Si la CAQ souhaitait réellement aider les travailleurs de Bombardier

Le gouvernement de François Legault s’offusque du fait qu’une commande substantielle de matériel roulant de VIA Rail ait échappé à Bombardier et que le gouvernement fédéral n’ait exigé aucune garantie de contenu canadien, même si ce dernier n’a pas le droit de le faire en vertu des accords de libre-échange qu’il a signés.

Toutefois, ces mêmes accords permettent aux gouvernements provinciaux d’exiger jusqu’à 25 % de contenu local, ce qui signifie que Bombardier, qui possède déjà des usines au Québec, serait avantagé dans des appels d’offres pour du matériel roulant destiné à notre province.

Si la CAQ souhaitait réellement aider les travailleurs de Bombardier, au lieu de fermer la porte à l’idée d’une nouvelle ligne de métro dont Montréal aurait grandement besoin, il pourrait se lancer dans ce projet. Dans la foulée, financer le prolongement du métro sur la Rive-Sud et à Laval, réclamé depuis un certain temps déjà, pourrait aussi être sérieusement envisagé. À Québec, il pourrait consacrer les ressources prévues pour un troisième lien à la réalisation d’un projet de transport collectif sur rail (tramway, métro, etc.). Ces projets, surtout à l’approche des élections fédérales, bénéficieraient d’une oreille attentive du gouvernement de Justin Trudeau, qui pourrait être prêt à donner un coup de main.

Ce développement d’infrastructures de transport en commun aurait sans l’ombre d’un doute un impact positif sur la mobilité dans les prochaines décennies, ce qui est extrêmement bénéfique, mais plus complexe à quantifier en termes strictement financiers. De plus, au lieu de contribuer à augmenter la congestion automobile et la pollution qui en découle, ces investissements faciliteraient l’atteinte de nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre, et fourniraient un nouveau débouché (modeste, mais pas négligeable) à notre électricité, renouvelable et propre.

Il y a fort à parier que si de tels projets voyaient le jour, cela donnerait de l’emploi aux travailleurs de Bombardier. Si le syndicat qui représente les employés de Bombardier voulait s’assurer de pérenniser les emplois de ses membres, au lieu de critiquer le gouvernement fédéral au sujet du contrat accordé par VIA Rail, il devrait s’activer pour que la CAQ change d’avis et s’engage à financer le transport en commun, surtout lorsque des projets intéressants et prometteurs sont déjà sur la table.

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