Doublage superfétatoire

J’ai vu La favorite (The Favourite) sur grand écran à Montréal, dans sa version merveilleusement doublée en France, bien qu’il soit prévu que le film de Yorgos Lanthimos ne sorte dans ce pays qu’en février 2019. Nous avons donc fait l’économie d’un doublage québécois. Je dis bravo !

Mais la triste réalité est que les doublages français sur nos écrans se font de plus en plus rares, pour la raison que les généreux crédits d’impôt mis en place par les libéraux favorisent le doublage québécois. Il n’était pourtant pas nécessaire de doubler ici Aquaman, Les animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald et Bohemian Rhapsody, pour ne donner que trois exemples récents, puisque ces films avaient déjà été doublés en France.

L’Association nationale des doubleurs professionnels, présidée par Joey Galimi, et les 12 (!) maisons de doublage québécoises qu’elle représente sont fort heureuses de la situation, mais les millions de dollars mal dépensés pourraient être si utiles ailleurs (dans la maison Boileau, par exemple, avant qu’elle ne soit détruite).

J’invite le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec et la nouvelle ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, à faire la lumière sur cette affaire de doublage superfétatoire qui a toutes les apparences d’un scandale.

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4 commentaires
  • Nathalie Jean - Inscrite 17 décembre 2018 07 h 50

    C’est une blague?

    Bonjour,

    J’avoue ne pas comprendre le sens de votre commentaire. En quoi n’est-ce pas une bonne chose d’avoir des contrats de doublage au Québec? De plus, ces doublages me semblent bien faits. Quel est le problème?

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 18 décembre 2018 15 h 40

      Mme Nathalie Jean,

      Vous posez la question «Quel est le problème?». La réponse serait trop longue à exposer ici, mais pour vous donner une bonne idée, je vous invite à lire le mémoire que j'ai déposé au ministère québécois de la Culture et des Communications (le site est sûr).

      https://www.mcc.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/Politique-culturelle/Memoires___Metadonnees/Sylvio_Leblancmemoire.pdf

  • Serge Lamarche - Abonné 17 décembre 2018 20 h 08

    Pour le doublage canadien

    Le doublage canadien est plus de saveur canadienne. Je ne serais pas contre avoir les deux doublages dans les dvd des films que je vois. Les expressions ne sont pas du tout les mêmes et c'est amusant de comparer.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 18 décembre 2018 16 h 57

      M. Serge Lamarche,

      Je ne sais pas ce que vous entendez exactement par «doublage canadien» (acadien? franco-ontarien? gaspésien? joual? madelinot? québécois?).

      Sachez que la grande majorité des doublages québécois se font en français international (parce que nos industriels du doublage aspirent à les exporter), une minorité en français bâtard et une autre en joual, comme dans «Lancer frappé» («Slap Shot»). En fait, la plupart des doublages québécois sont une imposture, parce qu'ils n'ont rien à voir avec le Québec que nous connaissons. À côté, le doublage français me semble authentique.

      Prière de jeter un oeil sur le document dont je parle juste au-dessus.