Un guide peu adapté aux besoins

La version janvier 2019 du Guide alimentaire n’est pas adaptée aux besoins des 5 millions de Canadiens et Canadiennes de 65 ans et plus.

Personne n’est contre la vertu de cuisiner plus souvent, de délaisser les aliments hypertransformés et de prendre le temps de savourer les aliments en bonne compagnie. Tous se réjouissent également de l’importance accordée aux végétaux, dont les légumes, fruits et grains entiers.

Par contre, la priorité accordée aux protéines d’origine végétale me laisse perplexe, voire inquiète. Mis à part les nouveaux végétariens et végétaliens qui ont amorcé le virage, les Canadiens qui cuisinent et consomment régulièrement tofu, soya et légumineuses sont très peu nombreux. A-t-on idée qu’il faut manger une pleine tasse d’amandes ou une tasse et demie de pois chiches pour remplacer une poitrine de poulet ou un pot de yogourt grec ? A-t-on oublié que les besoins en protéines des personnes âgées sont plus élevés qu’à l’âge adulte ? A-t-on négligé le fait que les protéines d’origine végétale n’ont pas les mêmes pouvoirs que les protéines d’origine animale pour ralentir la baisse de la masse musculaire qui survient normalement chez les aînés ? Et cette baisse de masse et de force musculaires mène trop souvent, hélas ! à la perte d’autonomie. Peut-on se permettre de nuire ainsi à la santé globale et à la qualité de vie d’un nombre croissant de personnes âgées ?

Il s’agit sans doute que d’une première mouture. Je me permets de l’espérer en levant mon verre d’eau.

7 commentaires
  • Alexandre Champagne - Abonné 10 janvier 2019 05 h 18

    Cette lettre me laisse perplexe...

    Je ne suis pas certain de comprendre le but de cette lettre; j'imagine que bien des aînés ailleurs dans le monde vieillissent tout à fait normalement sans ingurgiter une poitrine de poulet par jour.

    Je me permets de laisser ici l'empreinte environnementale (du moins, une partie!) de la production de protéine animale et végétale. C'est ce qui guide dorénavant mes achats quand je fais mes courses. Qu'on le veuille ou non, faudra bien qu'on s'habitue !

    Notez que la volaille produit 14 fois plus de CO2 que le soya...

    1 kg de bœuf = 32,5 kg de CO2
    1 kg d’agneau = 33 kg de CO2
    1 kg de porc = 2,9 kg de CO2
    1 kg d’huile de palme = 1,9 kg de CO2
    1 kg d’œufs = 1,6 kg de CO2
    1 kg de volaille = 1,4 kg de CO2
    1 kg de lait = 1,2 kg de CO2
    1 kg de riz = 1,2 kg de CO2
    1 kg de noix et graines = 0,7 kg de CO2
    1 kg de blé = 0,2 kg de CO2
    1 kg de soya = 0,1 kg de CO2
    1 kg de légumes = 0,06 kg de CO2

    Source : https://www.lapresse.ca/vivre/gourmand/201812/12/01-5207803-alimentation-responsable-une-bouchee-pour-la-planete.php

    • Jean-Yves Arès - Abonné 10 janvier 2019 10 h 01

      Cette lettre me laisse perplexe moi aussi par le fait qu'elle insinue que la viande est incontournable pour avoir suffisamment de protéine chez les personnes âgées. Pourtant de très vaste population sur la planète ont très peu accès a la viande sans pour autant voir nécessairement leurs ainés souffrir de dénutrition.

      Par contre la liste que vous présentez de CO2 par kilo de produit n'est pas un bon repère, et a été choisie par les médias pour son apparente différence extrême et spectaculaire qu'elle fait du duel viande - végétaux. On ne se nourrie pas en fonction d'un poids brute de nourriture. On se nourrie pour l'énergie qu'elle procure, soit les calories, et pour les protéines essentiel au corps lui-même. Ainsi La FAO donnait en 2004 que le riz fournit a lui seul 20% des besoins mondiaux en énergie alimentaire. En Indonésie ce chiffre atteint 50% !
      http://www.fao.org/rice2004/fr/f-sheet/fiche3.pdf

      Pour les protéines quelques chiffres simples, mais pas aussi spectaculaires, expliquent l'erreur du choix animal. Dans les pays développés pour obtenir un kilo de boeuf il faut en moyenne 7 kg de protéine végétale, 6 pour le poulet et le cochon, et 3 pour les oeufs.
      https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation

      Donc si l'on veut faire spécifiquement l'analyse des GES émis selon nos sources d'alimentation il faut trouver les tableaux qui indiquent les émissions des protéines et des calories.

