h 53

    Dissidence pertinente

    Je suis d’accord avec votre dissidence face au fait de carrément cacher la traduction anglaise sur les affiches de cet hôpital. Il y a des limites à être radical, surtout envers ces personnes de langue anglaise qui font partie intégrante de ce coin du Québec depuis belle lurette. Une telle approche, celle de masquer les inscriptions en anglais sur les affiches, est quelque peu insultante envers ces personnes anglophones, et ce même aux yeux de gens qui sont 100% pour la primauté du français au Québec.

    Vous avez bien fait d’écrire cette lettre, et Le Devoir a bien fait de la publier. Après tout, on n’est pas tous des extrémistes finis. Et on sait vivre tout de même! Le PM et OLF feraient mieux d’en prendre bonne note et s'occuper plutôt des vrais problèmes linguistiques qui se trouvent surtout dans la région de Montréal comme on le sait.

  • Raynald Goudreau - Abonné 14 janvier 2019 12 h 20

    Une belle description des environs ...

    Je me pose la question , je n'ai pas la reponse . Comment fait-on, quand il y a une loi , pour l'appliquer ? Que veut-on ? Certains demandent , depuis quelques temps , d'appliquer la reciprocite des subventions avec l'Ontario , versus sa population francophone ( au nombre indetermine ). Je comprends qu'ici , on demande la tolerance , une qualite noble dans certaines circonstances mais, n'est-ce pas celle qui nous a mene dans le cul de sac ( comprenons l'assimilation ) ou on se trouve maintenant ?

    • Gilles Théberge - Abonné 14 janvier 2019 20 h 22

      Tout à fait. D’accomodement en accommodement la loi 101 ne veut plus rien dire.

  • Stephen Aird - Abonné 14 janvier 2019 20 h 37

    Lachute en 1950

    Speak white! Comme il était bon le temps où le Orange Club organisait la parade de la St-Patrick downtown Lachute. Comme il était bon le temps où en 1970 le Town of Mount-Royal refusait les inscriptions canadiennes françaises pour leur tennis club très sélect. Comme il était bon ce temps où les frenchies connaissaient leur place et savaient s'y tenir.