Racisme accepté

Il y a un racisme accepté dans certains milieux au Canada : le racisme contre les Canadiens français et les Québécois francophones. L’affaire du joueur de hockey junior, Maxime Comtois, n’en est pas la première démonstration.

Au moment où on écrivait ces lignes, le jeudi 3 janvier 2019 en fin de soirée, la puissante organisation Hockey Canada n’avait pas encore dénoncé la discrimination subie par le jeune joueur de hockey. Elle ne lui a pas apporté son appui non plus, contrairement à la direction de son équipe junior, les Voltigeurs de Drummondville.

Certains disent que cette situation n’est pas nouvelle. Je pose la question : quelle serait la réaction des différentes organisations sociales, sportives et politiques si, par exemple, un joueur de hockey afrodescendant subissait une discrimination interdite par nos chartes ? Il est temps que les francophones du Canada soient traités comme tous les autres Canadiens, car j’ai l’impression, comme de nombreuses personnes d’opinions politiques diverses, que ce n’est pas le cas…

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5 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 5 janvier 2019 10 h 25

    Un tout petit ajout

    Bravo pour votre lettre, M. Doyon.

    Mais je ne tiens pas à être traité "comme les autres Canadiens".

    Par exemple, Trudeau traite ses contitoyens d'origine Indienne avec une condescendance même pas... déguisée.
    Tous ces politiciens qui se suivent dans une synagogue, portant veulement la kippa, sont aussi pires. Ah! Les communautés! Ah!

    Au Canada, la classe politique se fout de la couleur de la peau...mais elle le rappelle dès qu'elle a une chance pour se montrer "acceptante". Des hochets pour les "communautés". Puérilisation bébête.
    Depuis peu on n'ose plus porter le panache de plumes avec les Premières Nations, mais ça marche encore ailleurs. Sikhs, Italiens, Chinois... Le très anglophone Justin porte régulièrement la ceinture fléchée. Le but ultime du multuculturalisme a toujours été la folklorisation des cultures.

    Les moins faciles à contrôler sont ceux dont la culture diverge légèerement. Assez semblables pour les traiter avec la même condescendance abêtissante, assez différents pour réagir de façon "weird". Alors on les traite avec mépris : ils ne réagissent pas "bien".

    AInsi nous avons le choix entre la condescendance et le mépris. Qu'est-ce que je devrais préférer ?

    Ajouté au fait bien établi que la conquête du Canada s'est faite en détruisant tout ce qui était francophone sur le territoire, et donc que le français est le Grand Ennemi selon le mythe fondateur...
    Détester, juste un peu, les francophones, est donc un acte de patriotisme du fond du cerveau reptilien.

    Refuser de voir les très nombreuses manifestation de ce racisme plus ou moins larvé est typique de nos pires colonisés. Ils sont nombreux.

  • Bernard Dupuis - Abonné 5 janvier 2019 10 h 31

    Il faut absolument une équipe québécoise indépendante

    La violence des propos tenus dans les médias sociaux à l’endroit d’un joueur « french canadian » équivaut pratiquement à un lynchage virtuel. Si ce profilage racial s’adressait à un membre de la « diversité", il aurait été dénoncé au plus haut niveau. Cependant, dans le cas du québécois Maxime Comtois celui-ci est laissé honteusement à lui-même.

    Il semble de plus en plus évident que les Québécois soient traités comme tous les autres Canadiens est une impossibilité à cause de leur situation de minorité encore plus dénigrée au Canada que les Amérindiens.

    Au moins sur le plan du hockey international, il faudrait que le Québec exige la présence d’une équipe indépendante. Car, ce qu’il y a de plus grave c’est que le Canada empêche de nombreux jeunes Québécois de participer à des compétitions internationales. Une équipe québécoise indépendante permettrait à un plus grand nombre de joueurs provenant du Québec de s’affirmer sur le plan mondial. À l’heure de la mondialisation tous azimuts, le Canada nie la visibilité du Québec à la face des nations.

