L’auto électrique pour qui?

Sûrement pas pour monsieur et madame Tout-le-Monde. La grande majorité de la population n’a pas les moyens de se payer une auto électrique. Premièrement, il faut un endroit pour la brancher, et cela élimine les nombreux locataires qui demeurent en ville.

La plupart, sinon tous les propriétaires d’autos électriques ont des revenus au-dessus de la moyenne québécoise.

Certains s’en servent comme deuxième véhicule, plus utile pour les plus courtes distances. Personnellement, je suis pour les autos électriques. Par contre, je ne suis pas d’accord avec le gouvernement, qui, via les impôts de toute la population, finance un tel achat. Que fait le gouvernement avec ceux et celles qui n’ont pas les revenus nécessaires pour s’acheter une telle voiture ? En plus de recevoir 8000 $ (2000 $ de plus pour les Lavallois), les propriétaires de ces voitures ne payent plus les taxes sur l’essence, même s’ils utilisent les réseaux routiers.

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11 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 10 janvier 2019 04 h 00

    Les inconvénients de la ‘batterification’ des transports

    Les subventions publiques à l’achat d’une voiture électrique (comme à la ville de Laval) correspondent à une mesure régressive puisqu’elles consistent à taxer le 99% en vue de permettre au 1% de payer moins cher l’achat d’une voiture de luxe.

    Ceux qui sont favorables à la ‘batterification’ des transports ne tiennent pas compte du fait que si tous les véhicules du Québec étaient déjà électriques, les 8,4 millions de véhicules sur nos routes nécessiteraient l’enfouissement de millions de tonnes de piles électriques en fin de vie utile, soit à tous les cinq à huit ans.

    Or ces piles renferment des métaux lourds et d’autres matériaux toxiques. Si ces vieilles piles sont enfouies ici, leur contenu migrera lentement vers nos nappes phréatiques avec les conséquences qu’on imagine.

    Lorsqu’on inventera une pile biodégradable ou recyclable (c’est-à-dire non seulement rechargeable), le rapport entre les avantages et les inconvénients des véhicules électriques sera complètement inversé. Mais d’ici là, les politiciens qui veulent interdire la voiture à essence nuiront à l’environnement en croyant bien faire.

    Dans les pays (comme l’Allemagne) et les provinces (comme l’Alberta) où l’électricité est produite à partir du charbon, tout véhicule électrique produit des gaz à effet de serre parce qu’il s’agit indirectement d’un véhicule à charbon.

    De la même manière, lorsque c’est la voiture qui produit elle-même son l’électricité à partir de la combustion de l’hydrogène (pour créer de l’eau), 95% de cet hydrogène est fabriqué actuellement à partir du gaz naturel.

    • Bernard Terreault - Abonné 10 janvier 2019 08 h 48

      Utile rappel technique. Hors le Québec et la Norvège, l'électricité est presque toute produite en brûlant du charbon ou des hydrocarbures, ou par l'énergie nucléaire qui est partout en déclin (sauf en France) à cause des questions de sécurité. L'auto électrique ne fait donc que déplacer le problème ou au mieux l'atténuer un peu. La seule solution est la réduction de l'utilisation de véhicules privés et de l'étalement suburbain, et aussi de l'avion et des voyages d'affaire ou d'agrément, et aussi du camionnage et donc des échages commerciaux à longue distance.

    • Alain Lavallée - Inscrit 10 janvier 2019 09 h 53

      Désolé, mais vous faites erreur:

      les batteries des VÉ ne sont pas polluantes comme vous l'écrivez: elles ont une 2e vie et sont recyclées comme sustème de stockage d'énergie. À l'usage il a été découvert qu'elles sont plus durables que prévu.

      Dans le cas du Québec (énergie hydro-électrique) les VÉ sont une stratégie gagnant-gagnant, le QUébec à tout à gagner à se convertir à l'électricité... car toute la population est gagnante quand la pollution diminue, et merci à ceux qui paie plus cher leur véhicule pour que tous en profitent, pour le bien commun. (L'Allemagne a une stratégie pour sortir du charbon)

      Même dans le cas où le charbon sert à faire de l'électricité, la population de ces pays est gagnante car il est infiniment plus facile de contrôler et réduire la pollution d'une centrale électrique que de surveiller les syst. anti pollution de 100 000 autos à essence.

