Enfouissement des traversées de lignes sous le fleuve Saint-Laurent: projet justifiable?

Pour enfouir la traversée de la ligne sous le fleuve au droit de Grondines, en courant continu, il en a coûté environ 350 millions en 1983-1984. En ajoutant un coût pour inflation de 3 % par année jusqu’à maintenant, 35 ans plus tard, le coût actuel de ce projet pourrait bien être de l’ordre de 980 millions de dollars d’aujourd’hui.

Comme cette ligne existait déjà en surface, ce projet n’engendrait aucun revenu additionnel par lui-même et ne pouvait donc s’autofinancer. Depuis, en présumant par exemple que les sommes investies l’ont été avec un taux de financement composé de 5 %, l’investissement dans ce projet purement esthétique atteindrait maintenant un montant de l’ordre de 1,925 milliard de dollars. Les Québécois doivent être forcément très riches pour s’être permis d’investir une telle somme pour simplement enfouir une traversée de ligne à Grondines, loin d’être un lieu touristique stratégique comme l’île d’Orléans.

Avec une telle somme de deux milliards de dollars, les Québécois auraient pu, notamment, choisir plutôt de se construire environ 75 écoles secondaires, trois ou quatre hôpitaux régionaux, ou former deux mille médecins, ou… combien de professeurs et d’infirmières ?

Or, puisque trois lignes traversent l’île d’Orléans de part en part, sur une distance de six kilomètres, il faut compter six traversées. Même si ce site est de loin plus en évidence que celui de Grondines, va-t-on vraiment y investir six milliards ou plus pour cacher ces traversées ?

13 commentaires
  • Julien Thériault - Abonné 5 décembre 2018 06 h 36

    350 000 000 $

    350 000 000 $, ça peut paraître beaucoup. Mais c'est 46 $ par personne, si on suppose qu'il y avait alors 7,5 millions d'habitants au Québec. 46 $ une seule fois, pas chaque année. Est-ce un prix si exhorbitant ? Peut-être pour un assisté social, mais à l'autre bout il y a ceux qui paieraient sans hésiter le double ou le triple de cette somme chaque semaine pour une simple bouteille de vin qu'ils videront en quelques minutes...

  • Jean Lacoursière - Abonné 5 décembre 2018 08 h 39

    Feuille de calcul de l'inflation

    Pour calculer ce que vaudrait une chose d'antan en dollars d'aujourd'hui :

    https://www.banqueducanada.ca/taux/renseignements-complementaires/feuille-de-calcul-de-linflation/

    Ainsi, ce qui coutait 350 M$ en 1983 couterait aujourd'hui 794 M$.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 5 décembre 2018 12 h 49

      Attention avec la feuille de calcul de l'inflation de la Banque du Canada, elle concerne l'inflation de l'Indice des prix a la consommation. L'inflation du coût des travaux d'Hyro-Québec doit assurément être d'un tout autre ordre, et l'auteur de la lettre ici ayant été chef-estimateur du domaine il doit bien connaitre le sujet.

  • Louis-Philippe Tessier - Abonné 5 décembre 2018 09 h 00

    Esthétique ?

    Je ne crois pas que cela ne soit qu'esthétique. Une ligne à haute tension enfouie comme cell de Grondines doit être plus accessible, les couts d’entretien et de réparation doivent être plus abordables et les pannes doivent être moins fréquentes donc les coûts associés à une panne doivent être réduits.

    Par contre, on doit être bien riche pour construire un aréna de hockey pour une équipe junior au coût de 370 millions (Wikipédia). En dollar d'aujourd'hui : 406 millions

  • Denis Carrier - Abonné 5 décembre 2018 09 h 32

    Définition de la beauté

    Qui a dit qu'un fil électrique qui pandouille est laid et qu'un ruban qui pandouille aussi est beau? Suffit d'augmenter le diamètre des fils existants (pour y passer plus de courant) et de les peinturer en rouge. :)

  • Gilbert Troutet - Abonné 5 décembre 2018 12 h 04

    À titre de comparaison

    Un des lecteurs, M. Tessier, a raison de souligner que les frais d'entretien en seraient réduits, ce qui n'a pas été pris en considération par M. Gingras. Exemple : une autre crise du verglas risque de mettre à mal les lignes actuelles, ce qui pourrait être évité avec des conduits souterrains.

    Hydro Québec ne regarde pas à la dépense quand il s'agit de construire un autre barrage comme La Romaine, alors qu'on a déjà des surplus d'électricité au Québec. Il faut dire qu'il y a des milliers d'ingénieurs dans la maison, à qui il faut de nouveaux projets de barrages pour justifier leur emploi et donner des contrats à Tony Accurso. L'entretien du réseau et l'appui à des économies d'énergie seraient peut-être de meilleurs choix.