    Si le Québec avait une équipe indépendante, celle-ci ferait la fierté de tous les Québécois sur le plan international. De plus, le Canada serait débarrassé de ces « frenchies » qui font honte au chauvinisme proverbial de ces Canadiens capable de lyncher virtuellement un de leur propre concitoyen. Voilà un des avantages de l'indépendance des nations.

    Bernard Dupuis, 05/01/2019

    • Pierre Raymond - Abonné 5 janvier 2019 23 h 35

      Il faut voir à quelle point les fédérations sportives canadians imposent leurs hégémonies sur les fédérations sportives québécoises et le problème est qu'aucun athlète n'ait jamais dénoncé la situation.

      En quelques mots : On " écrème " ce qui peut bien faire paraître les Canadians aux coupes de monde et aux olympiques et on " varloppe " la structure qui les soutenus.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 janvier 2019 09 h 46

      J’abonde dans votre sens M. Dupuis. Une équipe junior pour le Québec. Et de la voir évoluer contre ceux qui se font un plaisir de nous voir encore comme des porteurs d’eau tout en gagnant la médaille d’or dans ce concert des nations, eh bien, ce serait « priceless ».

      Enfin, j’espère que personne n’a été surpris de la réaction des « Anglos » envers le capitaine francophone de l’équipe « of Canada ». Le racisme a toujours été à géométrie variable dans ce pays qui n’est pas le mien. Si la situation avait été le contraire, vous pouvez être assuré que nos « orangistes » et « loyalistes » auraient déchiré leur chemise. Hockey Canada aurait aussi réagi violemment. Don Cherry serait monté sur la barricade pour défendre les droits bafoués de nos « Anglos ». Doug Ford ce serait fait un plaisir de proscrire la langue française en Ontario (Oups ! c’est déjà fait).

      La francophobie est présente partout dans le ROC. Si on n’entend pas parler beaucoup depuis un certain temps, c’est parce qu’ils ont réussi à assimiler tous les francophones hors Québec dans ce Canada qui se dit bilingue. Bilingue mon œil !

  • Denise Asselin - Inscrite 6 janvier 2019 14 h 45

    Leçon de choses


    Et quand l'on constate qu'un petit pays comme la Finande, dont la population est nettement inférieure à celle du Québec (et ne parlons pas du territoire !), qui envoie les États-Unis dans les câbles (300 millions d'individus), dans le cadre du récent Tournoi international de Hockey Junior, eh bien il me semble, en effet, qu'il y a matière à réflexion. D'autant que ce n'est pas le talent qui manque en cette matière, chez-nous.

    La qualité de vie la plus élevée au sein des nations de la Planète se loge chez les pays de petite ou moyenne taille : de la Suisse à l'Autriche, par les territoires de la Scandinavie (Suède, Norvège, Danemark...). Des analogues au Québec (avec son territoire qui fait presque quatre fois la France). En outre, le Québec possède même des cartes (dans son jeu) tout à fait inédites.

    Comme j'aime à le répéter : les « gros » (ou grands) pays signifient surtout de « gros » problèmes.

    L'Histoire le révèle en permanence.
    Hier comme aujourd'hui.

    Et pour des raisons, multiples, qu'il n'est pas très difficile de repérer.

    Une seule raison, à mon humble sens, nous conduit à ce jour - Nous Québécois/es - à demeurer obstinément une « Province », i.e. un territoire en pays étranger (à presque tous égards) : notre veulerie exemplaire comme Peuple.

    Chez les gens dignes, et les peuples fiers, la Liberté et le Respect de Soi ne sont pas des valeurs négociables.

    Or ici, tout est sur la table.
    Pour négocier.

    ... le Statu quo.
    De fait : le recul permanent.
    (D'autant plus qu'il n'y a personne de l'autre côté de la table)

    Quand deviendrons-nous adultes ?
    Quand nous ne seron plus…???

    Le Québec est une tragi-comédie.

    Dont bientôt - il est moins trois - on ne parlera que dans les livres d’Histoire.

    Louis Asselin