  • André Labelle - Abonné 10 janvier 2019 08 h 32

    REGARDER PLUS LOIN QUE LE BOUT DE SON NEZ

    Les règles du marché sont claires. Plus la production s'accroit plus les économies d'échelles sont importantes et plus les coûts de production diminuent. Si notre société veut avoir plus d'autos électriques sur les routes, plus il faut que les prix soient bas. Dit plus simplement c'est la loi de l'offre et de la demande.
    Mais des groupes de pression ne souhaitent pas voir le prix des autos électriques diminuer. L'industrie pétrolière, les provinces productrices, et tout ce qui gravite autour n'ont aucun intérêt à voir diminuer ces prix.
    Concernant les taxes, il faudrait aussi mentionner que les cyclistes ne paient pas les taxes sur l'essence tout comme les piétons. Cet argument fait sourire par son absurdité. En fait un tel argument est le fruit direct d'un des principes du néolibéralisme qui est en train de détruire la planéte : l'utilisateur payeur qui a comme résultat que seuls les mieux nantis ont le privilège d'avoir accès à des services de qualité qui devraient cependant être accessibles à tous comme les soins de santé et l'éducation.
    Il faut voir plus loin que le bout de son nez de petite personne M. Boiteau. L'ère de dinosaures est terminée.

    «Il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Il y a déjà
    assez de cons qu'on prend pour des gens.»[Guy BEDOS]

    • Daniel Boiteau - Abonné 10 janvier 2019 12 h 04

      Vous me faites bien rire monsieur Labelle. Justement, je prends acte pour la majorité de la population qui ne peut pas se payer une voiture électrique. Pourquoi les fabriquants baisseraient le prix, le gouvernement s'en occupe. Je ne savais pas que les piétons et les cyclistes endommagaient le réseau routier. Et à la lecture des commentaires de monsieur Martel, je crois comme lui que la voiture électrique n'est peut-être pas la solution pour un meilleur environnement.

      J'ai vu une auto électrique branchée sur un immense VR de quelques centaines de milliers de dollars qui devait consommer 30 à 40 litres au cent kilomètres. Pour votre information, l'ex maire de Laval Gilles Vaillancourt qui se foutait de l'environnement se promenait en voiture électrique...payé par les CONtribuables. Je répète la question Auto électrique pour qui?
      Je suis d'accord avec la citation de Guy Devos...elle vous va si bien!

    • Cyril Dionne - Abonné 10 janvier 2019 15 h 01

      Encore le méchant néolibéralisme. Il a le dos large. Imaginez pour un instant, avec moins d'humains sur la planète, peut-être et je dis peut-être, que le problème des changements climatiques serait atténué ou même inexistant.

      La voiture électrique existe depuis belle lurette et pourtant, ça vraiment jamais pognée. Et cette belle voiture électrique pollue autant et émet des GES tout comme les autres, mais sous une autre forme. En plus, ici, elle est subventionnée par tous les contribuables incluant la grande majorité qui ne peuvent pas s'en payer une. C'est "ben" pour dire.

      Et je ne pense que c'est augmentant sa population via l'immigration que le Québec atteindra ces cibles vis-à-vis les GES.

  • Alain Lavallée - Inscrit 10 janvier 2019 10 h 48

    Le Québec a tout intérêt à adopter les V É

    Dans le Devoir du 3 décembre dernier, il y a eu publication d'un Manifeste exposant clairement pourquoi le Québec a tout intérêt , pour son bien commun , à favoriser la transition, à encourager la transition vers des véhicules électriques... tout le monde en profite:

    sur le plan du climat ( diminution des GES)
    sur le plan de la santé de tous et chacun (diminution de la pollution atmosphérique et de la pollution par le bruit... hausse de la qualité de vie en ville)
    sur le plan de l'économie (diminution du déficit commercial: on substitue par une ressource qu'on produit ... l'électricité, une ressource polluante qu'on importe
    etc.
    je vous invite à lire ce texte:

    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/542717/la-voiture-electrique-une-partie-de-la-solution
    Il faut se réjouir du fait que des individus soient prêts à payer plus cher pour que tous en profitent, et en ce sens c'est correct que l'État les encourage. L'État est gagnant.

    Il faut noter que nos impôts servent infiniment plus à subventionner le pétrole que la transition vers des VÉ
    car faisant partie du CANADA, nous faisons plus de 3 milliards $ par an en subvention à l'industrie pétrolière, sans oublier le coût de la nationalisation du pipeline Trans Mountain (gouv Trudeau ) qui coutera plusieurs milliards $

    • Jean Richard - Abonné 10 janvier 2019 19 h 43

      Le Québec a tout intérêt à adopter les VÉ ?

      Pas tout-à-fait. Il aurait mieux valu écrire : certains Québécois ont tout intérêt à adopter les VÉ. Certains ? Environ 1 % tel que mentionné ci-haut.

      Cessons d'attribuer de fausses vertus à ce mode de transport. Au fond, il n'y a que très peu de différences entre un VÉ et un véhicule conventionnel.