    • Hélène Paulette - Abonnée 10 janvier 2019 11 h 10

      Messieurs, madame Lambert-Lagacé ne fait que souligner qu'un changement de diète doit se faire avec circonspection chez les personnes âgées. Je souligne à mon tour que de ne considérer que les GES produits par kilo ne tient pas compte de la quantité nécessaire à une bonne nutrition, i.e. un kilo de légumes ne remplace pas un kilo de viande au point de vue nutritif.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 11 janvier 2019 14 h 05

      Effectivement Mme. Paulette, le nouveau guide ne sera probablement un une référence pour toute les conditions. Tout de même, le fait d'avoir 65 ans ou plus ne place par défaut dans une catégorie ou une alimentation plus végétarienne serait inadaptée. Mais pour certaines personnes qui perdent l'intérêt a la nourriture et mangent très peu, ou celles de très grand âge, oui il est sûrement préférable Davor des aliments particulièrement nutritif. Et là la viande prend la première place.

      De toute façon le guide, selon ce que l'on a pu voir, ne fera que repositionner les classes d'aliment, et les produits animaux se retrouveront dans la section des aliments protéinés. La différence doit résidée dans le fait que la nouvelle version n'indiquera pas "que l'on doit' consommer de la viande et des produits animaliers, et laisserait ainsi place a considérer le végétarisme comme une façon équilibrée de s'alimenter.
      Le plus important c'est que ce guide ne soit pas un outils aux services des lobbys, et qu'il émerge d'un milieu le plus pertinent, et donc le plus distant possible des intérêts économiques particuliers qui, jusqu'ici, se sont fait très lourd a Santé Canada.

  • Anne-Marie Bilodeau - Abonné 10 janvier 2019 08 h 52

    Merci madame

    Votre grande expertise n'est plus à démontrée. Vos livres en témoignent. Ce lobby végétalien anti produits laitiers est absolument infect pour la croissance des enfants qui en ont besoin pour le développement de leurs dents et de leurs os. Il en est de même pour les femmes pour prévenir l'ostéoporose. Les questions que vous posées sont très pertinentes et Santé Canada doit y répondre. Merci.

  • François Beaulne - Abonné 10 janvier 2019 10 h 31

    Un guide politique

    Le point de vue de l'auteure est tout aussi valable et acceptable que les autres commentaires qui sont faits sur ce nouveau guide de Santé Canada. Ce qui me préoccupe davantage c'est la politisation de ce guide en fonction des lobbys actifs à Ottawa. Curieux que Santé Canada choisisse ce moment particulier pour minimiser l'importance des produits laitiers alors que Trudeau vient de sacrifier ce secteur particuli1èrement important au Québec pour obtenir un accord à rabais en remplacement de l'ancien ALENA. Curieux également qu'aucune allusion ne soit faite aux produits alimentaires contenant des OGM ou autres substances nocives telles les antibiotiques ou hormones de crolissance présentes dans des produits alimentaires d'importation. Le mais cultivé au Roundup produit par Monsanto est 'il plus sain pour les personnes de tous âges que la consommation raisonnable de viande, d'oeufs, de fromage ou de lait? Le temps est peut-être venu de concevoir un guide alimentaire basé sur de véritables constats scientifiques que sur les résultat de pressions de lobbies de l'agro-alimentaire. Tout cet exercice ne fait que discréditer davantage ce nouveau guide alimentaire de Santé Canada dont l'imperméabiité aux pressions politiques est poreuse.

    • Christiane Gervais - Inscrite 11 janvier 2019 11 h 47

      Voilà la vraie préoccupation de ce changement majeur au guide alimentaire: l'adapter aux décisions politiques prises par le gouvernement canadien et céder aux prêcheurs intégristes de l'environnement, devenu religion, sans aucune nuance qui permettrait une ouverture d'esprit à autre chose que ce l'on connaît en matière d'alimentation, amenant tant un changement de mentalité qu'une façon de s'alimenter dans les décennies à venir.