Gérer le Fonds vert à des fins écologiques

Lettre ouverte à François Legault

D’emblée je vous avoue que je n’ai pas voté pour votre parti, mais vos premiers mois dans l’exercice du pouvoir me démontrent que vous savez être à l’écoute des citoyens et faites preuve d’ouverture d’esprit. Je veux donc partager avec vous des idées qui sont la synthèse de ma réflexion des 43 dernières années, soit depuis que je suis diplômé en écologie.

À l’ère où nous pouvons aller sur la Lune, je ne puis croire que nous ne puissions produire un véhicule électrique abordable pour la classe moyenne, soit autour de 20 000 $ ! Je vous suggère d’en donner le mandat à Hydro-Québec et à Bombardier avec obligation de résultat d’ici deux ans, quitte à ce qu’ils y consacrent un budget équivalent au salaire de deux ingénieurs chacun. Cela permettrait à Hydro-Québec d’exporter ses surplus d’électricité vers les États et provinces voisins, et à Bombardier non seulement de maintenir, mais aussi de créer une multitude d’emplois. Le Québec deviendrait ainsi un leader mondial dans la lutte contre les changements climatiques.

Il est impératif que le Fonds vert ou le fruit de toute taxe carbone soit affecté à la lutte contre les changements climatiques. Pourquoi ne pas financer ainsi la recherche en vue de la production d’un véhicule électrique ?

À ceux qui objectent que le lobby du pétrole est trop puissant, je mise sur votre détermination à faire du Québec un État indépendant, du moins économiquement, réussissant du coup à démontrer que l’écologie peut aider l’économie


 
5 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 21 décembre 2018 10 h 04

    Le cul-de-sac

    Dépenser des M$ ou même des G$ du fonds vert dans la voiture à batteries, c'est l'erreur à ne pas faire, et malheureusement, le Québec fonce tête baissée dans cette avenue en cul-de-sac.
    Le premier ministre l'a affirmé récemment : pour faire rouler des voitures à batteries, ça prend des routes. Qui dit routes dit aussi ponts. Or, des routes et des ponts, le Québec en a au-delà de ce qu'Il est capable d'entretenir. En Amérique du Nord, le Québec est le champion du nombre de kilomètres de route par habitant. Ce triste championnat pourrait à lui seul faire en sorte que le Québec ne sera jamais dans le peloton de tête des pays qui déploient des mesures imaginatives pour concilier la vie moderne et l'environnement.
    C'est bien mal connaître l'industrie automobile que de croire que Bombardier pourrait réaliser une voiture individuelle à batterie à 20 000 $. En réalité, ce serait une voiture à 20 000 $ qui serait subventionnée à 120 000 $, et pour y arriver, il faudrait réduire ou abolir les dépenses dans les services publiques tels les écoles, les établissements de santé et même l'entretien des routes existantes.
    Miser sur la voiture pour réconcilier la mobilité avec l'environnement, c'est jouer une partie perdue à l'avance.
    La meilleure suggestion à faire à notre premier ministre, c'est de mettre fin à ces programmes de subventions à l'industrie automobile (qui est plus influente que celle du pétrole, on oublie souvent de le dire), subventions alimentées par le fonds vert. Il faut mettre fin également à tous ces privilèges associés à la voiture à batterie (gratuité quasi-généralisée et de nombreuses exemptions de taxes, sans oublier l'électricité à rabais sur la voie publique). Dans le cas contraire, on donne le feu vert à ce gouvernement qui n'a rien à foutre de l'environnement, mais qui veut élargir des autoroutes et construire de nouveaux ponts pour avoir toujours plus de voitures.

  • Marguerite Paradis - Inscrite 21 décembre 2018 12 h 13

    TRANSPORT COLLECTIF + RECYCLAGE + RÉCUPÉRATION

    Soyons simple ou écologique monsieur Légaré!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 22 décembre 2018 11 h 11

      Le transport collectif en soi ne procure aucune réduction de GES.
      Les gains d'efficacité en heure de pointe sont perdus aux heures de faible utilisation.
      Dans les villes a forte densité de population il permet offre un moyen de réduire l'encombrement des rues et routes. Mais le taux d'émission de GES reste le même. Seul le fait que le métro soit électrique permet une moins grande émission de GES (aux prix d'une forte exposition aux particules fines qui y sont concentrées) . Mais la chose ne sera plus vraie quand les voitures seront surtout électriques.