      Moins de bruit ? Non, à partir de 30 km/h, les bruits de roulement enterrent le bruit du moteur. C'est très facile à observer. En hiver, avec les pneus cloutés, ça peut descendre aussi bas que 20 km/h.

      Moins de pollution atmosphérique ? La diminution est nettement moindre que ce que l'on pourrait croire. Les VÉ envoient dans l'atmosphère des milliards de microparticules dites d'abrasion. En hiver, s'ajoute les microparticules du sel, ce qui fait que dans une ville comme Montréal, les microparticules dues à la combustion des moteurs à essence ne représentent plus qu'un relativement faible pourcentage du total.

      L'économie du Québec ? Le VÉ sont tous construits ailleurs et coûtent au minimum presque trois fois plus cher que les voitures conventionnelles. Le déficit commercial de l'achat de VÉ dépasse largement celui de l'importation du pétrole. On est donc perdant en achetant toutes ces Tesla, Nissan, Kia... Et comme les Chinois avancent rapidement, ce n'est pas demain la veille qu'un VÉ fabriqué au Québec va voir le jour. Même que la STM vient d'acheter des autobus chinois... Et d'où viendront les voitures du REM ?

      Mais d'abord et avant tout, le côté le plus malsain du VÉ, c'est la politique de subventions et de privilèges accordés aux acheteurs. C'est tout sauf une bonne idée, car il existe des moyens autres pour passer des voitures à pétrole aux VÉ. Il y manque le courage et la volonté politique d'envisager ces moyens alternatifs (comme les quotas sur la consommation du total des voitures vendues).

      Ce qu'on dit plus haut et avec raison : cessons ces subventions et ces privilèges, qui sont loin de profite

    • André Labelle - Abonné 10 janvier 2019 21 h 06

      M. Richard, j'ai beaucoup de mal à suivre votre raisonnement. Un moteur à combustion qui tourne à 3,000 t/m afin de rouler à 110 km/h fait certainement plus de bruit qu'un moteur électrique faisant rouler une auto à la même vitesse, le fait d'y ajouter le bruit issu des pneus et de l'écoulement de l'air est semblable dans un cas comme dans l'autre. Je trouve donc que cet argument est falacieux pour ne pas dire malhonnête.
      Quant aux particules d'abrasion sont-elles uniquement présentent chez les VE ? Vous ne parlez pas du phénomène de freinage chez un véhicule électrique où la force moteur peut devenir, dans beaucoup de circonstances le principal agent de freinage alors que chez le V. à ess. les plaquettes de freins sont les seuls agents de freinage et qu'elles provoquent des micro-poussières qui peuvent même détériorer la carosserie ou endommager le système complet de freinage. Quant aux émissions d'un moteur à combustion, absente chez un VE, elles restent toxiques et mortelles et sont une source smog et de pollution atmosphérique. Un autre argument qui tombe à l'eau.

      Où se fait la construction des autos à moteur à explosion ? Certainement pas au Québec. Si c'était le cas on le saurait. Les deux types de véhicules participent donc au déficit commercial. Un autre mauvais argument. Mais en réalité grâce aux VE on achète moins d'essence qui vient de l'extérieur ce qui améliore le déficit commercial. «De 1995 à 2015, les dépenses des ménages pour
      l’achat d’essence sont passées de quelques 5 à 9 milliards de dollars, soit une hausse annuelle de 2,92 %. En partie liée à la hausse du prix du carburant, cette dépense est celle qui connaît la plus forte hausse des données recensées.»[ Évolution des coûts du système de transport par automobile au Québec.] Ce document est disponible sur Internet.
      Vos arguments ne tiennent pas la route M. Richard.

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 10 janvier 2019 16 h 24

    L'auto autonome

    L'auto autonome tout électrique deviendra le meilleur taxi-bus possible, une solution de transports en commun hautement personnalisés - donc en copartage finement maillé à l'échelle des quartiers et des pâtés de maisons -, tellement pratique qu'il suffira de programmer nos itinéraires quotidiens via une application mobile et elle viendra nous prendre à l'heure à notre porte. Il ne sera enfin plus nécessaire d'acheter en pure perte une voiture pour la laisser immobile dans un stationnement 98 % du temps, ce qui constitue un énorme gaspillage de ressources collectives très, trop cher par-dessus le marché à assumer individuellement. Les autos électriques seront en effet prohibitives, mais bourrées de technos, faites pour durer, conçues de façon modulaire côté entretien et recyclable de bout en bout. Seul ennui, l'auto autonome ne réussira qu'à sa mise au point ultime à relever le défi de nos hivers.

    • Jean-Pierre Roy - Abonné 10 janvier 2019 23 h 25

      Merci monsieur Gagnon.

      Ça fait du bien de. lire un bon commentaire.