L’aide aux médias et les conservateurs

Lors de sa dernière mise à jour économique, le gouvernement libéral a prévu une somme de 595 millions de dollars en soutien à l’industrie des médias. Les conservateurs d’Andrew Scheer sont tout de suite montés aux barricades en déclarant que le parti de Justin Trudeau préparait les élections de 2019 avec cette annonce, sous-entendant par là que les médias se sentiront tenus de retourner l’ascenseur, comme avant eux Radio-Canada, dont le budget a considérablement augmenté au lendemain de la prise du pouvoir par les libéraux en 2015.

Les conservateurs savent très bien qu’il n’est pas nécessaire de soutenir financièrement les médias pour les avoir de son bord, eux qui ont déjà le soutien bénévole de nombreux médias et de chroniqueurs vendus à leur cause. Pendant des décennies, les journaux de Gesca ont soutenu le Parti libéral du Québec sans recevoir aucune aide gouvernementale en retour. Jusqu’à récemment, il y avait derrière ce groupe une riche famille, dont le seul objectif était d’abattre le mouvement indépendantiste et, ma foi, qui y est peut-être parvenue.

3 commentaires
  • Luc Le Blanc - Abonné 27 novembre 2018 09 h 32

    La vraie raison du désaveu des Conservateurs

    La mainmise du Parti Libéral sur les médias est une idée fallacieuse avancée par les Conservateurs, à défaut de pouvoir nous dire le vrai fond de leur pensée. En fait, les Conservateurs préféreraient que les médias disparaissent complètement. Cela leur laisserait le champ libre pour promouvoir des idées basées sur des opinions ne résistant pas aux faits et à l'analyse. Des médias forts et qui questionnent, c'est trop encombrant pour eux. C'est la même raison pour laquelle Trump démonise les médias en les présentant comme des ennemis du peuple et les court-circuite à s'adressant à tous via Twitter.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 27 novembre 2018 18 h 56

    Que fait Tasha à Radio-Canada ?

    Le «Téléjournal» de fin de soirée de Radio-Canada, avec Céline Galipeau, a dû engager la chroniqueuse Tasha Kheiriddin pour faire plaisir aux conservateurs, alors au pouvoir. Mais maintenant qu’ils sont dans l’opposition, pourquoi ne pas la virer?

    Je ne dis pas, nous pourrions tolérer cette Ontarienne d’adoption si elle connaissait pour la peine la situation politique prévalant au Québec, mais ce n’est pas le cas. Elle donne l’impression de se préparer à la dernière minute, et ses opinions sont tout sauf pénétrantes (et je passe sur son français laborieux).

    Le chroniqueur du «Devoir», Michel David, lui a un soir lancé un «Come on Tasha!» bien senti.

    Mme Galipeau, Noël approchant à grand pas, faites-nous le cadeau de nous en débarrasser.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 27 novembre 2018 19 h 18

    Et si Québecor...

    Les Desmarais ont fait de Gesca une arme pour promouvoir le fédéralisme et pourfendre le mouvement indépendantiste. Quant aux Péladeau, ils ont refusé de jouer le jeu contraire avec les journaux de Québecor. On connaissait si peu les opinions politiques de Pierre Karl Péladeau, que le ROC a été jeté à terre de le voir lever son poing au 1er jour de sa campagne électorale, en 2014.

    PKP a un jour offert à Jean-Jacques Samson la direction de la page «Opinion» du «Journal de Montréal» et du «Journal de Québec», le sachant pourtant fédéraliste jusqu’au bout des ongles. Alors que les porte-voix de Gesca ont toujours parlé d’une seule voix, des chroniqueurs de Québecor comme Benoît Aubin, Nathalie Elgrably-Lévy, Lise Ravary et Jean-Jacques Samson ont tout fait pour favoriser l’élection des libéraux de Philippe Couillard en 2014. Lorsque les élections ont été annoncées, le courrier des lecteurs du «JdM» et du «JdQ» est devenu essentiellement anti-PQ et anti-Charte.

    «Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la Terre aurait changé.» Si les quotidiens «Le Droit», «Le Quotidien» et «Le Soleil» avaient été acquis en 1987 par un nationaliste, et non par le fédéraliste Conrad Black, le OUI l’aurait peut-être emporté en 1995. Si les Péladeau avaient fait de Québecor pour les nationalistes ce que les Desmarais ont fait de Gesca pour les fédéralistes, le Québec serait peut-être libre aujourd’hui.