Le mea culpa de Robert Lepage

En lisant la lettre ouverte de Robert Lepage, j’ai eu l’impression de me trouver devant une autocritique comme celle que les régimes totalitaires ont utilisée pour parvenir à faire taire les voix dissidentes. Je pouvais presque l’entendre murmurer : « S’il vous plaît, ne m’en voulez pas, pardonnez-moi, je ne le ferai plus. »

Ce mea culpa est très affligeant, puisqu’il crée un funeste précédent, montrant aux autres artistes que leur imaginaire doit rendre maintenant des comptes au politique. La société civile, par les bons soins de groupes de pression, a repris le flambeau. Ce n’est plus nécessaire de vivre dans un régime totalitaire pour que la création artistique soit dûment encadrée, qu’elle reçoive le sceau de la rectitude politique, en dehors de laquelle nul ne peut créer.

En mai 1968, en France, un des slogans des manifestants affirmait dans les rues : « L’imagination au pouvoir ! » C’était politiquement lumineux.

Nous évoluons maintenant dans un contexte qui livre les artistes pieds et poings liés à la grisaille du politiquement correct. La pensée totalitaire étouffe encore très efficacement ceux qui cherchent à créer dans la liberté.

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