      Dans les villes de faible densité, et plus petites, ce transport collectif a toute les chances d'être un plus grand émetteur de GES pour cause de son très faible taux d'utilisation, croissé a l'entêtement des autorités régionale a maintenir ce service. Entêtement dû en bonne partie au sentiment que pour être une vraie ville il faut du transport collectif, et là on nous sort le faux argument de réduction de GES et de lutte a la pollution. Alors que dans les faits on cherche a gonfler son image de centre urbain, de gonfler ses responsabilités administratives. La seule raison valable du transport collectif dans les petites et moyennes municipalités est celle d'offrir un service pour ceux qui n'ont pas leur propre moyen de transport, ou pas l'autonomie de la faire.

      On peut trouver cette raison valable, mais de grâce n'allez prétendre et argumenter que la chose est une lutte aux GES, ce n'est simplement pas vrai !

    • Jean Richard - Abonné 22 décembre 2018 13 h 36

      Avant de dire que les transports collectifs ne réduisent pas les émissions de GES, il faut bien faire tous les calculs.
      Ainsi, la STM dessert une population de 2 millions de personnes pour le réseau d'autobus, et près de 3 millions si on y ajoute le métro. Tous les gens desservis ne prennent pas le métro, mais l'achalandage quotidien dépasse largement le million de déplacements.
      Même si seulement 500 000 personnes différentes se déplaçaient quotidiennement avec la STM, ça veut dire qu'à 1,2 personne par voiture, il faudrait 400 000 voitures supplémentaires pour déplacer tout ce beau monde. Or, pour y arriver, la STM déploie 1700 autobus et un peu plus de 600 voitures de métro. Les 1700 autobus rouleront pendant au moins 16 ans et les voitures de métro 50. En comparaison, la durée moyenne des voitures individuelles est d'environ 12 ans. Construire une voiture là où on le fait contribue fortement aux émissions globales de GES. 2300 véhicules contre 400 000, c'est toute une différence, même si les premiers sont plus gros.
      Ensuite, s'il fallait ajouter 400 000 voitures sur l'île de Montréal pour remplacer les transports collectifs, on vous laisse imaginer la catastrophe...
      Quant aux particules fines dans le métro, leur niveau de concentration est beaucoup moindre que sur la route. Les principaux émetteurs de particules (autres que celles liées à la combustion) sont les pneus et les plaquettes de frein. Le freinage des rames de métro se fait en grande partie électriquement, et avec des sabots de bois pour l'arrêt final. Et les pneus, sans reliefs transversaux, durent de 6 à 8 fois plus longtemps que sur une voiture ou un camion. Et avec une moyenne de 5 minutes entre chaque rame, on est loin du débit des autoroutes.
      La qualité de l'air dans les stations de métro est nettement meilleure que le long de l'autoroute Décarie ou métropolitaine.

  • Brigitte Garneau - Abonnée 22 décembre 2018 08 h 43

    La ville et la région: deux mondes distincts

    À cause de sa grande population et de la proximité des services et commerces, la ville doit absolument miser sur le transport collectif. Il est tout à fait possible en ville de réduire considérablement son empreinte écologique. Ce qu'il faut, c'est une volonté commune, chacun doit faire son effort. D'ailleurs, à bien y regarder, la voiture individuelle ( véhicule appartenant à une seule personne) devrait disparaître du décor citadin. Des services de location devraient prendre place. Ainsi, chaque véhicule loué sert un maximum de personnes. La plupart du temps, les gens louent un véhicule pour sortir de la ville.

    En région, cependant, la voiture est essentielle. On doit toujours parcourir plusieurs kilomètres pour des choses de base, que ce soit pour l'épicerie ou le travail. De plus, il n'est pas rare qu'une famille avec des enfants en âge de conduire possède de deux à trois véhicules. Ce n'est pas un luxe! Pensons aux gilets jaunes pour qui le pétrole est aussi important que l'eau. Il est là tout le problème. Les véhicules électriques pourraient-ils à eux seuls régler le problème? Je ne crois pas, mais ça ne peut pas nuire. Il faut multiplier le nombre de bornes électriques accessibles.

    Pour ce qui est de se transporter de la région à la ville, il faudrait favoriser un système de transport par autocars (Saint-Jean sur Richelieu est un exemple qui fonctionne à merveille et est peu coûteux) ou par train. Ceci réduirait considérablement le nombre de véhicules à usage individuel sur les autoroutes.

    Bref, nous avons un gros travail de conscience à faire. Les deux modes de vie ont chacun leurs contraintes et avantages ( économie, environnement, temps etc.) . À nous de choisir intelligemment!